Getty Images

Entre Calvin et l'AFLD, c'est parole contre parole

Entre Calvin et l'AFLD, c'est parole contre parole
Par AFP

Le 10/04/2019 à 18:02Mis à jour Le 10/04/2019 à 18:29

ANTIDOPAGE - Qui dit la vérité ? La marathonienne Clémence Calvin et l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), qui accuse l'athlète de s'être soustraite à un contrôle antidopage au Maroc fin mars, livrent deux versions opposées d'une histoire rocambolesque. L'athlète a été suspendue provisoirement.

Tout a commencé au milieu de l'après-midi lors de la conférence de presse de Clémence Calvin dans les locaux parisiens de son avocat Me Arnaud Péricard, qui a narré sa version des faits. "Le 27 mars, c'était tout sauf un contrôle antidopage. C'était d'une grande violence, une incompréhension totale", a relaté mercredi l'athlète de 28 ans.

La vice-championne d'Europe du marathon à Berlin en 2018 a été suspendue provisoirement mercredi matin par l'AFLD pour s'être soustraite à un contrôle à Marrakech le 27 mars, une information révélée par la presse la semaine dernière.

Clemence Calvin

Clemence CalvinGetty Images

"Police française, il est où Dahmani ?"

Murée dans le silence depuis, elle a raconté sa version des faits d'une histoire digne d'un polar.

Alors qu'elle se baladait avec son fils de deux ans le 27 mars en fin de journée, et que son mari était quelques mètres plus loin en train d'acheter un gâteau d'anniversaire, "trois personnes sont arrivées derrière moi en courant, l'un m'a saisi par le bras, et ils m'ont dit : 'Police française, il est où Dahmani (Samir, son entraîneur et mari, également athlète international) ?'".

Après avoir retrouvé son compagnon, elle assure qu'une des trois personnes lui a tapé dans le bras, faisant tomber son fils à terre, ce qui a lancé une dispute, sans contact d'après elle, entre son mari et les contrôleurs, qui ne s'étaient toujours pas présentés comme tels.

L'athlète a porté plainte au Maroc pour "violences et menaces" et précise n'avoir jamais pris la fuite.

L'AFLD évoque des "allégations graves, dénuées de tout fondement"

Très rapidement, le secrétaire général de l'AFLD, Mathieu Teoran, a fermement démenti des "allégations particulièrement graves, dénuées de tout fondement". "Jamais un préleveur de l'AFLD n'use de la force", a-t-il assuré lors d'un point presse au siège de l'agence à Paris, quelques minutes après celui de l'athlète. L'AFLD "entend donner toutes les suites, y compris judiciaires, que ces allégations réclament".

Cette affaire intervient alors que Clémence Calvin devait courir le marathon de Paris dimanche, dont elle était l'une des têtes d'affiche. Suspendue provisoirement à titre conservatoire par l'AFLD, elle ne peut pas s'aligner sur les 42,195 km de la capitale, où elle visait la qualification pour les Jeux de Tokyo en 2020. Ses avocats ont indiqué qu'ils allaient "intenter une action en référé devant le Conseil d'Etat" pour tenter de lever la suspension d'ici dimanche.

"Je souhaite de tout cœur courir le marathon de Paris", a répété Clémence Calvin, qui indique avoir continué sa préparation malgré le contexte.

" Si c'est avéré ce sera une déception d'autant plus grande"

Dans une ambiance étouffante, une petite salle accueillant une trentaine de journalistes, Calvin, combative, a assuré "n'avoir pas de doute sur [son] intégrité", alors qu'elle n'a jamais été contrôlée positive, avant d'éclater en sanglots au milieu de la conférence de presse.

Désignée athlète féminine française de l'année en 2018, au même titre que Kévin Mayer chez les hommes, cette affaire touche de plein fouet l'athlétisme français, dont elle était l'une des figures médiatiques depuis son retour de grossesse et sa performance de Berlin.

"Clémence est une athlète emblématique, sympathique. Si c'est avéré ce sera une déception d'autant plus grande, à la hauteur des espoirs placés en elle", a indiqué mardi à l'AFP le président de la Fédération française d'athlétisme (FFA), André Giraud.

0
0