Les trois arbitres, saisis depuis lundi de ce dossier, "vont maintenant délibérer" et décideront si la Russie doit être exclue pour quatre ans des compétitions internationales, comme le réclame l'AMA depuis décembre 2019, explique la juridiction basée à Lausanne dans un communiqué. "Bien qu'il soit difficile de prédire exactement combien de temps ce processus va prendre, il est anticipé que la sentence arbitrale sera notifiée aux parties d'ici à la fin de l'année", poursuit le TAS, qui promet de communiquer dès que possible une date plus précise.

L'enjeu, dans ce dossier inédit pour la justice sportive, est de valider ou non la panoplie de sanctions proposées par l'AMA et refusées par l'agence antidopage russe, Rusada, en raison du trucage des fichiers informatiques du laboratoire antidopage de Moscou pour la période 2011-2015. Après avoir exigé ces données pour s'assurer de la bonne foi russe, les limiers de Montréal ont découvert deux types de manipulations: la suppression de multiples traces de contrôles antidopage positifs et l'introduction de faux échanges visant à compromettre Grigory Rodchenkov, ex-directeur du laboratoire devenu le principal informateur de l'AMA, et deux de ses adjoints.

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Vers une suspension de quatre ans ?

Le gendarme antidopage a donc pioché dans l'éventail de sanctions prévu depuis 2018 par son arsenal: il entend bannir le drapeau russe pour quatre ans des épreuves sportives majeures, dont les JO de Tokyo, Pékin (hiver/2022) et Paris (été/2024), et interdire au pays d'en organiser sur son sol. Seuls pourront concourir les athlètes russes qui démontreront leur absence de recours au dopage, sous bannière neutre et selon des modalités qui restent à préciser. Dépassant cette seule fraude informatique, le contentieux russe dure depuis 2010 et les révélations sur l'athlétisme du couple de lanceurs d'alerte Stepanov. Il implique les services secrets et le ministère russe des Sports.

Le drapeau de la Russie avec celui des Jeux olympiques.

Crédit: Panoramic

Forcé de démissionner du laboratoire de Moscou et réfugié aux Etats-Unis, Grigory Rodchenkov avait avoué au printemps 2016 avoir orchestré pendant des années la dissimulation du dopage, décrivant par le menu le système mis en place aux JO-2014 de Sotchi pour tromper les observateurs de l'AMA. Le scientifique et son équipe escamotaient les flacons d'urine des athlètes russes par un "trou de souris" conduisant à un membre du FSB, les services secrets russes. L'espion, déguisé en agent d'entretien, descellait le capuchon censé être inviolable avec un outil de chirurgien, puis remplaçait le contenu par de l'urine "propre" stockée au préalable.

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