"Désolé pour Jérémie"

Eurosport sur Google

Michel Desjoyeaux (Foncia), 7e du prologue de la Solitaire du Figaro, s'amuse de la victoire de Jérémie Beyou, son partenaire sur la prochaine Jacques Vabre. Le triple vainqueur de l'épreuve s'est élancé jeudi en compagnie des 51 autres concurrents sur la Solitaire du Figaro.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Vous avez terminé hier à la 7ème place du prologue remporté par un certain Jérémie Beyou (*), c'est de bon augure pour la Transat Jacques Vabre ?
Michel Desjoyeaux : Je ne sais pas si vous savez, mais sur la Solitaire, il y a une superstition, que certains, plus pragmatiques, appellent une statistique : le vainqueur du prologue ne gagne jamais la Solitaire du Figaro, donc c'est dommage pour Jérémie, je suis désolé pour lui (rires)... Plus sérieusement, il a très bien navigué hier et c'est très bien pour lui, puisqu'à défaut de sponsor, il a un mécène. C'est une très belle histoire pour la famille de Bernard Paoli (ndr : le partenaire de Jérémie Beyou), que de se voir créditer d'une victoire de prologue, ça fait toujours plaisir. Maintenant, le prologue n'est ni un championnat du monde, ni une étape de Figaro, c'est juste un round d'observation, pour voir si tout fonctionne bien sur le bateau.
Avez-vous quand même pu tirer des enseignements de ce prologue ?
M.J. : Non, parce que justement, le départ a été un peu complexe et tout le monde n'a pas forcément réussi à s'en sortir, à tirer son épingle du jeu dans un contexte où l'enjeu sportif est relatif.... je ne ferai aucune conclusion hâtive. C'est plus pour s'amuser, ce n'est pas la "vraie vie"
Dans la "vraie vie" justement, on parle beaucoup des anciens vainqueurs mais il y en a aussi d'autres qui sont capables de jouer les troubles-fêtes...
M.J. : Le statut de favori, c'est un truc pour les médias et pour le grand public. Nous, les coureurs, avons notre propre liste de concurrents sérieux à surveiller. Ce n'est pas forcément la même que celle des étiquetés favoris, dont je fais partie mais comme j'y participe cette année, je ne vous donnerai pas mon pronostic...
Le départ a lieu demain, quelles sont les prévisions météo ?
M.J. : Nous allons avoir des conditions de petit temps au début et à la fin de cette première étape entre Lorient et La Corogne (Espagne), agrémentées par la proximité d'une dépression au large du golfe de Gascogne, que l'on va aller « chatouiller » juste sur le côté, avec des vents soutenus autour de 20-25 nœuds. Rien d'extraordinaire mais il s'agira de vents contraires, donc on va être là-dedans à tirer des bords... ce seront donc des conditions honorables et de circonstance pour un mois d'août.
Pourrait-on avoir le même scénario que l'an dernier sur cette première étape avec des écarts considérables à l'arrivée ?
M.J. : C'est sûr qu'il existe des incertitudes sur le petit temps au départ. Mais je ne vois pas quelqu'un sortir du paquet dans cette 1ère étape comme l'avait fait Nicolas Troussel l'année dernière. Mais après tout, pourquoi pas, ce sont des choses qui peuvent se produire... Néanmoins, les circonstances n'ont pas l'air d'être favorables pour un tel scénario. Ensuite, ce sera de la vitesse pure et du coup, on ne devrait pas avoir des écarts énormes à La Corogne. Cependant, il faudra rester vigilant et continuer à se battre. Il ne faut surtout pas se dire, "il ne se passera rien dans cette étape, on verra plus tard.
On vous sent particulièrement heureux d'être là, vous paraissez serein mais toujours avec cette envie d'être le plus performant possible. C'est votre recette ?
M.J. : C'est sûr que je suis toujours venu sur le Figaro pour m'amuser, j'ai la chance de ne pas faire un énième Figaro d'affilée. Je reviens donc avec une vraie fraîcheur et la volonté de bien faire. Je pense que cela fait partie des conditions nécessaires pour être efficace sur ce type de course : il ne faut pas être seulement content, il faut avoir un peu plus envie que ça. C'est à ce moment là qu'on arrive à se battre, que l'on puise dans ses ressources pour être efficace. C'est ce qu'on va voir cette année...
On entend beaucoup parler d'un effet Michel Desjoyeaux, en jouez-vous ?
M.J. : Bien sûr que j'en joue, j'ai tout intérêt à en jouer. Pourquoi ? Parce que lorsqu'ils s'occupent de ça, ils ne s'occupent pas de leurs bateaux, ni de leur course. Je l'ai vu en 2007 où j'aurais pu être avec mon compteur pour voir combien de bateaux empannaient en même temps que moi chaque fois que je changeais de route. Ceci étant cette année, le niveau est particulièrement relevé et il y en a quelques uns qui ont compris qu'il fallait faire attention à leur course !
(*) Jérémie Beyou sera le co-skipper de Michel Desjoyeaux sur la prochaine Transat Jacques Vabre.
Crédit : Jean Christophe Marmara / Richard Vialeron
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité