JO de Paris 2024 - Athlétisme : "Des sensations de folie" puis le Covid : où en est Cyréna Samba-Mayela ?

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Près de trente ans après la dernière médaille française dans la discipline, Cyréna Samba-Mayela s'avance avec ambition sur le 100m haies des JO de Paris 2024 dont elle est logiquement l'une des favorites. Championne d'Europe en juin, la Française ne cache pas ses rêves de médaille, malgré une préparation perturbée par le Covid.

Samba Mayela qualifiée pour la finale du 100m haies : "J'en ai encore dans les jambes"

Video credit: Eurosport

La France attend ça depuis tellement longtemps. Les haies, dans l'Hexagone, c'est une institution. C'est Guy Drut, champion d'Europe en 1974, champion olympique en 1976 sur 110m haies et deux fois tombeur du record du monde. C'est aussi Stéphane Caristan, champion d'Europe en 1986. C'est encore Ladji Doucouré, champion du monde 2005 à Helsinki. Mais les haies en France, c'est désormais Cyréna Samba-Mayela. À 23 ans, la Campinoise est devenue en 2024 une référence européenne et même mondiale. De quoi rêver en grand à Paris ? La Française préfère rester prudente.
Je ne pouvais pas prétendre à une médaille olympique en restant à 12''65…
"Je sens que j'ai passé un autre palier, mais qu'il y a pas mal de choses à corriger", disait-elle avant les championnats d'Europe de Rome, en juin. Mais les changements qu'elle s'est imposée ont déjà porté leurs fruits. En partant s'entraîner aux Etats-Unis à l'automne dernier, la Française a changé sa manière de s'entrainer, mais pas seulement. "Je me suis complètement rafraîchie, avouait-elle en juin. C'est la première fois que je vis autre part. De base, j'aime respecter un plan assez rigide. Or, en allant voir une autre manière de faire, une autre culture, en voyageant, ça m'a demandé beaucoup d'adaptation et permis aussi de m'ouvrir un peu plus. Tout ça se retranscrit aussi dans ma façon de courir. J'ai dû changer toute ma technique et ça marche bien". C'est le moins que l'on puisse dire.
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Cyrena Samba-Mayela championne d'Europe du 100m haies, à Rome, le 8 juin 2024

Crédit: Getty Images

C'est une nouvelle Samba-Mayela qui a décroché le titre européen à Rome, abaissant en quelques mois son record de 12''65 à 12''31. Un chrono qui change tout dans les ambitions, désormais légitimes, de la Tricolore. "Je savais que ça allait arriver, confiait-elle à Rome. C’était important dans le sens où je devais passer par là : je ne pouvais pas prétendre à une médaille olympique en restant à 12''65…" Depuis les JO de Sydney en 2000 ou le titre était revenue à la Kazakhe Olga Shishigina en 12''65, aucune hurdleuse médaillée aux JO n'avait réalisé plus de 12''64. À Tokyo, les trois athlètes étaient même en 12''55 ou moins. Des temps que la Française connait désormais. Comme l'expérience olympique.
12''31, je les ai déjà faits et que je peux très bien les refaire
Blessé à l'échauffement juste avant les séries aux JO 2021, Cyréna Samba-Mayela aurait pu sombrer de cette expérience gâchée. Elle s'est au contraire construite là-dessus "C’était une expérience qui m’a beaucoup blessée, mais qui, derrière, m’a donné de bons résultats, explique-t-elle. Ça m’a poussée à donner le meilleur de moi-même et à arriver sur d’autres compétitions en étant totalement préparée physiquement". Une préparation optimale qui ne sera pas totalement le cas à Paris. La faute à ce maudit Covid attrapé fin juin, juste après les championnats d'Europe. "Je me sentais incroyable, j'avais des sensations de folie et j'ai pu en profiter quelques semaines, avouait-elle. J'étais totalement motivée, et les entraînements se passaient de mieux en mieux, j'avais l'impression de vraiment ''crafter'' quelque chose, d'arriver au bout d'une oeuvre d'art ! Et voilà que j'ai eu le Covid…"
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Cyréna Samba-Mayela

Crédit: Getty Images

"C'était vraiment une descente aux enfers pour moi, surtout avec ce nouveau type de Covid, je ne l'avais jamais eu, on ne sait pas bien combien de temps ça dure, poursuivait-elle. J'ai connu une petite phase de down alors que toute l'année s'était super bien passée pour moi. Ça arrive, ça fait partie d'une préparation, ça ne peut jamais être totalement parfait, mais ça a été très dur, ça m'a beaucoup perturbée mentalement". Mais tout ça est derrière elle désormais. Bien aidée par son staff, la championne d'Europe 2024 est repartie à l'entrainement, a repris la compétition début juillet, sans s'affoler.
"Les 12''31, je les ai déjà faits et que je peux très bien les refaire, ce ne sont pas des choses qui disparaissent", assure-t-elle, confiante et impatiente de rentrer dans ses JO. "Je regarde les Jeux depuis le début et j'ai l'impression d'être un lion en cage, avouait la Tricolore au micro de Bein Sports début août. J'ai juste hâte de commencer". Une mise en route réussie avec une qualification pour les demi-finales. Mais la Campinoise ne se contentera pas d'une place en finale. Elle n'est pas là pour cela.

9 filles sous les 12''40

"Des Jeux réussis, ce serait clairement de ramener la médaille, expliquait-il. C'est ce pourquoi je m'entraîne depuis six ans". Mais la concurrence s'annonce rude dans une discipline d'une incroyable densité. De la recordwoman du monde nigérianne Tobi Amusan (12''12) à la championne olympique en titre Jasmine Camacho-Quinn (Cuba, 12''26) en passant par la Polonaise Pia Skryszowska, l'Américaine Masai Russell et la Néerlandaise Nadine Visser croisées en série, les Jamaïcaines Danielle Williams et Ackera Nugent ou encore l'Américaine Grace Stark, toutes valent moins de 12''40 et peuvent prétendre à une médaille, voire même à l'or. C'est dire si la tâche de Cyréna Samba-Mayela s'annonce difficile, et historique.
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Video credit: Eurosport

Car si les haies sont une discipline mythique en France, les médaillées françaises dans la discipline ne sont pas légions, avec les bronzes glanés par Michèle Chardonnet en 1984 et Patricia Girard-Léno en 1996. Mais la championne d'Europe aura avec elle un atout supplémentaire dans sa manche, celui de disputer ces JO à domicile. "Ça va être fou avec tout ce public qui est énorme et qui a surpris tout le monde à l'international", avouait-elle pour Bein Sport. Mais Cyréna Samba-Mayela a passé le temps de la surprise. L'heure est désormais à la consécration.

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