Voile - Solitaire du Figaro
10/08/2009 - 09:45Aux trousses de Lunven

Leader récompensé pour sa régularité (deuxième des deux première étapes), Nicolas Lunven (CGPI) a du souci à se faire pour la 3e étape, qui part lundi de Saint-Gilles pour Dingle. Les treize premiers se tiennent en moins d'une heure.
Il y aura deux Solitaire du Figaro cette année : l'avant et l'après Saint-Gilles. La deuxième étape a accouché d'écarts au classement général encore plus insignifiants qu'à La Corogne : le podium tient en 25 minutes et 10 secondes, les vingt premiers en une heure et demie. Le tout à quelques jours d'attaquer les cols hors catégorie que sont les troisième et quatrième étapes. Nicolas Lunven, 26 ans, n'a que 18 minutes d'avance.
"La place, on s'en fout. Ce qui compte c'est le temps" . Corentin Douguet (E.Leclerc Mobile, 17e à 1h 06 min 56 sec) est un pragmatique jeune homme. En treize mots, il résume l'essentiel. Car voilà : La Solitaire du Figaro - c'est aussi ce qui fait son charme - est une course au temps, pas aux points. Donc une course lisible par le public, à l'image du Tour de France cycliste. "Le premier arrivé gagne, celui qui met le moins de temps à couvrir l'ensemble de l'épreuve remporte le général, c'est aussi simple que ça" , résumait le créateur de l'épreuve, Jean-Michel Barrault, en 1970.
Alors, outre le brossage d'ego dans le sens du poil que vaut une place sur le podium d'étape, outre aussi les deux coups de semonce vivifiants d'un Nicolas Lunven (CGPI) qui vient bousculer la hiérarchie et se hisser au sommet du classement général au nez et à la barbe des cadors annoncés, outre enfin l'évidence qu'un peu d'avance vaut mieux qu'un peu de retard, le constat est simple et tient en quatre mots, cette fois : rien n'est joué. Ils sont au moins une vingtaine à pouvoir encore espérer une place sur le podium final de Dieppe, dans quinze jours.
A égalité avant les montagnes

Que disent les chiffres ? D'abord que le podium tient en un peu plus de 25 minutes et que ni Yann Eliès (Generali, 2e), ni Charles Caudrelier (Bostik), promu 3e à la place d’Armel Le Cléac’h (Brit Air, 4e à 25 min 19 sec) après des pénalités de deux minutes infligées au Top 3, ne paraissent disposés à y laisser monter les petits copains. Ils disent aussi que cette deuxième étape entre La Corogne et Saint Gilles Croix de Vie n'a fait que réduire à petit feu des écarts déjà infimes en Espagne à l'issue de la première étape. Ils sont six en une demi-heure, treize en moins d'une heure et vingt en une heure et demie ! Parmi eux, on retrouve les six anciens vainqueurs de La Solitaire, accompagnés d'une bonne brochette de vainqueurs d'étape ou de classement des bizuths. Dans ce "Top 20", ils ne sont que cinq à n'avoir pas encore gagné un titre de gloire majeur sur l'épreuve : Erwan Tabarly (Athema, 9e à 37 min), Nicolas Bérenger (Koné Elevators, 11e à 40 min 20 sec), Thomas Rouxel (Défi Mousquetaires, 14e à 1h 04 min 55 sec), Armel Tripon (Gedimat, 19e à 1h 28 min 37 sec) et Alexandre Toulorge (Audition Santé, 20e à 1h 31 min 16 sec).
Autrement dit encore, du haut de ses 26 ans et du sommet du classement Nicolas Lunven contemple quelques pyramides sacrées de palmarès. Tous les ex vainqueurs sont là, donc, de Nicolas Troussel à Eric Drouglazet et de Charles Caudrelier Benac à Jérémie Beyou en passant par les sieurs Armel Le Cléac'h et Michel Desjoyeaux. Les deux premiers du Vendée Globe sont donc derrière lui... mais assez proches pour qu'il sente leurs souffles rauques sur sa nuque. Il sait cela : "Quand je vois le classement général, c'est très serré en temps. Or il nous reste deux étapes énormes sur lesquelles, potentiellement, il peut y avoir des écarts monstrueux. Donc, 30 minutes d'avance, ce n'est rien. Je sais que je peux prendre cinq heures sur l'étape qui vient..."
N'empêche qu'il faudra être au moins aussi gourmand que l'Alceste de Sempé pour aller chercher le Petit Nicolas sur son nuage. Charles Caudrelier Benac (Bostik) a sa petite idée sur le sujet : "Je suis 4e à 27 minutes, c'était aussi ma position juste avant de courir la troisième étape quand j'ai gagné La Solitaire, en 2004..." Mais ça, c’était avant l’échange des positions 3 et 4 avec Armel Le Cléac’h. Ils sont une vingtaine comme cela, de grands méchants loups à se dire que La Solitaire (re)commence lundi (13h00), chacun pour soi et l'envie pour tous. Une vingtaine à fourbir leurs armes en se disant que rien n'est joué, que tout reste à faire, qu'ils remettraient volontiers au pas cette insolente jeunesse qui ne respecte plus rien. A savoir qu'il faudra se faire mal pour cela, se battre jusqu'au bout. Charles Caudrelier Benac, encore : "Le niveau est tellement élevé que si tu n'es pas le plus agressif, il y aura toujours quelqu'un dans les vingt petits camarades qui va l'être et va gagner. A un moment, il faut bien réaliser qu'avec les bons, c'est la guerre pour gagner un mètre..."
La bagarre (re)commence lundi. Elle sera énorme. Et délicieuse.















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