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Médaillé d'argent à Rio, le marathonien éthiopien Lilesa ne rentrera pas au pays

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Feyisa Lilesa sur la ligne d'arrivée du marathon

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ParAFP
23/08/2016 à 19:39 | Mis à jour 23/08/2016 à 19:40

JO RIO 2016 - Le marathonien ethiopien Feyisa Lilesa, qui avait passé la ligne d'arrivée du marathon de Rio en deuxième place et en faisant le signe des poings liés pour protester contre le régime en place en Ethiopie ne rentrera pas dans son pays selon son agent.

L'Ethiopien Feyisa Lilesa, médaillé d'argent du marathon des jeux Olympiques, ne rentrera pas en Ethiopie en dépit des assurances des autorités qu'il ne serait pas puni après ses critiques à l'encontre de la politique menée par le gouvernement, a estimé son agent mardi. "Je ne pense pas qu'il reviendra en Ethiopie. Il y a beaucoup de gens qui disent que ce ne serait pas bon pour lui", a confié à l'AFP son agent Federico Rosa.

Rosa qui vit en Italie et est l'agent de Lilesa depuis trois ans ne sait pas ce que prévoit le sportif dans l'immédiat, après un séjour à Rio à l'issue des Jeux Olympiques. "Je ne peux rien dire de certain car je ne lui ai pas parlé depuis une conversation très courte que nous avons eue juste après sa course", a-t-il expliqué alors que plusieurs médias évoquent une demande d'asile aux Etats-Unis.

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Dimanche, le marathonien avait franchi la ligne d'arrivée en deuxième position avec les bras croisés au-dessus de sa tête, comme s'ils étaient ligotés, un geste utilisé lors de récentes et importantes manifestations anti-gouvernementales violemment réprimées en Ethiopie. Il avait ensuite récidivé lors de la cérémonie de remise des médailles et déclaré en conférence de presse craindre un retour au pays après sa protestation "contre l'attitude du gouvernement à l'égard des Oromo", une des deux principales ethnies du pays dont il est issu. Lundi, le gouvernement avait assuré que Feyisa Lilesa ne serait pas inquiété pour ses prises de position.

Lilesa ne rentrera pas malgré la promesse du gouvernement

L'Ethiopie est actuellement en proie à un mouvement de contestation anti-gouvernementale sans précédent depuis une décennie, qui a commencé en région oromo (centre et ouest) au mois de novembre et qui s'est étendu depuis quelques semaines à la région amhara (nord). Ces deux ethnies représentent environ 60% de la population éthiopienne et contestent de plus en plus ouvertement ce qu'ils perçoivent comme une domination sans partage de la minorité des Tigréens, issus du nord du pays, qui occupent les postes-clés au sein du gouvernement et des forces de sécurité. La répression violente de ces manifestations, qui viennent dès lors remettre en cause le fonctionnement du fédéralisme ethnique, a déjà fait plusieurs centaines de morts depuis fin 2015, estiment des organisations de défense des droits de l'homme.

A Rio, Feyisa Lilesa avait affirmé avoir "des proches en prison au pays". "Si vous parlez de démocratie, ils vous tuent. Si je retourne en Ethiopie, peut-être qu'ils vont me tuer, ou me mettre en prison", avait-il ajouté. "C'est très dangereux dans mon pays. Peut-être que je devrais aller dans un autre. Je manifestais pour tous les gens qui ne sont pas libres".

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