La Ligue refuse d'engager le CSP Limoges dans les championnats professionnels

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La LNB a annoncé mardi qu'elle refusait d'engager le Limoges CSP, en grande difficulté financière, dans les championnats professionnels pour la saison prochaine. Le club limougeaud, auditionné une nouvelle fois mardi par le gendarme financier de la Ligue, dispose d'un délai de huit jours pour "déposer un recours grâcieux" auprès de ce dernier "en apportant de nouveaux éléments tangibles".

Lucas Ugolin avec le CSP Limoges en 2024

Crédit: Imago

La sanction est tombée pour Limoges, en grande difficulté financière : la Ligue nationale de basket (LNB) a refusé mardi d'engager le CSP, onze fois champion de France, dans les championnats professionnels la saison prochaine. "La DNCCG (Direction nationale du conseil et du contrôle de gestion), réunie formellement et à l'unanimité de ses membres, décide de ne pas engager le club de Limoges CSP ni en Betclic Élite, ni en ProB", déclare dans un communiqué la LNB, précisant qu'il a "huit jours ouvrables pour déposer un recours gracieux (...) en apportant de nouveaux éléments tangibles".
Cette décision était redoutée par les supporters du club - sacré champion d'Europe en 1993 - depuis la décision de la propriétaire, Céline Forte, de rejeter le projet de reprise de Lionel Peluhet, un cadre d'Intermarché prêt à injecter 1,2 million d'euros de sa poche. Le président de la DNCCG, Patrick Hianasy, avait jugé le 16 mai que "la solution Lionel Peluhet", soutenue par les collectivités locales en froid avec l'équipe dirigeante en place, était "la seule" pour reprendre les destinées du CSP. Il avait ajouté que ce projet était "crédible" et avait accordé un délai supplémentaire pour que l'affaire puisse se conclure ce mardi.
Le CSP avait déjà connu un dépôt de bilan il y a 20 ans après une relégation administrative en Pro B, en 2000, à la suite de dérives en matière de gestion. Revenu lentement au premier plan pour reconquérir ses deux derniers titres de champion de France en 2014 et 2015, le club est devenu l'objet de conflits de personnes et de gouvernance depuis le décès, en 2017, de son ancien président Frédéric Forte, l'époux de Céline Forte.

Président démissionnaire

La décision de ne pas réengager Limoges en Élite est la conséquence du "non-respect des engagements pris lors de l'audition du 2 avril 2024", de la "récurrence" de "l'insincérité" du club dans ses hypothèses budgétaires, mais aussi de "retards avérés de paiements des dettes fournisseurs, des dettes fiscales et sociales", explique la DNCCG. Ces difficultés financières avaient déjà poussé le Conseil supérieur de gestion à sanctionner le club, mi-novembre, d'un retrait de trois victoires au classement du championnat pour "manque de sincérité de ses comptes", sanction ramenée en appel à deux victoires. Malgré cela, il avait acquis son maintien sur les parquets en terminant 13e de la saison régulière.
Sommée par la DNCCG depuis plusieurs mois d'ouvrir le capital du club, Céline Forte a joué la montre en promettant l'arrivée prochaine, mais toujours repoussée, de nouveaux partenaires pour combler un déficit annuel d'un million d'euros, et en faisant fi des ultimatums fixés par la DNCCG. Lundi, au moment où le président du directoire Didier Jamot, partisan du projet Peluhet, a jeté l'éponge et démissionné, le compte X (ex-Twitter) du club a changé son appellation en un énigmatique "Limoges CSP by FF" (référence à Frédéric Forte), alimentant la rumeur de l'arrivée d'un "naming". Ce mardi, Céline Forte, accompagnée de son directeur commercial et gendre Guillaume Lanave, a été auditionnée par l'instance pour s'expliquer... sans parvenir à convaincre.
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