Championnats d'Europe 2026 - Avec Hodgkinson, Werro et Broeders-Bol et un possible record du monde, ce 800 m féminin est la course de l'année

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Pendant deux minutes à peine, Birmingham va trembler vendredi soir. Préférée à celle du 200 m masculin pour clôturer la soirée, la finale du 800 m chez les femmes promet une formidable bagarre entre trois comètes du demi-fond : Keely Hodgkinson, Audrey Werro et Femke Broeders-Bol, qui a délaissé le 400 m haies en 2026. Le record du monde de Kratochvilova, le plus vieux de tous, pourrait y passer.

Favorite à terre puis repêchée : la chute de Werro en demie du 800 m

Video credit: Eurosport

Pour un peu, la finale de rêve s'envolait. Ce jeudi, lorsqu'Audrey Werro s'est pris les pieds dans le tapis du dernier virage en demi-finale, la perspective de voir les trois meilleures coureuses du moment s'expliquer s'est éclipsée quelques minutes. Encore sous le choc de son plat violent sur le tartan, la Suissesse a fini sa course et bien lui en a pris : elle a ainsi pu demander le repêchage, qui lui a été accordé. Elle sera bien l'une des actrices principales du 800 m féminin ce vendredi (22h46) en amont duquel tout le monde trépigne.
L'organisation de ces championnats d'Europe n'a pas dû hésiter longtemps pour sauver Werro : on ne se prive pas facilement de la 3e meilleure performeuse de l'histoire d'une épreuve. Au meeting de Paris en juin, l'imposante athlète fribourgeoise a fait lever tout Charléty lorsque sa meneuse d'allure l'a propulsée sur les bases du record du monde de Jarmila Kratochvilova, le plus vieux de l'histoire de l'athlétisme – cela fait 43 ans qu'il tient désormais (1'53"28).

Battre Kratochvilova n'est plus une illusion

Werro a échoué ce jour-là mais avec ses 1'53"80, elle a dépoussiéré du haut de ses 22 ans un temps duquel personne ne s'approchait depuis des lustres, pour des raisons jamais avouées par Kratochvilova, mais dont tout le monde se doute au regard de l'état du dopage dans les équipes sportives du bloc communiste dans les années 1980. "Là, je m'en rapproche ; donc, logiquement, j'y pense un peu, reconnaissait Werro face à L’Équipe récemment. Cela ne me choque plus trop. Je me suis habituée à l'idée. Je ne pensais juste pas que ça deviendrait un sujet aussi tôt."
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Jarmila Kratochvilova en 1983.

Crédit: Getty Images

Ce n'est pourtant pas derrière elle que Birmingham va pousser. Dans cette finale à dix, étrangeté permise par le repêchage de Werro et d'une Lituanienne qu'elle a entraînée dans sa chute, l'Alexander Stadium n'aura de voix que pour les Britanniques et surtout pour l'une d'entre elles. Jemma Reekie le sait ; les hourras iront à Keely Hodgkinson, championne olympique du 800 m à Paris. Son très joli palmarès à seulement 24 ans s'est encore lesté cet hiver d'un record du monde du 800 m en salle, à Liévin, qui a fini de la poser comme la figure de proue de l'athlétisme outre-Manche.
La Britannique aussi a des vues sur le record du monde, même si elle a noté en zone mixte qu'"enchaîner trois courses en quatre jours, ça change tout" : "Il n'y a pas de lièvres, on se fiche des chronos, il s'agit de savoir gérer la pression d'un championnat." D'autant plus qu'une troisième larronnesse va s'inviter dans la bataille : Femke Broeders-Bol.

Et dans tout ça, Bourgoin...

La spécialiste du 400 m haies a décidé cette saison, à l'instar d'un Léon Marchand en natation, de changer de discipline et de rajouter un tour. La voici déjà qui tutoie les meilleures, tout en se retenant de l'avouer : "Sur 400 m haies, j'avais mon propre couloir, mes propres haies, je savais ce que je valais. Là, tout est nouveau !" Il n'empêche que derrière les deux autres, elle détient déjà le 3e temps mondial en 2026.
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La fusée Bol : son relais supersonique offre le titre aux Pays-Bas sur le relais 4x400 !

Video credit: Eurosport

Tout ceci ne suffirait pas sans une touche tricolore : deux Françaises seront au départ de cette course pétaradante. Si Clara Liberman part en grande outsider, Anaïs Bourgoin se lancera avec la quatrième meilleure performance mondiale de la saison : son record de France à Charléty en juin. Trentenaire en octobre, elle performe comme jamais dans sa carrière et elle défendra chèrement sa médaille de bronze européenne de Rome en 2024. Deux coureuses en plus, trois prodiges du demi-fond, un record du monde en sursis et l'illusion d'une médaille tricolore : ce 800 m féminin ressemble fort à la course de l'année.
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