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"Ecrire mon histoire"
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Publié 09/07/2010 à 21:45 GMT+2
Plus qu'entrer dans l'histoire, Christophe Lemaitre, premier athlète blanc à courir sous les 10 secondes (9"98) au 100 mètres, a estimé que "c'est d'abord mon histoire que je crée, notamment en gagnant des titres".
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CHRISTOPHE LEMAITRE, vous êtes resté impassible sur le moment. Réalisez-vous deux heures et demie après la portée de votre chrono?
C.L. : Je réalise que j'ai fait un bon chrono, que j'ai battu le record de France. Il n'y a pas grand chose d'autre à expliquer. Pourquoi je n'ai pas plus fêté ça? Comme il y avait trop de vent pour la course dames, j'ai préféré vérifier la vitesse du vent avant d'exploser. Après il était trop tard pour exploser. J'ai vécu cette satisfaction intérieurement.
Ce chrono sous les 10 secondes vous obsédait-il?
C.L. : Ce que je cherchais, c'était plus le titre. Je le voulais très fort que ce soit dans la chambre d'appel ou derrière les blocks. Normalement la performance devait suivre. Finalement j'ai doublé. J'ai commencé à vivre ça depuis mon titre mondial juniors sur 200 mètres (en 2008). Le but, ce sont les championnats, les titres. A Barcelone, c'est ce qui comptera.
Quelle analyse sur la course?
C.L. : Je prends un assez bon départ, une bonne mise en action suivie d'une bonne accélération. Après 40 mètres, je me trouve devant et je poursuis mon effort. J'étais vraiment dans ma bulle. Mon entraîneur a estimé que ce n'était pas ma meilleure course de la saison. Que j'avais trop d'amplitude sur les 20 derniers mètres, que j'avais manqué de rythme sur la fin.
Vous entrez dans une nouvelle dimension, allez-vous changer?
C.L. : Ca ne va pas changer ma nature, mon comportement. Pierrot (son entraîneur Pierre Carraz) va me faire travailler un peu plus. Plus que d'entrer dans l'histoire, c'est d'abord mon histoire que je crée et j'espère que ça va se poursuivre. Si j'ai envie d'être champion olympique, je dois m'entraîner plus dur. Passer sous les 10 secondes, c'est commencer à ouvrir la porte de la cour des grands. Les chronos qui vont suivre, ça va être que du bonus. A Barcelone, il faut que je reste concentré. En tant que compétiteur, je cours pour gagner. Mais il faut aussi savoir se modérer avec un podium.
Avec Usain Bolt en ligne de mire?
C.L. : C'est un peu trop tôt. Mais on va continuer à s'entraîner, faire son "taf" pour être fort dans les prochaines années, aux JO de Londres. A Paris (contre Bolt et Asafa Powell), ce sera une bonne répétition avant Barcelone. Je manque de l'expérience internationale que je n'ai pu avoir l'an dernier à Berlin (aux Mondiaux, il avait été éliminé en quarts de finale pour faux départ).
Premier Blanc, ça vous chauffe un peu les oreilles?
C.L. : Même contre ma volonté, je l'entendrai partout. Il faut que je me fasse à cette idée. Parfois ça me fait sourire.
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