Euro basket 2025 - De la meilleure raquette d'Europe aux doutes : comment l'équipe de France a perdu ses certitudes
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 19/08/2025 à 13:46 GMT+2
Aux Jeux Olympiques de Paris l'été dernier, l'équipe de France se présentait avec un quatuor Wembanyama-Gobert-Lessort-Yabusele pour animer sa raquette. Un an plus tard, seul le dernier nommé est présent dans le groupe pour défendre les couleurs des Bleus à l'Euro 2025. Le nouveau sélectionneur Frédéric Fauthoux a dû composer avec les absences et les forfaits, et une pénurie de géants.
L'équipe de France de basket avant un match amical de préparation à l'Euro 2025 face à l'Espagne, le 16 août 2025
Crédit: Getty Images
C'est un refus dont Moussa Diabaté risque de subir les conséquences pendant un petit moment. L'intérieur des Charlotte Hornets, appelé dans le groupe élargi pour préparer l'Euro 2025 avant de faire partie de la première vague de remerciés, a préféré décliner quand le sélectionneur Frédéric Fauthoux lui a proposé de réintégrer le groupe pour pallier la blessure de Vincent Poirier. "C'est son choix, celui de son entourage. Ça n'aurait pas été le mien" a fustigé, amer, le coach des Bleus pour L’Équipe ce dimanche.
S'il est aussi acerbe, c'est en partie parce que ce n'est pas la première fois que Diabaté se défile devant un appel de l'équipe de France – il avait déjà refusé d'être partenaire d'entraînement avant les Jeux Olympiques l'été dernier. Mais aussi parce qu'il sait son secteur intérieur dépouillé, et que la présence du pivot l'aurait grandement rassuré. Tant pis, les Bleus se contenteront de quatre intérieurs de métier pour aller disputer la phase de groupe de l'Euro à Riga. Et, sans leur faire offense, pas les plus attendus d'entre eux. Du quatuor de Paris 2024, seul Guerschon Yabusele est encore présent dans le groupe. Exit Victor Wembanyama et Mathias Lessort, qui récupèrent d'une blessure, mais aussi Rudy Gobert, qui a décliné.
Déficit de centimètres
Les Bleus s'appuieront donc sur les jeunes Alexandre Sarr et Jaylen Hoard, et l'habitué des matches de qualifications Mouhammadou Jaiteh. Des joueurs solides, mais qui ne permettent plus vraiment à la France de pouvoir se targuer d'afficher la meilleure raquette d'Europe. Ni même la plus armée en matière de centimètres. Après avoir perdu Vincent Poirier sur blessure ce week-end, Frédéric Fauthoux ne peut plus compter que sur un seul profil de plus de 2m10 dans son effectif : Alexandre Sarr (2m13). Pendant ce temps, les Serbes, favoris de cet Euro 2025, disposaient de cinq joueurs dépassant cette marque lors de leur victoire en préparation face à l'Allemagne ce samedi. Il semble bien loin, donc, cet été 2024 où la raquette était l'arme de dissuasion de l'équipe de France.
Même si la sauce n'avait jamais vraiment pris entre Victor Wembanyama et Rudy Gobert, la possibilité de voir l'un remplacé par l'autre offrait beaucoup de certitudes. Pour sa première grande compétition internationale à la tête des Bleus, Frédéric Fauthoux en aura beaucoup moins. Parce que les blessures lui ont joué des tours, et ont été bien plus nombreuses que l'été dernier. Parce que, aussi, le Championnat d'Europe est bien moins sexy que les Jeux Olympiques. Et que pour des joueurs comme Rudy Gobert ou Moussa Diabaté, attendus au tournant – pour des raisons différentes – par leur franchise NBA, le choix est bien moins difficile à faire.
"Ils (les Minnesota Timberwolves, ndlr) seraient contents, ils investissent beaucoup sur moi, donc si on leur demandait, je ne doute pas de leur choix" avait admis Rudy Gobert à L’Équipe, évoquant sa franchise. Moussa Diabaté a également invoqué l'excuse de se concentrer sur sa saison en club au moment de justifier son refus de revenir. Il n'y aura donc absolument aucune marge de manœuvre pour les Bleus dans le secteur intérieur à partir de maintenant. Toute blessure, ou méforme, sera très difficile à compenser au poste 5. Et, même si ce n'est pas inimaginable, faire glisser Timothé Luwawu-Cabarrot ou Zaccharie Risacher au poste 4 ne parait pas optimal. Pour se rassurer, les Bleus peuvent se dire que, même en Europe, le "small ball' est de plus en plus à la mode. Mais il l'est quand il relève de la tactique du coach, pas d'un choix par défaut.
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