Victor Wembanyama - Rudy Gobert, tour à tour
Eurosport sur GoogleVictor Wembanyama et Rudy Gobert peuvent-ils former une redoutable raquette en équipe de France ? La question se pose, s'est déjà posée et se posera sans doute encore. Mais le double duel face à la Serbie, avant un match de qualification au Mondial 2027 jeudi à Paris face à la Slovénie, n'a pas donné de crédit à ce binôme. La tendance est au chacun son tour, plutôt qu'aux deux tours ensemble.
Victor Wembanyama et Rudy Gobert, victorieux face à la Serbie le 23 août 2026
Crédit: Getty Images
Attention, parquet glissant. Interrogé sur son positionnement au poste 5, après la victoire des Bleus dimanche face à la Serbie à Orléans (91-90), Victor Wembanyama a admis qu'il y était "un peu plus à l'aise." Lors de la défaite française trois jours plus tôt à Belgrade (90-87), il avait débuté en 4, du fait de la titularisation de Rudy Gobert à ses côtés. La suite de la réponse du néo-capitaine, brouillonne, a éludé tout problème de complémentarité entre les deux intérieurs.
"On est une équipe, on ne se connaît pas encore super bien, tous. C'est important de commencer par les bases et je pense qu'on a fait un pas en avant", a commenté "Wemby" en zone mixte, pour expliquer cette amélioration. Toujours est-il que le travail, ou non, autour de l'association Wembanyama-Gobert était l'un des enjeux tactiques de la double confrontation avec les Serbes de Nikola Jokic, visant à préparer les deux matches de qualification à la Coupe du monde prévus cette semaine.
Associer deux des meilleurs défenseurs du monde peut être une force qu'aucune autre équipe au monde n'a
En Serbie, le sélectionneur Frédéric Fauthoux a donc (ponctuellement) aligné ses deux tours dans la raquette, pour un résultat peu probant, avec notamment deux tentatives infructueuses de "alley-oop", avec la star des Spurs à la passe. Statistiquement, cela a donné un contraste, au cœur de la partie : l'entame du deuxième quart-temps des Bleus, avec l'"Alien" assisté d'Amine Noua en ailier fort, s'est soldée par un joli run (17-10 en cinq minutes). Le début de troisième quart, avec le retour du duo "Wemby-Gobzilla" a donné un 14-5 pour les Serbes.
"Cela peut être inconfortable, a admis Rudy Gobert samedi. Victor n'a pas beaucoup joué avec un poste 5 à ses côtés, mais la récompense à la fin peut être incroyable." Le quadruple DPOY de la NBA (meilleur défenseur de l'année en 2018, 2019, 2021, 2024) prêche pour sa paroisse et demande du temps : "Associer deux des meilleurs défenseurs du monde peut être une force qu'aucune autre équipe au monde n'a. Mais ça ne se fait pas en une nuit." Son acolyte – quant à lui DPOY en titre – abonde, évoquant "un potentiel énorme", déjà expérimenté lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.
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Interception sur Wemby et poster sur Gobert : Maozinha et le Brésil maltraitent les Bleus
Video credit: Eurosport
Ne pas en faire l'alpha et l'oméga
"Je pense que cette combinaison d'intérieurs peut marcher… mais peut-être pas contre toutes les équipes. On a essayé d'autres choses, on se doit aussi de le faire", justifie Fauthoux après ce qui pourrait ressembler à un rétropédalage, alors que Wembanyama a été plus performant dimanche (18 points à 5/11) que jeudi (10 points à 3/8), dans un rôle plus classique pour lui. Gobert aussi, y a trouvé son compte, en "back up", via un bon passage dans le quatrième quart, où sa connexion avec Sylvain Francisco a été intéressante.
L'impression de Frédéric Weiss, interrogé par nos confrères de L'Equipe avant les deux rencontres en question, en sort renforcée. Ce binôme est "à utiliser avec parcimonie, difficilement au-delà de quelques minutes consécutives", d'après l'ancien pivot de l'équipe de France. "Mais si on veut empêcher un joueur adverse de briller, c'est un atout, ajoute-t-il. Peut-être même avec une défense de zone 3-2, où les extérieurs mettent beaucoup de pression et, derrière, on a la muraille de Chine."
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Victor Wembanyama face à la Serbie - 20/08/2026
Crédit: Getty Images
Un piège pour Wembanyama
Le problème étant de jongler entre l'envie de construire un système pérenne polarisé par le phénomène Wembanyama et la nécessité d'y injecter quelques zestes de cette association, dans l'espoir qu'elle puisse un jour ressembler à une arme fatale lors d'une courte séquence. La force du géant de 22 ans (2,24m) peut aussi être sa faiblesse, ce qui complexifie la situation. Sa dextérité, sa mobilité et sa volonté affichée d'être une sorte de joueur ultime peuvent le pousser à abuser du tir extérieur, à perdre de son influence dans la peinture. Par le prisme de cet écueil, lui demander de cohabiter avec Gobert est un pousse-au-crime.
Et dire que Maxime Raynaud, vu à l'œuvre contre la Serbie, ou autre Alex Sarr sont à mentionner, dans le feuilleton de la constitution de la raquette tricolore. Prochain épisode jeudi à 20h30 à l'Accor Arena (Paris), face à la Slovénie (sans Luka Doncic), avant un déplacement en Suède dimanche. Deux étapes sur la route du Mondial 2027 au Qatar, où cette pléthore d'intérieurs de talent pourrait être l'argument n°1 de la France.
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Wembanyama : "Je n'étais pas prêt à gagner"
Video credit: Eurosport
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