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Le vent en poupe
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Publié 06/12/2008 à 19:24 GMT+1
On savait bien que Michel Desjoyeaux (Foncia) n'était pas reparti pour faire de la figuration. Quatre semaines après son second départ, il fait presque figure de vainqueur potentiel !
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Crédit: Eurosport
Michel Desjoyeaux (Foncia) a signé le premier exploit du Vendée Globe 2008-2009 : parti avec deux jours de retard sur les leaders, il est revenu dans la course en moins d'un mois grâce à des qualités de marin et de compétiteur hors du commun.
Le 10 novembre au matin, une vingtaine d'heures après le départ de la course, Desjoyeaux constate qu'une fuite d'eau sur un ballast risque de provoquer un court-circuit électrique. Il revient au port pour réparer, et reprend la mer le 11 au matin, avec plus de 40 heures de retard. "C'est pas génial, mais la route est longue , dit-il, et si on sait tous que le Vendée Globe est difficile, impossible n'est pas Français..."
Problème : il n'est plus dans les mêmes systèmes météo que la tête de course, et ne peut calquer sa route sur celle des leaders. Dans les premiers jours, il ne touche pas de vents favorables et, au large du Portugal, comptera jusqu'à 600 milles de retard (un mille = 1,852 km) sur Loïck Peyron, alors premier. Mais Desjoyeaux, triple vainqueur de la Solitaire du Figaro, jette dans la bataille tout son talent de régatier hors pair, et surtout sa hargne de compétiteur vexé par l'incident du départ. Mille après mille, sans jamais rien lâcher - "Je ne suis toujours pas rasé, j'hésite entre me raser et faire marcher le bateau", rigolait-il au 26e jour de course - il double un à un les concurrents attardés, et revient inexorablement sur le groupe des neuf monocoques qui mènent la danse depuis le départ.
"Ça va se jouer à la niaque"
A l'entrée de l'Océan indien, il recolle à ce peloton des favoris. Samedi à 11h00, il y fait son entrée en 9e position. A 102 milles du leader Sébastien Josse. Une peccadille à l'échelle d'un tour du monde. Desjoyeaux est revenu dans le match. Après cette chevauchée fantastique, va-t-il souffler un peu ? "Le fait d'avoir des bateaux autour de moi ne doit pas m'endormir sur ma capacité à remettre de la toile et à gérer la puissance du bateau" , dit-il aussitôt. "On fait du gagne petit. Il faut gagner partout et perdre nulle part. On fait tous des erreurs, le but c'est de faire moins d'erreurs que ceux qui sont devant".
Ses adversaires sont sous pression : malgré l'humour potache des messages qu'il envoie régulièrement sur le site internet de la course, le skippeur de Foncia est un requin. Infatigable, impressionnant, provocateur. Quand les autres avouent qu'ils sont à fond (Le Cam: "On n'est pas raisonnables"), lui n'hésite pas à dire, à l'occasion d'une conversation avec la terre le 1er décembre : "Je ne pensais pas revenir aussi vite sur le paquet de tête, mais bon, c'est vrai que depuis quarante-huit heures, j'étais plus sur un mode course du Figaro. Maintenant, les conditions le permettaient et je ne peux pas tenir comme ça non plus tout le temps. Une chose est sre, mes petits camarades de devant ne sont pas à 100%. Sinon, je ne serais pas revenu aussi vite." Sympa pour eux.
Et mardi, lorsqu'il rejoint enfin le système météo des leaders, il ajoute pour ceux qui n'auraient pas compris : "C'est une autre course qui commence. A partir de maintenant, ça va se jouer à la niaque". Il reste deux mois de course à Desjoyeaux pour faire oublier définitivement le contretemps du départ.
Le classement samedi 6 décembre à 16h00 :
1. Sébastien Josse (FRA/BT) à 17324,6 de l'arrivée
2. Yann Eliès (FRA/Generali) à 25,0 milles du premier
3. Jean-Pierre Dick (FRA/Paprec-Virbac) à 40,0 milles
4. Loïck Peyron (FRA/Gitana-Eighty) à 41.3 milles
5. Roland Jourdain (FRA/Veolia) à 67,3 milles
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9. Michel Desjoyaux (FRA/Foncia) à 89,5 milles
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