"Je ne prends pas de plaisir" : Kevin Mayer sur les rails mais frustré

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Présent à Rome pour décrocher sa qualification olympique pour les Jeux de Paris, Kevin Mayer a assuré l'essentiel lors de la première journée du décathlon, lundi aux Championnats d'Europe. Dans les clous à mi-parcours, le double champion du monde est cependant frustré, alors qu'il concoure avec le frein à main. Et ça le désole.

Mayer : "Je vais douter… jusqu'au moment où je serai sur la piste"

Video credit: Eurosport

Pendant que la France de l'athlétisme retrouve le sourire durant ces championnats d'Europe avec déjà neuf médailles décrochées, Kevin Mayer est lui dans un autre état d'esprit. Il serre les dents pour remplir l'objectif qu'il s'est fixé : les minima pour assurer sa qualification olympique pour les Jeux de Paris. Mais à l'issue de sa première journée, le recordman du monde décathlon ne s'en cache pas : il prend pas beaucoup de plaisir. "Je suis plus stressé pour des qualif' que pour un championnat. J'ai dormi deux heures cette nuit. A chaque épreuve, c'est de plus en plus difficile", a-t-il lancé sur France TV après son 400m. "C'est dur de caler un décathlon pendant la préparation des Jeux".
Pour ce décathlon de la "dernière chance", Kevin Mayer est pourtant sur les bons rails pour cocher cet objectif qui le fuit depuis des mois maintenant en raison de pépins physiques notamment. Après cinq épreuves et même s'il n'a pas été impressionnant pour son premier concours à la hauteur de l'année (1,96 m) ou sur le 400m (49'73) – son premier depuis juillet 2022 -, il compte 4230 points à mi-parcours, soit pile la moitié du total dont il a besoin pour valider les minima (8460 pts). "Je suis confiant, estime-t-il. Je viens de terminer une première journée sans avoir eu de grosse douleur."
On ne voit pas le 'Kiki la braise' de d'habitude
Mais si son ranking peut aussi lui permettre de décrocher son sésame olympique avec un total moindre, le décathlonien de 32 ans n'a pas la pêche avant d'aborder la deuxième journée. "Ce n'est pas un temps extraordinaire (ndlr : sur 400m), mon saut en hauteur non plus. Clairement, je me régale à regarder les autres Français, mais je dois vous avouer que… on ne voit pas le 'Kiki la braise' de d'habitude. Tout ce qu'il me faut, c'est finir ce décathlon et vous donner rendez-vous à Paris pour que ce soit beaucoup mieux", a résumé le Tricolore, qui s'est par exemple contenté d'un seul bond, à 7.37 m, au saut en longueur.
S'il s'éclate en revanche à regarder son ami et compatriote Makenson Gletty qui ne cesse de battre ses records personnels et pointe à la troisième place, la frustration est donc au rendez-vous. Car Mayer ne peut pas réaliser ce qu'il aime tant faire : tout donner pour aller chercher des performances monstres. Et c'est avec le frein à main que le double champion du monde et double médaillé d'argent olympique du décathlon doit s'employer à Rome. "Je ne prends pas de plaisir car c'est quand la transe arrive que je parviens à me sublimer. Et là, elle n'arrive pas. Mais c'est normal quand on veut faire un décathlon en contrôle", constate avec une pointe d'amertume la locomotive de l'athlétisme tricolore des dernières années.
 Ca ne sera pas pareil à Paris, je le sais
Huitième à l'issue de cette première journée des championnats d'Europe où il n'est jamais monté sur la plus haute marche du podium, Mayer essaye donc de faire le job et "ne pas (se) tromper d'objectif". Car l'important n'est pas de mêler à la lutte pour le podium, mais d'assurer pour aller au bout, sans se blesser bêtement. "Le corps allait bien, c'est très positif, mais en même temps frustrant : je suis en championnats, mais je ne suis pas venu chercher ça (la médaille, ndlr), et d'habitude ce n'est pas moi. J'ai l'impression d'être dans la casquette de quelqu'un d'autre", complète-t-il encore.
Mais dans son malheur, il veut quand même voir du positif. "Je n'ai jamais réussi à faire deux beaux décathlons la même année, et là clairement, je ne fais pas un beau décathlon. Mais plus il est moche, plus celui d'après sera peut-être beau...", a-t-il lancé sur France TV avant de conclure en zone mixte : "Là, on n'a pas à faire à 'Kéké la braise', on a à faire à un Kevin somme toute très banal. Mais ça ne sera pas pareil à Paris, je le sais." Et on espère que le rendez-vous sera pris mardi soir pour qu'il démontre cela.
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