Championnats d'Europe I Le Français Aurélien Quinion en bronze sur le marathon marche : "La médaille ? Je la gagne au calme, à l'expérience"

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Après des années à marcher derrière une médaille qui se refusait à lui, Aurélien Quinion est parvenu à débloquer son palmarès international au terme d'un final rocambolesque sur le marathon marche des championnats d'Europe à Birmingham. En bronze avec le record de France sur la distance (2h59'29), le Francilien, frustré à deux reprises lors des championnats du monde 2025, a brisé la malédiction.

Épuisé et assommé, mais médaillé : l'arrivée de Quinion

Video credit: Eurosport

Cela faisait neuf ans. Neuf ans que la marche française n’avait plus décroché la moindre médaille en compétition internationale, et c’est dire la grosse performance réalisée ce samedi à Birmingham par Aurélien Quinion lors du marathon marche masculin, où il a réussi à se hisser sur la troisième marche du podium, pour mettre fin à l’interminable attente depuis le titre de Yohann Diniz en 2017 lors des championnats du monde.
Pour le Francilien, c’est aussi une énorme délivrance. Il a décroché la première médaille internationale de sa carrière à 33 ans, après une série de cruelles déceptions ces dernières années, de la 9e place sur le 20 km marche aux JO de Paris lors desquels il était devenu papa, aux très frustrantes 4e et 5e places obtenues l’an passé aux championnats du monde, respectivement sur le 20 km puis le 35 km marche. 
Je suis passé du radiateur du fond de la classe et là je commence à être parmi les bons élèves
Sur la nouvelle distance de 42,2 km, Aurélien Quinion a d’abord eu du mal à apprécier le plus beau succès de sa carrière. Le visage creusé, le regard vide, complètement désorienté, il tenait à peine à l’équilibre dans l'ère d'arrivée. Il avait même… un peu de vomi sur son pectoral gauche, signe que l’effort fourni pour passer la ligne en 2h59’29 était titanesque. 

Une fin de course pleine de rebondissements

"Ça y est, je l'ai cette médaille. C'est ma première. Je suis passé du radiateur du fond de la classe et là je commence à être parmi les bons élèves. Je rentre enfin parmi ces athlètes forts qui ont des médailles", est-il difficilement parvenu à articuler, entre émotions et décompression, quelques instants après la fin de la course en zone mixte. Interrogé sur sa gestion du dernier kilomètre, le plus long de sa carrière certainement, il a raconté sur France 2, entre deux souffles : "Je ne sais pas, tout le monde crie, parle, ‘calme toi, fais ci, fais ça, va là’”.
Un beau capharnaüm, en sorte, dont le recordman de France du 35 km marche s’est sorti en restant discipliné, lui qui était sous le coup de deux demandes de disqualification, et n’avait donc plus le droit à l’erreur s’il ne voulait pas, comme son compatriote et élève Martin Madeline-Degy (finalement 14e), en passer par la zone de pénalité et ainsi laisser échapper ses chances de médaille.
C‘est hardcore mais lui il est en train de jouer à Mario Kart
”Comment je gagne la médaille ? Au calme, à l’expérience !”, a expliqué le nouveau recordman de français de la distance, premier marcheur tricolore à passer sous la barre des trois heures au marathon. Longtemps en 5e position dans la course, il a profité de la pénalité infligée au Hongrois Bence Venyercsán pour se rapprocher du podium, avant de prendre le meilleur sur l’Italien Riccardo Orsoni pour décrocher le métal tant attendu, en bronze.
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Aurélien Quinion (à droite) à bout de force à l'arrivée du marathon marche des championnats d'Europe 2026, où il a terminé 3e

Crédit: Getty Images

”Si je n’étais plus confiant sur la fin de course ? Si ! Mais physiquement c’est très dur, ce n’est pas seulement l’effort du marathon, le circuit est très exigeant, ça ne se voit pas avec un mec comme Stano (Massimo, l’Italien qui a décroché la médaille d’or, NDLR) qui a l’air de jouer tout le long… Je l’ai vu toute la course faire le kéké, le show, mais on est dans un autre monde… C‘est hardcore mais lui il est en train de jouer à Mario Kart”, a dit, plein de fraîcheur, Quinion pour raconter sa fin de course. 
Maintenant, je rêve de l'or
"Il sera peut-être un peu déçu de ne pas avoir l'or mais moi, je suis très fier du coach", a souri Madeline-Degy, qui est entraîné par Quinion toute l'année. "On s'envoyait des petits regards pendant la course", a raconté le marcheur de 25 ans. "Mais au bout d'un moment, je voyais bien qu'il était dans la lune ! Enfin, dans la lune... Non, il était sur la planète Mars!".
Qu’on se rassure, le jardinier de métier a fini par retrouver le sourire en même tant que ses esprits, quelques instants après la fin de la course, pour poser sur la photo avec les deux premiers, dont l’Espagnol Miguel Angel Lopez, et célébrer à sa juste valeur ce résultat qui le fuyait depuis si longtemps. La longue traversée du désert de la marche française a pris fin, et Quinion a même fini par donner rendez-vous pour les Mondiaux de Pékin l'an prochain : "C'est spécial. Ça fait des années que je cherche une médaille. Maintenant que je l'ai, je rêve de l'or".
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