Libération ou inhibition?

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L'occasion de disputer un championnat international à domicile ne se présente pas tous les jours. D'ailleurs, certains sportifs passent toute une carrière sans connaître une telle joie. A Bercy, les Français veulent se servir de la ferveur du public pour se surpasser lors de l'Euro indoor.

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Sold out ! Si vous cherchiez des places pour assister aux championnats d'Europe en salle, qui débutent vendredi à Bercy, c'est raté. Le président de la fédération française, Bernard Amsalem, l'a confirmé ce jeudi à l'hôtel de ville du XIIe arrondissement. De vendredi à dimanche, ce 31e Euro indoor se déroulera à guichets fermés. On attend environ 28 000 spectateurs sur l'ensemble du week-end au POPB. Une audience acquise à la cause tricolore.
Impatiente, Myriam Soumaré, qui veut "savourer et profiter", se frotte déjà les mains : "C'est la première fois que je cours dans un grand championnat en France. Je suis pressée de voir comment crient les Français. Je pense qu'ils vont mettre le feu. J'espère que ce sera un stress positif", nous a expliqué la championne d'Europe du 200m, jeudi. Ils sont peu, dans les 47 Tricolores sélectionnés pour Bercy, à avoir déjà connu une telle expérience. Il y a Muriel Hurtis, Leslie Djhone et... c'est tout. En 2003, le Stade de France et Saint-Denis s'étaient enflammés pour les Mondiaux en plein air. Avec trois médailles d'or, autant en argent et deux en bronze, la France avait terminé troisième nation de l'épreuve dionysienne. Pour une fois, le SDF avait vibré. L'évènement avait été une réussite.
Doucouré : "Le risque de se disperser"
A Bercy, la fourchette espérée est de 8 à 11 médailles. L'objectif fixé par Bernard Amsalem semble dans les cordes de cette équipe de France, qui aborde cet Euro pleine de confiance. "Avec les autres athlètes, on s'est tous retrouvé mercredi. Pour l'instant, on rigole. Me concernant, je penserai à la compétition samedi matin (séries du 60m)", avoue Soumaré. Teddy Tamgho espère que "le public (lui) permettra de gagner avant tout". Aligné sur le triple saut et la longueur, l'élève d'Ivan Pedroso ne cache pas sa joie de concourir devant son public : "C'est une chance pour nous que cette étape, qui nous mènera à Londres en 2012, se déroule à Paris. On va tout faire pour régaler notre public. Eux seront à 200% derrière nous. A nous de ne pas les décevoir."
La salle permet cette proximité avec le public que les sportifs n'ont pas dans de grandes enceintes ouvertes. "Il y a cette résonance qui nous pousse encore plus. On est dans l'arène. J'adore", poursuit Tamgho. Absents à Bercy, Ladji Doucouré et Christine Arron étaient de la fête, il y a sept ans et demi au Stade de France. Pour le hurdler, il est important de "savoir prendre le public qui va dans ton sens". Il poursuit : "Mais ce n'est pas quelque chose de facile. A l'étranger, on ne comprend parfois pas tout ce qui se passe autour de nous. A Paris, ça sera différent et il faudra que les Bleus soient bien concentrés sur leur compétition. Le risque de se disperser est plus grand quand on évolue à domicile." Sacrée sur le relais 4x100m en 2003, Christine Arron tient à peu près le même discours : "Courir devant son public met une certaine pression. Il faut la positiver. Moi, cela me donne des ailes. On a plus de repères. Ce sentiment de se sentir chez soi est agréable."
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