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Warholm bat son record d'Europe et passe un message

Warholm bat son record d'Europe et passe un message
Par AFP

Le 20/07/2019 à 17:53Mis à jour Le 20/07/2019 à 18:23

GRAND PRIX DE LONDRES - Un mois après avoir battu le record d'Europe du 400 m haies, Karsten Warholm a amélioré sa précédente marque ce samedi, à l'occasion du Grand Prix de Londres (47''12). Le Norvégien envoie ainsi un signal fort à ses concurrents, deux mois avant le début des Mondiaux de Doha.

On n'arrête plus Karsten Warholm. Le Norvégien a frappé très fort lors du meeting Ligue de diamant de Londres en pulvérisant son propre record d'Europe du 400 haies (47''12), un mois à peine après s'en être emparé, et a marqué son territoire dans l'optique des Mondiaux de Doha (27 septembre - 6 octobre).

A force de se focaliser sur les deux pépites de la discipline, le Qatari Abderrahman Samba (23 ans) et l'Américain Rai Benjamin (21 ans), détenteurs des 2e et 3e performances de tous les temps, on en avait presque oublié le Norvégien. Mais à mesure que la grande échéance de la saison approche, Warholm n'en finit pas d'envoyer des messages à ses rivaux, pour leur signifier qu'il faudra sérieusement compter avec lui.

Le 13 juin à Oslo, le Viking avait effacé des tablettes Stéphane Diagana pour s'emparer du meilleur temps continental (47''33), vieux de 24 ans. Sur les lieux de son sacre mondial de 2017, le Norvégien a encore fait mieux et a été tout simplement intouchable. Parti au couloir 7, son préféré, le coureur de 23 ans a surclassé tous ses adversaires, basculant en tête bien avant la mi-course, avant de terminer avec près de deux secondes d'avance sur le Turc Yasmani Copello (48''93). Impressionnant.

Le costaud et charismatique Warholm (1,87 m, 80 kg), également à l'aise sur 400 m plat dont il est co-recordman d'Europe en salle (45''05), en a profité pour s'installer en tête du bilan mondial en y délogeant Benjamin (47''16).

Record du monde en danger

"J'essaie toujours de surprendre mais en même temps, ce n'est pas évident, a-t-il déclaré après son exploit. Il faut beaucoup de travail, de dévouement et ça me coûte énormément pour sortir ces chronos extraordinaires. Ce n'était pas la course parfaite, je touche la 5e haie et je piétine la 10e, donc il y a encore de la marge. Je me sens vraiment bien, mais en même temps, il reste encore beaucoup de temps avant les Mondiaux."

Karsten Warholm beim Diamond-League-Meeting in London, 2019

Karsten Warholm beim Diamond-League-Meeting in London, 2019Getty Images

Avec Warholm, Samba (record personnel à 46''98) et Benjamin (47''02), le 400 m haies sort de plusieurs années de léthargie et l'affrontement entre les trois hommes risque d'être l'un des temps forts des prochains Championnats du monde. Avec, en ligne de mire pour ce trio de très gros calibre, le record du monde de l'Américain Kevin Young (46''78, établi en 1992). "Je ne sais pas où tout ça va me mener, a réagi Warholm, interrogé sur sa capacité à déloger Young. Le record du monde, ça fait peur mais c'est vrai que je m'en rapproche."

La prestation de Warholm a éclipsé les autres épreuves du meeting, qui globalement n'ont pas donné lieu à des performances spectaculaires, hormis le meilleur temps de l'année sur 100 m haies réussi par la Jamaïcaine Danielle Williams (12''32).

Amos et Echevarria blessés

Une semaine après un chrono époustouflant sur 800 m à Monaco (1'41''89), le 15e de tous les temps, le public londonien attendait beaucoup de Nijel Amos. Mais le Botswanais s'est blessé à la jambe droite et a dû stopper sa course au bout de 200 m. Evacué sur une chaise roulante, il s'est toutefois voulu optimiste pour la suite de la saison. "Il n'y a rien de sérieux", a-t-il lâché dans un sourire.

A la longueur, le duel entre Luvo Manyonga et Juan Miguel Echevarria, eux ausi à la poursuite du record du monde, propriété de Mike Powell depuis 1991 (8,95 m), n'a pas non plus eu lieu. Après avoir ressenti une douleur aux ischio-jambiers à l'échauffement, le prodige cubain (20 ans) a préféré ne pas prendre de risques dans l'optique des Mondiaux, laissant la voie libre au champion du monde sud-africain, vainqueur avec un bond à 8,37 m, son record de l'année.

Juan Miguel Echevarria au meeting de Stockholm

Juan Miguel Echevarria au meeting de StockholmGetty Images

Touché à la cheville à Rabat, le 16 juin, Manyonga s'est rassuré. "J'avais un peu peur et je me retenais pour commencer, a-t-il expliqué. Au début, j'avais besoin de tester ma cheville mais quand Tajay Gayle (2e, ndlr) a sauté 8,32 m, je me suis dit que la compétition pouvait commencer et je me suis concentré sur ma technique."

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