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"Sans aide, on ne s'en sortira pas" : L'appel du pied de Franck Seguela et des Bleus du 3x3, médaillés d'argent aux JO
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Mis à jour 17/10/2024 à 02:16 GMT+2
Membre de l'équipe de France de basket 3x3, Franck Seguela a décroché une médaille d'argent cet été lors des Jeux Olympiques de Paris 2024. Un accomplissement qui n'a pas éclairci son avenir de sportif professionnel. Il évoque, avec un entrain cependant intact, son instante quête de financements, dans un entretien réalisé ce mercredi à Issy-les-Moulineaux, via les Journées de l'arbitrage La Poste.
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Traversez-vous une période plus compliquée, maintenant que l'euphorie de Jeux Olympiques de Paris 2024 est retombée ?
Franck Seguela : Non, c'est trop bien. Depuis les JO, plein de gens me demandent cela : "La redescente, ça va etc. ?" En fait, je ne vois même pas de quoi ils parlent. Je kiffe trop. J'ai plein d'autres objectifs sur le World Tour – notre compétition de basket 3x3 – qui finit dans un mois. Dix jours après les Jeux, on avait un Masters à Lausanne… qu'on a remporté d'ailleurs, si jamais les gens veulent aller voir ! Cela se passe trop bien, on a reçu tellement d'amour, c'est tellement encourageant de continuer dans cette voie, pour une discipline qui est moins connue. C'est que du kif.
En-dehors de votre médaille d'argent, quel est votre moment des Jeux ?
F. S. : Il y a beaucoup de moments en-dehors de la compétition. On a croisé plein de sportifs emblématiques, ça c'était cool. [Il réfléchit] Après, on était très soudés, tous les quatre (avec Lucas Dussoulier, Timothé Vergiat et Jules Rambaut, NDLR). Ça va être bête, mais les meilleurs moments, ce sont ceux où on relâchait la pression. On jouait à la pétanque et aux fléchettes au village olympique… on se retrouvait seulement nous quatre, ça nous a permis aussi d'être performants. Je ne vends pas du rêve avec cette réponse [rires].
Et si vous deviez retenir une performance d'un athlète français ?
F. S. : C'est difficile de parler de quelqu'un d'autre que de Léon Marchand ou de Teddy Riner. Ce qu'ils ont fait est incroyable. Allez, Teddy, ça fait trop longtemps qu'on parle de lui et qu'il est trop fort, donc je vais dire Léon Marchand. Il a cloué le bec de tout le monde. Je suivais de loin ce qu'il faisait en NCAA – je ne suis pas un fou de natation – et j'avais dit aux gars : "Lui, je pense qu'il va être monstrueux". Il a mis tout le monde d'accord et il a de belles années devant lui. Il va continuer de nous régaler.
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Seguela : "Marchand a cloué le bec de tout le monde"
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On représente le crash test du 3x3 (…) C'est beau, aussi, d'être des pionniers
Vous êtes donc médaillé olympique, mais vous ne savez pas si vous serez en mesure de pratiquer votre sport en compétition dans quelques mois…
F. S. : C'est ça. On était dans un projet olympique, soutenus par la Fédération française de basket-ball (FFBB) – c'était trop bien d'ailleurs, ça a porté ses fruits – et c'était clair que l'équipe (3x3 Paris, NDLR) allait s'arrêter après les Jeux. Pas de problème avec la fédération, donc. Je précise parce qu'on m'interroge souvent là-dessus. On essaie de rebondir, de se servir de cet élan olympique, de tout le dynamisme de cet été, pour trouver des sponsors qui ont envie de soutenir le basket 3x3, pour financer notre équipe et rester en World Tour. C'est la condition pour que ça continue professionnellement.
Comment expliquer ce contraste, entre une telle réussite aux JO de Paris et cette précarité ?
F. S. : Il y a un circuit économique en place dans le basket, qui est celui du 5x5. Nous, on représente le crash test du 3x3. On est au début de quelque chose. C'est beau, aussi, d'être des pionniers. Cela fait un an et demi qu'on bosse sur le sujet avec mes coéquipiers. On ne part pas de zéro, on avait anticipé. Sans l'aide de gens, on ne s'en sortira pas, mais j'ai bon espoir qu'on y parvienne. On a trois mois pour finaliser tout cela.
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Un shoot exceptionnel en prolongation : comment les Bleus ont laissé filer l'or
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C'est cool de les pousser à élargir leur spectre, à voir leur sport sous une autre perspective
En attendant, vous participez aux Journées de l'arbitrage La Poste, ce mercredi à Issy-les-Moulineaux. En quoi cette démarche vous plaît-elle ?
F. S. : Ça fait plaisir de pouvoir inspirer les jeunes et le faire par l'arbitrage, ça ouvre les mentalités, ça véhicule des valeurs de respect et d'écoute. C'est cool de les pousser à élargir leur spectre, à voir leur sport sous une autre perspective, en se mettant à la place des arbitres.
Qu'en est-il de votre rapport à l'arbitrage ?
F. S. : Plus jeune, je pouvais avoir du mal parce que j'avais l'impression qu'il pouvait y avoir des injustices. En grandissant, j'ai compris qu'il n'y avait rien de personnel (dans les décisions de l'arbitre), que j'avais une mauvaise vision de la chose.
Avez-vous quelques "tips", au moment d'aller voir les arbitres...
F. S. : Il y a toujours le petit sourire, le petit "check" un peu sympa. Quand j'étais jeune, j'étais stressé avant les matches et donc je pouvais répercuter ça sur les autres, que ce soient les coéquipiers ou les arbitres. Être plus détendu, ça m'aide dans le relationnel avec eux.
Par Yannis Habachou et Simon Farvacque.
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