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Un peu plus près du maître
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Publié 05/03/2011 à 21:52 GMT+1
En effaçant 6,03m en finale des Championnats d'Europe indoor, Renaud Lavillenie s'est rapproché des mythiques 6,15m de Sergueï Bubka, présent à Bercy, samedi. Le Français a vécu "le plus beau moment de sa carrière", mais a promis de retenter sa chance. Lors des prochains Mondiaux de Daegu ?
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A travers son irrésistible ascension, on imagine son impatience. Mis sur orbite samedi, à 6,03m précisément, Renaud Lavillenie va devoir attendre dimanche pour redescendre sur terre et poser ses pieds sur la plus haute marche du podium de Bercy. Champion d'Europe en plein air l'été dernier à Barcelone, le Clermontois d'adoption a décroché ce qu'il était venu chercher en montant Paris : le titre continental en salle, le deuxième consécutif après celui glané à Turin en 2009, et un nouveau record de France.
Pour la deuxième fois de sa jeune carrière (après Leiria en juin 2009 - 6,01m), Lavillenie (24 ans) a donc fracassé la barre mythique des six mètres. Celle qui sépare les géants de la discipline du commun des perchistes. Une étape importante à ses yeux, dans sa quête d'aller encore plus haut : "Cela veut dire que j'ai su préparer la compétition et su répondre présent dans un contexte qui peut-être à double tranchant, le championnat à domicile. Certains peuvent passer au travers, et il y en a qui se transcendent". Devant un public acquis à sa cause, Lavillenie n'a pas tremblé. Son saut d'ouverture raté à 5,61m est resté anecdotique : "A aucun moment, je n'ai douté ou n'ai eu de frayeurs. Ce matin (samedi), quand je me suis levé, j'ai envoyé des messages à Ghani (Yalouz, le DTN), à Jean (Galfione), à ma copine et à mon coach. Je leur disais : "Je n'ai jamais eu autant les crocs qu'aujourd'hui". Rien ne pouvait lui arriver.
"Alors le faire en plus devant Bubka..."
Assuré du titre continental après avoir passé 5,81m au premier essai, Lavillenie a assuré le show et s'est fendu (provisoirement) d'un nouveau record des Championnats en effaçant 5,91m à sa troisième tentative. "J'ai changé de perche à 5,91 m pour prendre une plus grosse", a-t-il avoué. Une tactique payante qui lui a permis de franchir ensuite 6,03m. Du premier coup, s'il vous plaît. "Honnêtement, être champion d'Europe avec un saut à 5,81m, ça m'aurait satisfait mais je n'allais pas me priver de faire un record de France ici, devant tout le monde. Beaucoup de personnes de mon entourage étaient présentes. Pour l'anecdote, toute ma famille a pleuré. Je les ai tous vus en larmes. Ca marque une carrière", a expliqué le natif de Barbezieux-St-Hilaire.
Lavillenie a su choisir son moment. C'est sous les yeux du tsar, du maître de la discipline, jusque-là, incontesté, Sergueï Bubka, que le Français a touché les étoiles. "Pendant l'échauffement, je me suis aperçu qu'il était là. Il était juste devant. Pendant le concours, je ne faisais pas trop attention, mais je savais qu'il y avait cette présence", a reconnu le Français. Présent dans la capitale ce week-end, l'ancien Soviétique a dû apprécier le spectacle. N'était-ce d'ailleurs pas au stade Jean Bouin, en juin 1985, que Bubka avait passé les six mètres pour la première fois de sa carrière ? Les trois tentatives à 6,16m de Lavillenie, soit un cm de plus que les mythiques 6,15 de l'Ukrainien, sont restées vaines. Mais l'essentiel était ailleurs : "Je ne voulais pas rater cette occasion. Je savais que le jour où je tenterai 6 mètres, je tenterai le record du monde. Alors le faire en plus devant Bubka... Quand je fais cette première tentative qui est vraiment très proche, je me dis que c'est dans mes cordes. J'y pense mais je suis encore jeune, j'ai encore du temps devant moi."
La prochaine étape doit le mener de l'autre côté de la planète en août. En Corée du Sud, son duel avec l'Australien Steven Hooker, tenant de l'épreuve et champion olympique en titre, sera l'un des moments forts des prochains Championnats du monde. Mais ne précipitons pas les choses. Avant cela, Renaud Lavillenie doit être célébré, comme il se doit. "Je vais attendre La Marseillaise demain (dimanche) pour vivre ce moment avec Jérôme (Clavier, 2e). Ensuite, je me préparerai pour aller chercher le titre à Daegu". Renaud Lavillenie est donc tout ça : impatient, pratiquement invulnérable et déterminé à monter encore plus haut.
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