Betclic Elite - Playoffs - Plus d'argent, plus de joueurs, le MVP en grève : mais que se passe-t-il à Monaco avant le début des quarts de finale ?
Par Paul Citron
Publié 24/05/2026 à 23:47 GMT+2
Bien malin qui prédira la fin de saison de l'AS Monaco, qui lance ce lundi soir (21h) contre Bourg-en-Bresse en quarts de finale sa campagne de playoffs en Betclic Elite. Leaders depuis la 11e journée, les Monégasques ont perdu leur trône contre Boulazac au dernier match – le MVP Élie Okobo faisait grève –, rattrapés par une situation financière alarmante qui a déteint sur les performances.
Elie Okobo en 2025-2026 avec Monaco.
Crédit: Imago
Vendredi, l'arrière de l'AS Monaco Elie Okobo a été élu MVP de Betclic Élite en 2025-2026 par ses pairs. Cela faisait pourtant un moment que ceux-ci ne l'avaient plus vu sur un parquet, et pour cause : le meilleur joueur de la saison était en grève. Parce que le club ne lui a toujours pas payé un arriéré de salaire courant sur plusieurs mois, Okobo a décidé de ne pas disputer les deux dernières rencontres de la saison, à Paris et Boulazac.
Le cas du Français résume bien la situation de la Roca Team. Implacable quand elle a les moyens de s'exprimer sur le parquet, elle reste tributaire du chaos dans les comptes. Dès le début de la saison, les doutes ont germé autour de la situation financière du club et se sont vite transformés en sanction. Au début du mois de novembre, la Ligue nationale de basket a retiré une victoire au bilan monégasque pour n'avoir pas payé la "luxury tax", imposée aux clubs dont la masse salariale est trop élevée au regard de leur budget global.
Au Prince de s'en mêler
Ce premier avertissement s'est rapidement transformé en alerte rouge. L'actionnaire majoritaire du club, le Hongrois d'origine russe Alexej Fedoryscev, n'était plus en mesure de payer les joueurs puisque la majorité de ses activités basées en Ukraine, ont été freinées, et la trésorerie gelée, à cause de la guerre menée par la Russie. L’Équipe et les médias locaux parlent de millions de dettes, qui s'accumulent. Les joueurs menacent d'arrêter de jouer, sans passer le pas.
L'affaire est si grave que la Principauté vient à la rescousse du club pour lui permettre de tenir jusqu'à la fin de la saison. "C'est une situation qui me préoccupe beaucoup mais on va tout faire pour que les joueurs soient bien traités et surtout qu'on puisse finir la saison", pose Albert II en février, tandis que les salaires de décembre et janvier n'ont pas encore été versés. C'est sur cette base que la Roca Team a avancé, semaine après semaine, jusqu'au début de ces playoffs. L'étude des comptes du club a été dernièrement fixée au 12 juin par le tribunal de première instance de Monaco ; en attendant, la Principauté tente d'échafauder un plan de reprise.
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Alexej Fedoryscev (à gauche) et le Prince Albert II de Monaco (à droite) lors d'un match de la Roca Team, en décembre 2025.
Crédit: Getty Images
La crise de James, les blessures des autres
On en oublierait presque que pendant tout ce temps, les matches ont continué pour Matthew Strazel et ses coéquipiers. Même sans salaires, même au bord du boycott, ils ont d'ailleurs continué à être compétitifs. Après avoir remporté la Supercoupe en début de saison, ils se sont imposés en Leaders Cup en février, puis en coupe de France au mois d'avril. Avant que les galères sportives ne viennent s'ajouter aux galères financières.
En quelques semaines, l'effectif cinq étoiles de l'ASM a perdu star sur star. Daniel Theis, Alpha Diallo et Nikola Mirotic, trois des cadres du groupe, se sont blessés. Mike James s'y est pris autrement : le meneur monégasque a écopé de trois matches de suspension à la mi-avril pour avoir contesté avec véhémence un passage en force contre l'Asvel – et pour avoir accusé ensuite sur X les arbitres de "tricher", dans un post publié alors que la rencontre n'était pas terminée.
James manquera donc le premier match de ces playoffs lundi soir contre Bourg-en-Bresse. Le gréviste Okobo devrait lui faire son retour pour aider un effectif décimé, qui a aligné seulement cinq joueurs professionnels dont un seul arrière contre Boulazac. Finalistes contre Paris l'an passé, qui les a doublés après ce dernier match pour finir à la première place de la saison régulière, les Monégasques sont tout à fait en mesure de réaliser un quadruplé Supercoupe-Leaders Cup-coupe de France-Championnat inédit dans le basket français. Il faut simplement que ses joueurs soient disponibles, et qu'ils ne pensent qu'à jouer. Mais est-ce encore possible ?
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