Desjoyeaux en difficulté

Obligé de remonter plein nord face aux vents pour franchir la Porte de Nouvelle-Zélande, Michel Desjoyeaux, leader du Vendée Globe, pourrait voir ses poursuivants, notamment Roland Jourdain, réduire considérablement l'écart dans les prochaines heures.

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Crédit: Eurosport

Michel Desjoyeaux était toujours en tête d'un Vendée Globe secoué par la tempête, et se trouvait en situation délicate, contraint de remonter dans l'Océan indien face au vent pour passer la porte de sécurité n°8 dans les règles. Ce n'est pas l'écart (27,8 milles) qui sépare le Professeur de son poursuivant Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui l'inquiétait, mais bel et bien sa position. Le skipper de Foncia se trouvait assez loin au sud et quasiment à l'extrémité Est de la "porte de Nouvelle-Zélande", point de passage obligatoire pour tous les bateaux de ce tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Il lui fallait donc revenir plein nord, pratiquement face à la tempête et dans une mer démontée. Ses adversaires directs, mieux positionnés, devaient en revanche franchir la porte plus facilement dans la soirée ou la nuit.
La journée de Noël aura été une journée difficile pour la majorité des navigateurs. Raphaël Dinelli a sérieusement été chahuté par des vents de 70 noeuds (130 km/h), et son "Fondation Océan Vital" est parti "en vrac", couché sur l'eau par la force des rafales. Dinelli croise dans l'Indien, à peu près dans le même secteur où il avait fait naufrage et perdu son bateau en 1996.
Avarie pour Guillemot
Le bon samaritain de Yann Eliès, Marc Guillemot (Safran), 9e à 1582,2 milles de Desjoyeaux, a indiqué à la direction de course qu'il était victime d'une avarie. Le skipper a précisé qu'il mettait "le cap vers l'archipel d'Auckland (des îles à 250 milles au sud de la Nouvelle-Zélande) afin de tenter une réparation de son rail de mât". Guillemot est à 400 miles de l'archipel et compte y être samedi.
Comme Desjoyeaux, ses poursuivants immédiats, ont pour l'instant bien supporté le début de la tempête. "Lorsque l'on sait que l'on va se faire cueillir, on se prépare plus longtemps à l'avance", a dit Sébastien Josse à la vacation. "Je suis toujours dans les 50es. J'ai touché du vent jeudi matin il est à 25 noeuds environ, il devrait forcir progressivement jusqu'à 40... Il est possible que cela se resserre en tête", a-t-il ajouté sur un ton dubitatif, "comme cela peut ne pas arriver. C'est souvent les cas avec ces dépressions néo-zélandaises, mais en règle général ceux qui sont devant repartent devant, ce n'est jamais le contraire".
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