À 47 ans, Mélina Robert-Michon, septième des qualifications, est en lice pour une nouvelle médaille européenne
Par Titouan Aniesa
Publié 14/08/2026 à 00:09 GMT+2
À 47 ans, Mélina Robert-Michon n’en finit plus de repousser les limites. Pour ses neuvièmes Championnats d’Europe, un record, la Française s’est qualifiée pour la finale du lancer du disque vendredi soir, et peut encore rêver d’une médaille, douze ans après l’argent décroché à Zurich. Dans un concours particulièrement ouvert, la Lyonnaise pourrait bien avoir un nouveau coup à jouer.
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Video credit: Eurosport
47 ans. C’est un âge avancé, ou non, selon le côté depuis lequel on regarde les choses. Mais à cet âge-là, Mélina Robert-Michon peut encore prétendre à une médaille européenne. Pour ses neuvièmes championnats d’Europe, un record dans l’histoire de l’athlétisme, la Lyonnaise s’est qualifiée pour une nouvelle finale continentale grâce à un lancer à 60,89 m, qui lui a offert la septième place des qualifications.
Il existe peu de mots pour qualifier le nouvel exploit de celle qui disputait ses premiers Championnats d’Europe à Munich… en 2002. Vingt-quatre ans plus tard, elle est toujours là. Dans des qualifications du lancer du disque hachées ce mercredi, Robert-Michon a su tirer son épingle du jeu avec un jet à 60,89 m, dans les standards de sa saison.
La Lyonnaise retrouvera donc la finale du disque vendredi soir, avec la possibilité de décrocher une nouvelle médaille continentale, douze ans après l’argent obtenu à Zurich. Une médaille qui viendrait enrichir un palmarès déjà immense, mais étonnamment peu fourni aux championnats d’Europe en plein air. Puisqu’elle ne compte en effet qu’une seule breloque européenne en 2014 à Zurich, alors qu’elle est montée deux fois sur le podium des Mondiaux (2013, 2017) et une fois aux Jeux Olympiques, avec l’argent décroché à Rio en 2016.
Une fenêtre pour une breloque
L’occasion n’a jamais été aussi belle de compléter cette collection. Puisque le plateau du disque féminin n’a jamais semblé aussi ouvert. Seules quatre athlètes ont ainsi réussi à dépasser directement la marque de 62,50 m au premier tour ce mercredi, synonyme de qualification pour la finale. La Suédoise Vanessa Kamga est celle qui s’en est le mieux sortie avec un jet à 64,65 m. Derrière, tout reste largement ouvert.
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Video credit: Eurosport
D’autant plus que Sandra Perkovic Elkasevic, tenante du titre et véritable reine de la discipline, manque à l’appel. Une absence qui redistribue forcément les cartes et laisse chacune des finalistes croire en un coup à jouer. Même le vent, très présent à Birmingham ces derniers jours, pourrait avoir son mot à dire.
Robert-Michon, elle, peut s’appuyer sur une référence solide cette saison. En avril, la Française avait lancé à 65,96 m, soit le quatrième meilleur jet de sa carrière. Un résultat qui lui permet aujourd’hui de regarder vers le haut, et même de se prendre à rêver d’une médaille, voire du Graal. À 47 ans, l’idée n’a rien d’une folie au regard du contexte.
Sur le premier lancer, il y en avait beaucoup
Cette finale européenne intervient aussi quelques semaines seulement après un rendez-vous plus douloureux pour la Lyonnaise. Aux championnats de France d’Albi, Robert-Michon était arrivée avec l’ambition de décrocher un 25e titre national consécutif, après avoir conquis le premier en 2000. Mais le concours avait rapidement tourné au cauchemar. Avec un meilleur lancer à un peu plus de 56 mètres, elle était complètement passée à côté de son rendez-vous. Au micro de France Télévisions mercredi, juste avant l’officialisation de sa qualification pour la finale européenne, elle ne cachait d’ailleurs pas cette frustration : "Sur le premier lancer, il y en avait beaucoup parce que mon dernier concours, c’était les France, et ça ne s’était pas bien passé."
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Mélina Robert-Michon à Birmingham
Crédit: Getty Images
À Albi, Amanda Ngandu-Ntumba lui avait finalement succédé au palmarès national. La Française, championne de France, n’a toutefois pas été retenue pour ces Championnats d’Europe et l’a fait savoir dans un communiqué, dans lequel elle témoignait notamment de sa frustration autour des minima. "Mon sentiment d'injustice est énorme. Le plus dur, ce n'est pas seulement cette non-sélection. C'est de voir que, malgré un titre national et un état de forme démontré au moment où ça comptait, cela ne suffit toujours pas" avait-elle déclaré.
Pour Robert-Michon une médaille à Birmingham pourrait donc avoir une double saveur. Pour la Française, d’abord, qui effacerait en partie le souvenir de ses Championnats de France et confirmerait qu’à 47 ans, elle peut toujours rivaliser avec les meilleures. Mais aussi pour une fédération française chahutée, dans un contexte où chaque performance compte.
Mélina Robert-Michon, elle, sait surtout ce qu’elle a à faire. Après avoir franchi le cap des qualifications, elle peut désormais repartir d’une page blanche. "En finale, tout est remis à plat", expliquait-elle après son concours. Une finale où tout reste donc à jouer, et où la Française peut se permettre de regarder un peu plus haut. Vendredi soir, il ne lui faudra plus seulement résister au poids des années, mais saisir une occasion devenue rare : celle de jouer à nouveau les premiers rôles sur la scène européenne.
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