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Donovan reste "prudente"
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Publié 17/09/2006 à 07:06 GMT+2
Les Américaines ont beau être championnes du monde et olympiques en titre, leur entraîneur Anne Donovan affirme que le titre n'est pas encore acquis. Pour cette ancienne figure de la sélection US, si l'optimisme est de rigueur, il faut se méfier des natio
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ANNE DONOVAN, quelle équipe est selon vous en mesure de vous battre sur ce Mondial ?
A.D. : Aucune, je l'espère ! Mais je pense que les Russes vont s'améliorer au fur et à mesure. Elles ont commencé doucement, comme à leur habitude. L'Australie va être très bonne, la République tchèque va s'améliorer, sans oublier la France qui a surpris tout le monde en jouant de cette manière si tôt.
Est-ce difficile d'assumer la pression d'un statut de favori ?
A.D. : Tout le monde s'attend à ce que l'on gagne systématiquement. Mais l'important est que nos joueuses ne pensent pas qu'elles n'ont qu'à venir sur une compétition pour gagner. Elles connaissent la valeur des autres nations. Si elles pensaient qu'elles n'avaient qu'à venir au Brésil pour décrocher la médaille d'or, on aurait des problèmes. Mais parce qu'elles comprennent qu'il faut bien jouer pour continuer à gagner, cela remet les choses à leur juste valeur.
Comment s'est déroulée votre préparation ?
A.D. : Nous avons passé six semaines ensemble au printemps mais pas avec cette équipe, qui n'a jamais été réunie avant le premier match. Pendant ces six semaines, Katie Smith a joué tous les jours, comme Alana Beard. Cela prouve encore une fois à quel point les femmes sont investies dans le projet. Elles savent que c'est l'entraînement qui va nous permettre de continuer à avancer.
Comment vous adaptez-vous au style de jeu européen ?
A.D. : La plupart de nos joueuses évoluent en Europe, elles connaissent bien les Russes ou les meilleures Françaises, il y a un respect sain pour le reste du monde. Les hommes n'ont pas cette opportunité (de se confronter au jeu européen) avant de venir aux Championnats du monde ou aux jeux Olympiques.
Que pensez-vous du jeu européen ?
A.D. : Je suis une grande fan. Cela donne l'opportunité aux joueuses américaines de jouer dans des championnats très compétitifs. Ça leur ouvre l'esprit, elles découvrent d'autres cultures. D'un point de vue sportif, je trouve le jeu européen fantastique, les championnats sont hautement compétitifs. La ligue française est une des plus fortes, la russe également. Cela permet à nos basketteuses de se confronter à des joueuses et des systèmes différents. C'est un avantage qu'ont les femmes sur les hommes car eux ne sont pas exposés aux règles internationales, à un style de jeu international.
Pensez-vous que l'écart de niveau s'amoindrit entre basket féminin américain et européen ?
A.D. : Tout à fait. Si vous observez les derniers Championnats du monde ou jeux Olympiques, vous vous rendrez compte qu'ils sont très proches. La Russie est bien présente, l'Australie également. La République tchèque continue à travailler pour revenir au plus haut niveau. La France a montré à quel point elle était compétitive alors que les gens ne l'attendaient pas forcément. Le fait d'avoir conscience que tout le monde est là, juste derrière, nous aide. Rien n'est acquis.
Le profil de votre équipe est-il changé par l'absence de Lisa Leslie ?
A.D. : Forcément. Les tailles sont plus petites, nous essayons d'utiliser notre rapidité plus que par le passé. Et puis nous avons de jeunes joueuses super, Candace Parker, Cheryl Ford et Michelle Snow qui nous donnent un peu plus de taille sur le poste bas. Nous avons la possibilité maintenant de travailler différents styles avec ces douze joueuses et j'aime cette flexibilité. Ça nous donne un nouveau territoire à explorer. Cela fait quatorze ans que cette équipe joue avec Lisa Leslie, alors nous tentons tous une nouvelle expérience. Jusqu'ici je pense qu'on s'en est bien sorti.
Quel est le moteur des basketteuses américaines ?
A.D. : Elles sont très fières de défendre les couleurs rouge-blanc-bleu (du drapeau américain), de continuer à le faire tous les deux ou quatre ans. Les hommes n'ont pas cette même continuité. Ils gagnent une fois, voilà, c'est super, et puis fin de l'histoire.
Vous êtes une ancienne internationale, maintenant sélectionneur, y a-t-il un lien indéfectible entre vous et cette équipe ?
A.D. : Ouvrez-moi les veines du poignet, vous verrez que du sang rouge-blanc-bleu en jaillira. J'aime ça, représenter notre pays. J'ai commencé à le faire depuis l'âge de 15 ans en tant que joueuse, rien ne pourrait me donner la même sensation. Je pense que c'est la même chose pour les joueuses. C'est pour cela qu'il y en a tant qui reviennent comme Sheryl Swoopes, Tamika Catchings, Sue Bird. Elles continuent parce qu'elles ont une véritable passion. C'est comme Sauret (capitaine de l'équipe de France). Depuis quand joue-t-elle pour la France ? Dix ans peut-être, et bien c'est la même chose. Ce sont des joueuses passionnées et je pense que cette passion profite à tout leur entourage.
Peut-on déjà parler de "Dream team", d'équipe de rêve, pour désigner votre groupe ?
A.D. : Cette équipe est si jeune, si nouvelle, c'est trop tôt pour nous donner cette étiquette. Si nous gagnons la médaille d'or, alors peut-être. Mais en attendant je pense que nous sommes toujours en construction.
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