Ligue de Diamant - Renaud Lavillenie : 38 ans, 5e mondial et son ciel de Jouvence
Par Gabriel Baldi
Publié 19/08/2025 à 23:30 GMT+2
Renaud Lavillenie n'a pas dit son dernier mot. À un mois de souffler ses 39 bougies, le perchiste tricolore surfe sur une très bonne forme. Sacré champion de France cet été, le Charentais tient déjà ses minima pour les Mondiaux de Tokyo. Mais avant, Lavillenie, auteur d'un 5m91 cette saison en salle, disputera la finale de la Diamond League, après un dernier saut mardi soir à Lausanne à 5,82 m.
Lavillenie à Chorzow.
Crédit: Getty Images
Qui a dit que Lavillenie était fini ? "A aucun moment, je n’ai eu l’intention de m’arrêter comme on a souvent voulu me le faire entendre", lançait en tout cas l'intéressé en février dernier dans Le Monde. Le perchiste de 38 ans l'a démontré sur sa perche ses dernières semaines en signant des prestations de haut vol. À un mois des Mondiaux de Tokyo, "Air Lavillenie" a encore franchi 5m82 mardi soir à l'Athletissima de Lausanne, remporté par Emmanouil Karalis qui a passé 6m02. "J’espère que Jacky (Delapierre, l'organisateur, ndlr) m’invitera encore pour la prochaine édition", a plaisanté à l'issue du concours le Français, qui en était à sa 16e participation consécutive au meeting.
Thibaut Collet a aussi passé 5m82 en Suisse, synonyme de minima pour les Mondiaux de Tokyo, mais sa saison est bien moins régulière que celle de son aîné. Présent à Chorzow (Pologne) le week-end dernier, Lavillenie a pris la cinquième place d'un meeting dominé par l'inévitable Armand Duplantis. Le champion olympique 2012 a passé 5m80, validant sa place en finale de Diamond League à Zürich (le 27 août), à la hauteur de son statut de 5e perchiste mondial actuellement. La vie est belle pour "Air Lavillenie" et les limites à presque 39 ans paraissent encore repoussées. "Je dois juste continuer de m'améliorer, atteindre 5,85 m ou 5,90 m et si j'arrive à le faire au bon moment, quelque chose peut se passer", se projetait l'intéressé en juin dernier auprès de Olympics.
Cette cure de Jouvence, pour le Clermontois d'adoption, a atteint son pic d'efficacité au début du mois à Talence avec un titre de champion de France reconquis cinq ans après. Une envolée à 5m82, sa plus haute de la saison en plein air et qu'il a donc égalée ce mardi, pour plier les minima pour les Mondiaux et retrouver le goût des sauts qui comptent. "J'étais ému, l'attente a été longue ! J'ai perdu un ou deux titres pour pas grand-chose, et là, je prends ma revanche entre guillemets, surtout après des années où j'ai pas mal galéré sur le plan physique, avait-il savouré. Je retrouve un visage que j'aimais bien."
"Je suis considéré comme trop vieux"
La revanche est belle pour Renaud Lavillenie. D'abord sur son année 2024 plus que compliquée, et sa non-qualification pour les Jeux Olympiques de Paris, douze ans après sa médaille d'or. Mais le Charentais n'a pas renoncé, comme en mars dernier lorsqu'il a appris ne pas être sélectionné pour les championnats du monde en salle. "Si si (j'ai fait les minima) mais je suis considéré trop vieux pour le DTN", pestait-il alors sur ses réseaux sociaux. Son hiver s'est poursuivi en contraste, entre une superbe performance à 5m91 chez lui en salle à Clermont et des championnats d'Europe décevants (dernier de la finale).
Depuis, Lavillenie a retrouvé le sourire, un titre, et l'envie de toujours aller plus haut. "Lors des deux compétitions qui arrivent, l’objectif ne peut pas être inférieur à 5,80 m. Tout en ambitionnant 5,90 m, pour continuer sur la progression. Sachant que ça fait 2-3 fois que je tourne autour de cette perf, je pense en avoir les moyens", expliquait–il à La Montagne avant de s'envoler pour Chorzow. Pour la barre à 5m80, le Français a tenu parole, s'assurant une 5e place derrière Duplantis évidemment, le Grec Karalis, l'Australien Marschall, le Néerlandais Vloon et l'Américain Kendricks. Des pointures qui viseront à coup sûr le podium à Tokyo. Lavillenie, lui, aura presque 39 ans. "Je regarde année après année, il n’y a pas de raison que je change d’approche. On verra", a-t-il même glissé à Lausanne mardi soir pour répondre à une question sur sa présence aux JO 2028. Le Français ne se pose pas de barrières.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2025/08/03/image-f36ab2ad-799c-4a7c-a037-8decbe5cd51c.jpeg)
Renaud Lavillenie, champion de France 2025 à la perche.
Crédit: Getty Images
Sur le même sujet
Publicité
Publicité