Yoz - Swatch
28/07/2007 - 14:44Décrypter le surf

Pas facile de comprendre les critères qui permettent d’évaluer les performances des surfeurs. Le Français Bruno Truch, juge international, les explique. L’occasion de pénétrer dans les coulisses d’un sport qui a su rester hermétique aux petits arrangement
Le principe de notation : « Les surfeurs en lice dans une série ont entre vingt et quarante minutes selon les conditions de mer pour effectuer leur prestation. Ils doivent chacun prendre entre dix et douze vagues au maximum et seules leurs deux meilleures vagues sont comptabilisées. Il n’y a pas de barème proprement dit mais des critères spécifiques de jugement. Ils sont issus d’une disposition du règlement : « Le surfeur devra exécuter des manœuvres en radical contrôlé dans la section la plus critique de la vague avec vitesse, puissance et fluidité pour optimiser au maximum son potentiel de points. Le surf innovant et évolutif tout comme la variété du répertoire technique devront être pris en compte au moment de récompenser les vagues surfées. Le surfeur qui respecte ces critères en affichant sur les vagues le plus haut niveau de difficulté et d’engagement sera gratifié du score le plus élevé ».
Ce score va de zéro à dix par vague surfée sachant que l’on utilise aussi les dixièmes. Il arrive également qu’il y ait des dix. Ce n’est pas quelque chose que nous nous interdisons. Au contraire, nous n’avons pas peur de le faire. A chaque vague correspond donc une note. On ajoute les scores des deux meilleures vagues, ce qui donne un total sur vingt. Il n’y a pas de figures libres ni imposées. C’est l’athlète qui, en fonction de la qualité de la vague, évalue les manœuvres qu’il peut engager dessus. Les arbitres apprécient tant l’exécution technique que le choix de la figure réalisée par rapport à la potentialité de la vague. Si la plupart des figures sont répertoriées et présentent un degré de difficulté, un surfeur peut être innovant et inventer quelque chose durant sa prestation. Il n’y a pas non plus de distinction entre l’aspect technique et la dimension artistique.
En revanche, la notion de risque pris est très importante. Il est essentiel de démontrer une capacité à développer un répertoire le plus varié possible. Ce qui signifie qu’il n’y a pas d’intérêt à répéter une figure même compliquée. Il ne faut surtout pas être métronomique ».
L'objectivité des juges : « En compétition, il y a un chef-juge. Lors d'une série, son rôle consiste à surveiller les quatre juges qui notent les surfeurs à l'eau. Le chef-juge est là pour voir si leurs jugements sont harmonisés ou pas. En outre, sur les quatre juges qui officient, la note la plus haute et la note plus basse ne sont pas comptabilisées. On fait donc seulement la moyenne des deux autres notes. Par ailleurs, durant la série, chaque juge est lui aussi évalué. Si jamais ses notes sont supérieures ou inférieures d'un point par rapport à celles de ses collègues, il se voit infliger des pénalités et peut être éliminé.
D'ailleurs, au fur et à mesure de la compétition, on ne garde que les meilleurs juges. En fin de saison, il y a un classement et certains d'entre eux sont susceptibles d'être rétrogradés. Il peut arriver qu'un juge soit de la même nationalité qu'un surfeur. Peu importe car durant une épreuve, il ne doit avoir aucune relation avec les athlètes. Plus largement, ce qui fait qu'un tel système fonctionne, c'est l'éthique de l'activité ».















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