L'athlétisme français assommé par l'affaire Bigot

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La suspension de deux ans ferme infligée à Quentin Bigot, un espoir du marteau de 21 ans coupable de dopage, et la mise en examen du manager des lancers français, Raphaël Piolanti, ébranle une Fédération d'athlétisme (FFA) qui a fait de la lutte contre le dopage une priorité.

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Crédit: Eurosport

Quatre ans de suspension dont deux avec sursis pour Bigot, 21 ans, contrôlé positif à un anabolisant fin juin: la sanction, annoncée jeudi par le président de la FFA Bernard Amsalem, est à la hauteur de l'émoi suscité au niveau fédéral. "Les faits sont extrêmement graves et choquants, a lancé Bernard Amsalem. Avec le DTN (Ghani Yalouz), on a ressenti une sorte de trahison. A la Fédération, cela a produit un trouble et une énorme déception." Champion d'Europe Juniors en 2011, Bigot fait partie, à 21 ans, des grands espoirs de l'équipe de France d'athlétisme, avec laquelle il avait gagné la médaille de bronze aux Championnats d'Europe par équipes en juin à Brunswick. En Allemagne, le Lorrain avait terminé deuxième de sa discipline avec un lancer à 76,15 mètres. Or, c'est précisément la veille de ce résultat qu'il avait été contrôlé positif à un produit de la catégorie des stéroïdes anabolisants.
Le faux-pas de Bigot, qui n'a pas demandé la contre-expertise (échantillon B), coûtera vraisemblablement à l'équipe de France sa place sur le podium en Allemagne. Auditionné le 24 juillet par la commission de discipline de la Fédération, le pensionnaire de la section d'Amnéville (Moselle) de l'Athlétisme Metz Métropole (A2M) avait fait des aveux circonstanciés (la manière dont il s'est dopé, les personnes impliquées). "J'ai avoué mes torts, a confié Bigot jeudi à France 3 Lorraine. J'assume totalement le fait d'avoir été jugé et d'avoir pris des produits interdits." Mais, son mea culpa évacué, le jeune athlète évoque alors des "circonstances atténuantes". "Il y a la pression de l'entourage, des influences", lance-t-il sans donner de nom. Mais celui de Raphaël Piolanti, manager national des lancers à la Fédération française d'athlétisme, se dessine en creux sur ses lèvres.

Raphaël Piolanti mis en examen

Agé de 46 ans, Raphaël Piolenti a été mis en examen jeudi par le parquet de Metz, poursuivi pour "exercice illégal de la médecine et de la pharmacie", "incitation à l'usage de dopants", "administration à un sportif de produits dopants", "acquisition, détention, importation, offre ou cession à un sportif de produits dopants". Durant sa garde à vue, qui a duré 48 heures, M. Piolanti a nié les faits qui lui sont reprochés. Il a accusé ses athlètes de vouloir lui faire porter la responsabilité de leurs propres erreurs, selon le procureur adjoint de Metz, Gilles Bourdier. Deux autres lanceurs entraînés à Amnéville par Piolanti, ainsi que deux autres sportifs de son entourage, ont été entendus et perquisitionnés par des gendarmes spécialisés dans la lutte antidopage ces derniers jours. Leurs auditions auraient confirmé l’implication de l’entraîneur.
La mise en examen du manager fédéral est un coup dur pour la FFA, qui avait alerté les autorités judiciaires et de gendarmerie compétentes après les confessions de Bigot. Car Piolanti, ancien champion de France du lancer de marteau, est un de ses cadres les plus en vue: élu en 2013 meilleur entraîneur de l'athlétisme français, il fournit à l'élite de sa discipline la plupart de ses champions. À quelques jours du début des championnats d’Europe de Zurich, la nouvelle tombe très mal pour l’athlétisme français.
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