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La quête de Ginobili
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Publié 01/09/2006 à 10:00 GMT+2
Dans un match qui sent bon la poudre, Manu Ginobili et l'Argentine affrontent l'Espagne de Pau Gasol vendredi en demi-finale du Mondial. Impérial depuis l'ouverture de la compétition, "El Manu" a pour ambition de faire oublier la défaite en finale il y a
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L'homme est un phénomène. Un oiseau rare. A part, Manu Ginobili l'est déjà, mais s'il parvient, d'abord, en demi-finale contre l'Espagne puis dimanche, en finale, à remporter le titre mondial avec l'Argentine, il deviendra unique dans l'histoire de basket-ball. Sacré champion olympique avec l'Argentine en 2004, "El Manu" est en mission au Japon, à l'heure de rencontrer Pau Gasol et sa bande vendredi en demi-finales. Comme tous ses coéquipiers, il veut effacer définitivement la tragédie du Mondial 2002, où cette génération dorée s'était inclinée de justesse contre les Serbes en finale après une décision d'arbitrage plus que litigieuse. Un souvenir pas totalement oublié par l'intéressé...
"Nous sommes une bande de copains qui sommes ici dans un seul but, gagner le titre", annonce l'ailier funambule, un des joueurs les plus spectaculaires de la planète. Ginobili s'en défend, mais pour lui il s'agit également d'une quête personnelle, puisqu'en cas de victoire il deviendrait le premier joueur à remporter à la fois les deux principaux trophées internationaux et les deux principales compétitions en club. Outre sa médaille d'or aux JO 2004, il est en effet double champion NBA (2003 et 2005) avec les San Antonio Spurs et a remporté en 2001 l'Euroligue avec la Virtus Bologne.
El Manu, l'anti-égoïste
Lui, l'équipier modèle, ne s'étendra pas sur la question, préférant mettre en avant l'effort collectif, ce qui n'étonne pas le sélectionneur argentin Sergio Hernandez. "Manu, c'est l'anti-égoïste par excellence, dit-il. Lorsque je le rappelle sur le banc parce que ça se passe bien pour nous, il est content d'offrir son temps de jeu aux autres. Il n'a aucun ego et tout ce qui l'intéresse c'est le succès de l'équipe." Cela s'est vu dans ce Mondial, où Ginobili est certes le meilleur marqueur argentin (15 points), mais seulement le quatrième temps de jeu (21,7 minutes) d'une équipe, il est vrai, jamais poussée dans ses retranchements.
La seule fois qu'il est resté plus de trente minutes sur le parquet, il a marqué 25 points, pour battre la France lors du premier match du tournoi. "C'est un luxe de pouvoir jouer moins et de rester frais pour les matches suivants, parce que tu ne sais jamais comment ceux-ci peuvent se dérouler", commente Ginobili, qu'on verra sans doute plus longtemps vendredi face à l'Espagne. Car, à 29 ans, ce gaucher contorsionniste est sans doute au sommet de son art, même s'il sort d'une saison perturbée par les blessures.
Rigaudeau apprécie
Son ancien coéquipier à Bologne et ex-capitaine de l'équipe de France Antoine Rigaudeau l'a beaucoup observé au Japon et estime qu'il "a plus de maturité et de confiance en lui aujourd'hui. Il fait des choses qu'il est le seul à faire au monde." "Lorsqu'il est arrivé à Bologne, on voyait déjà qu'il avait beaucoup de talent , ajoute Rigaudeau. Il avait tout pour réussir, la vitesse, l'adresse et la volonté d'être un leader à son poste. Je ne suis pas surpris de le voir là où il est aujourd'hui." "Il peut changer le cours du match à lui tout seul, de par sa création et son adresse, souligne Rigaudeau.
"Il est pratiquement impossible de défendre sur lui en un contre un. On peut peut-être le stopper collectivement, mais la grande chance de l'Argentine, c'est qu'il n'est pas tout seul." C'est ce que dit également l'Espagnol Juan Carlos Navarro, adversaire de Ginobili vendredi. "Il est sans doute leur joueur le plus important mais n'oublions pas les autres, c'est une équipe très complète où il n'y a que de bons joueurs." Andres Nocioni notamment. C'est exactement ce que Ginobili répète à longueur de journée.
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