Tony Parker et l'ASVEL, du rêve au cauchemar en un été
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 30/07/2026 à 20:41 GMT+2
Alors que l'ASVEL semblait partie pour changer de dimension avec un budget record, Tony Parker et la formation rhodanienne tombent de haut. Pour ses débuts sur un banc professionnel, TP a été contraint de revoir ses ambitions à la baisse de manière drastique. Au point que certains quittent déjà le navire à l'image de Sylvain Francisco alors que Vincent Collet n'est lui plus certain de venir.
Tony Parker
Crédit: Getty Images
C'était le grand virage. Le projet alléchant de cette nouvelle saison. L'Europe du basket était bluffée : Tony Parker avait réussi un coup de maître. Alors qu'il a choisi de faire le grand saut en s'installant lui-même sur le banc de l'ASVEL tout en conservant ses fonctions d'actionnaire et de président, l'ex-meneur des San Antonio Spurs, 44 ans, avait placé le club rhodanien dans une autre sphère. Et pour le coup, ce n'est pas lié à sa nomination sur le banc. Mais à ses relations.
Grâce à l'arrivée de nouveaux actionnaires qui devaient injecter 20 millions d'euros, l'ASVEL s'enorgueillait de voir son budget bondir pour atteindre 59 millions d'euros (contre près de 19 millions la saison passée) ! Un montant jamais atteint dans l'histoire du basket tricolore. De quoi replacer le club sur le devant de la scène après n'avoir remporté aucun titre ces trois dernières années. Et le replacer dans la lumière dans le contexte de la future NBA Europe, que TP rêve de rejoindre.
Un début d'été de rêve…
Selon le site de référence Basketnews, l'ASVEL voulait même allouer plus de 20 millions d’euros de son budget aux salaires de ses futurs joueurs et de son staff. Ironique quand on sait que le club a été sanctionné d'une amende de 25 000 euros cette année par l'Euroligue car les salaires des joueurs villeurbannais n'atteignaient pas la masse salariale plancher requise par l'Euroligue (5,8 millions d'euros)…
Entre les recrues de référence (Sylvain Francisco, Nick Weiler-Babb, Armoni Brooks, Both Gach ou encore Daniel Theis selon Parker), des rumeurs prometteuses et un staff élargi de neuf personnes digne de la NBA, qui comprenait l'ancien sélectionneur en équipe de France Vincent Collet, il y avait de quoi saliver sur les bords du Rhône. Tout semblait bien parti pour que "Coach Parker" présente un effectif taillé pour lutter dans les hauteurs de l'Euroligue, après avoir terminé à la dernière place la saison précédente. Mais en quelques semaines, les supporters rhodaniens sont passés du rêve au cauchemar.
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Vincent Collet et Tony Parker aux JO de Paris 2024.
Crédit: Getty Images
Francisco file au Pana sans avoir joué un match, Collet a des doutes
Après la défection d'un partenaire asiatique qui n'a pas convaincu la DNCG avec ses promesses, l'ASVEL a dû revoir ses ambitions à la baisse. De manière brutale. Le budget est passé à 24 millions d'euros. Et le club aux 21 titres de champion de France a dû se résoudre à réduire la voilure. Ce mercredi, Sylvain Francisco, la recrue phare de l'été, a ainsi été transféré… au Panathinaïkos. Sans avoir joué le moindre match avec l'ASVEL. Nommé dans la All-Euroleague First Team la saison dernière après avoir brillé avec Zalgiris Kaunas (16.5 pts, 6.5 pds), l'international tricolore et son contrat onéreux étaient devenus trop lourds pour la formation tricolore. Et son départ fait mal. En termes d'image et de messages envoyés.
Dans la soirée de jeudi, Tony Parker est sorti du bois pour rassurer tout le monde. "C’est un point d’étape difficile que nous vivons, mais je tiens à rappeler nos perspectives nationales et européennes. Ce retard ne remet donc pas en cause notre projet, il en est une étape supplémentaire", a-t-il tenté d'expliquer dans un communiqué, dans une pirouette assez remarquable. Le propriétaire et entraîneur de la franchise villeurbanaise a tout de même annoncé un "impact immédiat sur (la) masse salariale en début de saison".
Le souci, c'est que ce n'est peut-être pas fini. L'Equipe annonce ce jeudi que d'autres recrues pourraient suivre le mouvement alors qu'ils ont signé pour des deals lucratifs. Pis encore, la venue de Vincent Collet serait aussi incertaine. "Il m'a demandé un peu de temps", avoue dans le quotidien sportif Tony Parker, qui confirme des "choix à faire" dans l'effectif. La désillusion doit être violente pour TP, qui imaginait évidemment un tout autre projet au moment de se lancer dans le coaching. Et elle est terriblement frustrante pour les amoureux de l'ASVEL, qui vivent un été en mode montagnes russes.
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