Voile - Solitaire du Figaro
14/08/2009 - 12:23Etape 3 : déclarations

Voici ce qu'ont dit les skippers à l'arrivée de la 3e étape de la 40e édition de la Solitaire du Figaro, vendredi à Dingle.
Jérémie Beyou (Bernard Paoli, vainqueur de la 3e étape en en 82 h 45 min 27 sec) : "Il y a eu comme une nouvelle ligne de départ repositionnée à l'entrée de la baie de Dingle ! Je gagne, je suis content, voilà, même si je préfère évidemment la manière de l'étape précédente gagnée à Saint Gilles Croix de Vie. Je n'ai pas écouté mon fils Achille qui m'avait dit avant de partir : 'papa faut que tu arrêtes de gagner, il faut en laisser pour les autres'… comme quoi il ne faut pas toujours écouter les enfants ! J'ai bien dormi cet après midi, justement pour être lucide sur la fin, on sait tous qu'ici ça peut terminer comme ça, tous groupés dans la pétole et qu'il faut un peu de réussite… Après… j'en ai perdu tellement des étapes qui finissaient comme ça que je prends cette victoire avec plaisir, c'est pour toutes les fois où je me suis fait avoir (rires)! J'ai fait un joli coup sur la ligne d'arrivée, voilà, c'est tout, je grappille quelques minutes au classement général sur Nicolas Lunven et c'est toujours bon à prendre. Physiquement, elle était dure cette étape, je suis cramé, au bout du bout du bout. Dans le final, entre Suzuki Automobiles et Koné Elevators, c'était à celui qui ne ferait pas claquer son spi, à celui qui déventerait l'autre… le mien n'a pas claqué… ça se joue à rien ! Et en même temps c'est symptomatique de La Solitaire : un marathon qui se termine par un sprint dans la pétole. Vraiment, il pouvait se passer mille choses. Maintenant, le jeu reste grand ouvert au classement général pour la dernière étape. Il va falloir bien se reposer et être d'attaque pour la dernière manche vers Dieppe."
Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles, 2e à 1 min 19 sec) : "Je viens de passer la ligne d'arrivée, et oui, j'ai le sourire ! Quelques centaines de mètres avant la ligne j'étais placé idéalement, mais il faut bien l'avouer, c'était un peu par hasard ! En même temps, c'est la première fois que la baie de Dingle me réussit, c'est inespéré. Les six dernières heures dans la pétole, c'était un peu la punition quand même ! La baie était complètement plate… à chaque fois qu'on vient ici c'est un peu la kermesse comme on dit, mais cette fois, ça paie pour moi, tant mieux ! Il y a eu un paquet de redistributions des cartes pendant cette étape. Pour Armel Le Cléac'h et Antoine Koch qui ont fait une navigation remarquable, je trouve que c'est dur, car ils méritaient mieux. Heureusement, ils ne perdent pas de temps. De mon côté, peut-être que je grignote un ou deux bateaux au classement général, je n'en sais rien encore car c'est très serré. Mais il est clair que désormais, on remet les compteurs à zéro pour la dernière étape vers Dieppe".
Eric Péron (Skipper Macif, 3e à 2 min 33 sec) : "Je suis un peu l'invité surprise de ce podium. C'était un peu le tirage au sort dans la baie, il fallait juste ne rien lâcher, jusqu'au bout. Sur cette arrivée, il fallait aller tout droit, régler les voiles, rester sur la route. Je ne voulais pas aller dans les coins pour faire des options. Je suis content, c'est mon meilleur résultat sur La Solitaire ! La lucidité, oui, j'en avais, je m'étais dit : je ne lâche rien et de toute façon, avec l'adrénaline, quand tout va bien, le mental suit. Cette étape n'était pas évidente. La nuit dernière, je ne savais pas que ça allait prendre de l'est, j'avais fait de gros efforts pour me décaler dans l'ouest, il a quelque chose que je n'ai pas dû comprendre avec la météo. J'avais pris cher : 7 milles de retard et finalement, ça se goupille, bien, c'est top. Me voilà sur la troisième marche du podium. J'aurais pu gagner, mais c'était chaud. On s'est un peu bagarré avec Thierry (Chabagny) et finalement, c'est Jérémie (Beyou) qui passe. Mais à 1,5 milles de l'arrivée, on ne savait pas encore qui était en tête, il y avait une rangée de 10 bateaux et hop, il y a eu une petite risée et c'est Jérémie qui l'a prise en premier".
Gildas Mahé (Banque Populaire, 14e à 7 min 07 sec) : "Nous avons été plusieurs à tomber dans un premier piège à l'île d'Yeu. Je me suis retrouvé enfermé dans la pétole. Derrière, je suis bien revenu jusqu'à Cap Caval et j'ai passé la marque en 4e position. J'ai fait l'intérieur de Belle-Ile et j'ai tiré les bons contre-bords au large du Finistère sud. Derrière j'ai viré trop tôt de tribord à bâbord. J'ai tiré la barre pour investir dans l'Ouest et au premier refus j'ai viré. Je n'ai peut-être pas été assez sûr de mon choix, mais je suis bien revenu sur la bascule par la suite. Au moment où j'ai envoyé le spi (en Mer Celtique), j'ai réalisé que c'était un peu la première fois depuis le départ de cette 40e Solitaire du Figaro que nous avions la possibilité de l'établir pour un bon moment. Je me suis senti très à l'aise en vitesse et j'y ai vu la possibilité de réduire l'écart. Puis il y a eu ce nouveau départ en baie de Dingle… C'est assez rageant de se dire qu'à chaque étape je cours après 1 h 50 mn et que je ne mets la main que sur quelques minutes. Je n'ai pas mal navigué. Je sais que je suis à deux doigts de gagner une étape. La régularité est là mais ça ne paraît pas sur le classement. Je paie encore mon erreur de la première étape. J'aurai aimé donner chaud aux concurrents pour la dernière ligne droite. La fin de cette 40ème Solitaire du Figaro se jouera à quitte ou double et ça peut être dangereux !"
Erwan Tabarly (Athéma, 27e à 11 min 31 sec) : "On a déjà vécu cela une fois, alors on se dit qu'une deuxième fois est possible. Mais c'est dommage, je n'aime pas qu'une manche se termine de la sorte Ses arrivées font parties de l'histoire de la Solitaire, mais moi, ce que j'ai envie de retenir, c'est le fait d'avoir bien négocié les deux, trois coups importants de cette étape. J'ai fait une belle manche dans l'ensemble, j'ai toujours été aux avant-postes (…) J'ai beau mettre des gants, cela ne change rien. La poulie de pataras a du chauffer, dans le passage du front, je n'ai pas arrêté un instant de border, de choquer. C'était une vraie étape de Figaro, pour moi c'est pour l'instant la plus belle de cette édition. Il y avait du jeu, de quoi s'exprimer, tout ce que j'aime".
Vianney Jacquier (Alhyange Acoustique, 38e à 21 min 48 sec) : "C'est difficile de caractériser ce que nous venons de vivre. Mon plus gros problème aura été de savoir où aller et à quel moment gérer les dorsales. Il fallait être extrêmement vigilant quant à se situer par rapport aux phénomènes météo. C'est d'ailleurs ce que je redoutais le plus sur cette étape. Ça s'est à peu près bien passé, sauf la dernière nuit dans la dorsale. En règle générale, les journées ont eu des allures de course de vitesse façon chevaux de bois et les moments stratégiques se sont joués la nuit. J'ai rencontré de nouveaux petits soucis sur cette étape. J'ai appris à me servir de la corde à nœuds parce qu'il y a eu pas mal d'algues. J'en ai débuté le maniement sous l'île d'Yeu. En passant sous Belle-Ile, je me suis pris un casier dans le safran et suis passé de 7 à 2,5 nœuds. Après Belle-Ile, j'ai engagé un long tribord jusqu'à Cap Caval. Une fois passée la marque, je me suis rendu compte de problèmes de vitesse avant de réaliser que je naviguais avec 200 litres d'eau depuis quelques temps. Le transfert d'un ballast à l'autre ne s'était pas fait correctement. Ma première navigation en mer Celtique et aux abords de l'Irlande a été assez magique. L'entrée en baie de Dingle aura été de ces moments qu'on n'oublie pas de sitôt. Alors que je n'avançais pas, je suis allé me coller à 20 mètres sous la falaise. Je suis reparti à 7/8 nœuds avec le vent et le courant. Quand le premier a coupé la ligne, j'étais à un mille derrière, ce qui dans des conditions comme celles qui nous avions à l'arrivée en baie de Dingle, correspond à 20 minutes de retard. J'ai été opportuniste sur la fin et ça n'a pas payé comme je l'aurai souhaité. Mais le classement final n'a pas beaucoup de signification pour moi. J'aurai préféré de vrais écarts pour gagner des places au général. La conclusion de tout cela est qu'il est à la fois marrant et fou de voir qu'on fait 485 milles pour si peu".















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