Quand tu te replonges dans les Jeux Olympiques, qu’est-ce qui remonte à la surface ?
Valériane Ayayi Vukosavljevic : Je me dis que c’était dur. Tout était dur. C’était une année galère à cause du Covid déjà, puis il y a eu l’Euro à Valence où on perd en finale face à la Serbie. Ensuite, il a fallu se reconcentrer pour des Jeux à huis clos. C’était dur physiquement et mentalement. Ensuite, on perd contre le Japon d’entrée alors qu’on était favorite à la base. C’est compliqué de vivre cette expérience-là. Puis, on perd une nouvelle fois contre le Japon (en demi-finale, ndlr), c’est difficile aussi. Il a fallu repartir pour jouer la petite finale face à la Serbie, une équipe contre laquelle on a perdu un mois auparavant. Mais cette fois-ci on gagne. On l’a fait pour nous on l’a fait ensemble et ça, c’était bien.
Quelle coéquipière es-tu ?
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VAV : Je suis moi, j’ai toujours été bienveillante, attentionnée envers les autres, je suis l’aînée d’une famille de quatre enfants, j’ai six ans d’écart avec le premier de mes petits frères donc j’ai toujours été la grande sœur, un petit peu maman, qui devait s’occuper des plus jeunes. J’aime que tout le monde se sente bien et à l’aise, j’aime pouvoir partager, que ce soit de l’expérience ou peu importe, donc c’est un peu ça : un peu grande sœur, maman, copine, meilleure copine, c’est ça mon rôle.
Quel est ton rapport avec Valérie Garnier, l'ancienne sélectionneuse ?
VAV : Il est... (rires), il y a eu des hauts et des bas. C’est finalement la relation que l’on a avec des coaches. Il y a des coaches avec lesquels on aura que des hauts et d’autres avec lesquels on aura que des bas. Avec Valérie, on a eu des très bas, on a aussi eu quelques hauts. C’est une coach que je respecte énormément parce qu’elle a fait un travail incroyable avec cette équipe de France. Il a quand même fallu maintenir ce niveau international qu’on a eu. Ce n’est pas la coach avec laquelle j’ai eu le plus d’alchimie et c’est vrai que moi, pour pouvoir jouer et pour pouvoir m’exprimer, j’ai besoin d’avoir ce truc-là, de sentir que mon coach est derrière moi, de sentir que moi, je suis là pour mon coach et que je joue pour mon coach. Disons que ce sont des hauts et des bas.
Quel est ton coach rêvé ?
VAV : L’une des coaches avec lesquelles j’ai eu le plus ce sentiment d’attache, c’était Natalia Hejkova, ma coach à Prague. L’une voire la meilleure coach européenne. Elle m’a donné les clés de la maison, c’était un peu du genre : "Je sais ce que tu es capable de faire". C’est limite si elle ne m’a pas prouvé que j’étais capable de faire des choses que je ne soupçonnais pas et puis ça a été mes deux plus belles saisons, mes deux saisons à l’étranger. Mon souhait, ce serait de pouvoir rejouer pour elle. Je sais qu’elle veut prendre sa retraite mais de temps en temps, je lui écris en lui disant : "Si tu peux m’attendre !" Donc on rigole mais Natalia Hejkova pour moi, c’était vraiment la coach avec laquelle j’ai eu le plus ce truc-là, ce truc en plus sur le terrain. Elle m’a fait changer ma vision du basket et j’ai aussi grandi en tant que femme auprès d’elle. On a eu des discussions de femme à femme et pour moi ça a été très important. Elle a tellement d’expérience, elle a vu tellement de joueuses... J’ai énormément appris avec elle.
Que penses-tu de la nomination de Jean Aimée Toupane à la tête de l'équipe de France ?
VAV : C’était surprenant, et ça l’a été pour tout le monde. Nous les joueuses, on était dans l’attente de savoir qui serait notre prochain coach. On avait entendu de tout. Forcément, il y a des rumeurs, des soi-disant listes, la Fédération qui fait appel à des coaches étrangers, il y a des coaches qui prennent la parole, il s’est passé beaucoup de choses. Disons que ce n’est pas un nom qui était sorti de la bouche des joueuses. Mais finalement, on s’est dit : "De toute façon, il faut quelque chose qui surprenne, qui nous fasse bouger, qui nous remue un peu". C’est aussi une bonne option, après on verra sur les résultats, on verra comment ça se passe lors d’une compétition mais ça va amener de la nouveauté pour lui et pour nous. Si l’objectif commun est de gagner, moi je n’ai aucun soucis avec qui que ce soit.

Ayayi Vukosavljevic : "Toupane ? Il fallait quelqu'un qui nous remue un peu"

Est-ce que tu as eu peur de jouer enceinte durant les JO ? La décision a-t-elle été facile à prendre ?
VAV : J’avais déjà anticipé le fait qu’il était possible que je sois enceinte pendant les JO. Donc une fois que je suis tombée enceinte, je savais que j’avais un suivi médical et à tout moment, si on me disait : "Bon ben là, il va falloir arrêter parce que ça ne va pas", j’aurais arrêté. J’étais déterminée à aller au bout de ces JO, j’étais déterminée à faire toutes ces compétitions. Je ne me suis jamais posé la question. Après, c’est vrai qu’entre l’Euro et les JO, mon mari m’a demandé plus ou moins explicitement de ne pas faire les JO parce que ça avait été compliqué pour lui de suivre les matches. Il se rendait compte que moi je ne pensais pas du tout à la grossesse, il n’y avait rien qui changeait, j’allais chercher la faute donc ça, c’était très difficile. Il me disait : "Tu te mets devant des personnes, tu lèves les bras et tu ne te rends pas compte". Mais je lui disais : "C’est moi, c’est mon jeu". Je préférais ne pas y penser parce que c’est comme les blessures, on pense à ne pas se blesser et on sait ce qui arrive derrière. Donc moi j’étais très bien, je le vivais très bien donc on a eu quelques discussions forcément. Mais on a dû repousser ce projet de grossesse pour attendre les Jeux en 2021 donc pour moi, c’était hors de question que je ne fasse pas les Jeux si mon corps me le permettait et si la santé du bébé était bonne. Donc non, moi je n’ai pas eu peur.
Tu vas avoir besoin d’être épaulée. Je suppose que le but, en tout cas à cet instant T, c’est de reprendre la compétition dès que tu le pourras ?
VAV : C’est un projet que l’on avait depuis quelques années. Mais il n’a jamais été question d’arrêter le basket après ce projet-là. Ni pour monsieur ni pour moi. On sait où on veut aller. On cherche les personnes qui pourront m’accompagner après l’accouchement pour revenir parce que je sais que ce sera difficile parce que je sais qu’il y a du boulot. Mais il faut s’entourer des bonnes personnes et à partir du moment où j’ai son soutien à lui, tout est beaucoup plus simple. Je sais que je pourrai partir à l’entraînement l’esprit tranquille sans me demander s'il me suit. S’il faut partir sur une compétition internationale, je sais qu’il pourra partir avec moi. Je sais qu’il est prêt à ça. Ce n’est pas que mon projet. C’est notre projet de famille et de notre envie de construire cette famille. Il faut avoir les bonnes personnes autour de soi et je crois que c’est valable pour tout dans la vie. Être bien entourée, c’est la plus grosse partie de la réussite.
As-tu peur de ne plus avoir envie ?
VAV : Oui, oui. Complètement. Aussi parce que je n’ai jamais voulu être basketteuse professionnelle et quand ma carrière a commencé, j’ai toujours dit : "Moi de toute façon, à 27 ans, j’arrête !" Et aujourd’hui, j’ai 27 ans et je vais être maman. Alors oui, en effet, je pourrais très bien me dire que je n'ai pas envie d’y retourner, que je n’ai pas envie de laisser mon enfant, que je n’ai pas envie de souffrir à nouveau pendant les entraînements parce que je peux faire autre chose donc oui, j’y pense. Mais très vite, il y a ce côté "compétition", ce côté "équipe", et puis jusqu’ici, le basket, ça a été une grande partie de ma vie. Donc très vite, je me dis : "Je veux revenir". C’est un challenge aussi pour moi de prouver, de me prouver que je vais revenir au meilleur niveau. Alors oui, j’y pense mais c’est normal. La vie, elle est bien là. Je n’ai pas à me lever, à me préparer pour l'entraînement, revenir, manger, faire la sieste, repartir à l'entraînement. Je n’ai pas ce rythme-là, alors forcément je me dis : "C’est pas mal quand même !". J’en profite un maximum. C’est tellement rare dans une carrière. Mais quand le bébé sera là, je pense que j’aurai ce challenge en moi de revenir.

Ayayi Vukosavljevic : "Quand le bébé sera là, je pense que j’aurai ce challenge en moi de revenir"

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