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Cammas: "C'est tendu"
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Publié 16/02/2008 à 14:24 GMT+1
Franck Cammas, engagé dans le Trophée Jules-Verne, le record du tour du monde à la voile en équipage, reconnaît samedi que son parcours jusqu'à présent est "plus tendu" que prévu, et que l'équipage de Groupama 3 subit "moralement et physiquement" la mauva
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FRANCK CAMMAS, les temps intermédiaires tombent les uns après les autres mais cela ne semble pas vous libérer?
F.C.: Ah non, car nous sommes très proches du temps d'Orange. Une demi-journée, ce n'est vraiment rien, et la météo nous a empêchées depuis l'Indien de prendre de bonnes journées. Vu le potentiel du bateau, si tout s'était déroulé parfaitement on pourrait avoir deux jours d'avance maintenant. Même si nous sommes contents de revenir dans le match, c'est une déception de voir que les choses ne se passent pas normalement. On le subit moralement et physiquement.
Comment analysez-vous votre première moitié de tour du monde ?
F.C.: Je m'attendais à une meilleure météo dans le Sud, que je découvre, mais le scénario est à peu près bon. On tablait sur une journée d'avance en descendant l'Atlantique, une autre en le remontant et un temps comparable à celui d'Orange II dans le Sud. Mais on peut être frustré car on aurait pu faire mieux dans l'Indien, surtout qu'Orange avait été très bon ensuite dans le Pacifique. Même dans l'Atlantique on a dû batailler ferme pour avoir 24 heures d'avance à Bonne-Espérance. En fait, je pensais que le Sud, où on a affronté des situations météo très tordues, serait plus comme une autoroute.
Cette mauvaise météo ne vous donne-t-elle pas le regret d'être parti si tard?
F.C.: On n'avait pas le choix, on est parti quand on le pouvait. Il n'y a aucun regret à avoir: on avait un programme de courses jusqu'en décembre et on n'a rien laissé passer. J'espère que nous avons eu le pire et que le meilleur est à venir. Il y a des années où le Sud passe bien et d'autres pas. Si nous avions eu la fenêtre de (Francis) Joyon (parti le 23 novembre pour effectuer son tour du monde en solitaire, bouclé le 20 janvier, ndlr), c'est sûr que cela aurait été mieux mais ce n'était pas notre créneau.
Tous ces à-coups que la mer impose ne nuisent-ils pas à la fiabilité du bateau qui a déjà déploré une avarie sur un bras de liaison?
F.C.: C'est vrai que ce n'est pas du tout confortable pour la structure du bateau. Ce n'est qu'à la fin qu'on saura si cela a eu des conséquences. Pour l'instant, on n'a pas freiné à cause de problèmes de fiabilité. On l'a fait soit parce que le vent n'était pas bien orienté soit, comme avant le Cap Leeuwin, parce qu'on s'est retrouvé encalminé devant un mur. On est tous contents du comportement du bateau et de sa fiabilité. Dans l'Indien, le bateau a été bien testé et la mer ne devrait plus être aussi difficile.
Le Pacifique, que Peyron avait avalé, sera-t-il la clé d'un éventuel record?
F.C.: Au (Cap) Horn, que l'on espère passer vers le 25 ou le 26 février, on n'aura pas un temps canon. On a encore une grosse dépression à franchir par le Nord dès demain et pendant deux jours en entrant dans le Pacifique. Ca va nous obliger à être trois ou quatre degrés plus haut qu'Orange et on va reperdre ce qu'on a gagné. Arriver au Cap Horn sera pour tous une libération. L'objectif, c'est d'y égaliser les compteurs avec Orange. Après, on aura tout à refaire. C'est la remontée qui va être le plus important, surtout qu'Orange avait peiné après l'équateur.
Vous partiez avec l'objectif secret de passer sous les 50 jours. Pensez-vous maintenant que l'on puisse faire encore mieux?
F.C.: Je pense qu'on peut abaisser le record à 46 jours. Nous, on n'est pas sûr de le battre et si nous sommes encore dans les temps au Horn ce ne sera pas si mal! C'est vraiment plus tendu que je ne le pensais, et on n'en a pas sous le pied. Quoi qu'il arrive, on n'aura pas fait un parcours optimum et il faudra revenir pour faire un vrai bon temps.
Quel que soit votre résultat, vous pourriez donc envisager de repartir?
F.C.: C'est prévisible...
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