L'histoire continue

A seulement 21 ans, Tony Parker a déjà accompli le rêve de sa vie : remporter le titre NBA avec San Antonio. Retour sur la progression fulgurante du Français, passé en six ans du championnat de France cadets aux Finales NBA et désormais considéré comme l'

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Merci papa, merci maman
Né en 1982 à Bruges en Belgique, Tony Parker aurait pu ne jamais être Français. D'un père américain et d'une mère néerlandaise, ça n'est en effet qu'à l'âge de 15 ans qu'il opte pour la nationalité française. Durant tout ce temps, il suit son père, basketteur professionnel, en Belgique, aux Pays-Bas puis en France de Gravelines à Rouen en passant par Denain. Rapidement, comme ses frères Terrence et Pierre, Tony est atteint par le virus. A 9 ans, il laisse tomber son premier amour, le football où il joue avant-centre, et se met sérieusement au basket. A l'époque, il rêve déjà de NBA et suis les exploits des Chicago Bulls de Jordan. Dès lors, son père jouera un rôle de conseiller auprès du petit Tony chez qui on décèle rapidement l'immense potentiel. De sa mère, aujourd'hui naturopathe, il a conservé des règles de vie qui lui permettent aujourd'hui de digérer le haut niveau.
Estampillé "Made in France"
Dès qu'il pose les mains sur la balle orange, tout s'accélère rapidement. Durant, toute sa carrière, Tony Parker aura été surclassé, expliquant ainsi son explosion fulgurante. Elu MVP du tournoi minimes de Salbris (1997), il est repéré par Lucien Legrand et intègre l'INSEP avec l'équipe des cadets 1981 (alors qu'il est né en 1982). Dès sa première année, à seulement 15 ans, il tourne à 15 points de moyenne face aux "vétérans" de National 2. C'est là qu'il apprend les bases et étonne déjà tout le monde par la vitesse de son premier pas, considéré aujourd'hui comme le plus rapide derrière celui d'Allen Iverson.
Doublure de Sciarra à 18 ans
De l'INSEP, il passe directement à la Pro A et rejoint les rangs du PSG Basket, rebaptisé plus tard Paris Basket Racing. Là encore, il répond aux exigences du niveau professionnel. En concurrence directe avec Laurent Sciarra, Tony passe une première saison à observer en attendant son heure. Alors qu'il souhaite prendre le chemin de la NCAA à Georgia Tech, il décide finalement de rester une saison supplémentaire en France lorsqu'il apprend d'un coach américain, Ron Stewart, va remplacer Didier Dobbels à la tête du club parisien. Si le PBR termine 8e du championnat, Parker tire son épingle du jeu. Lors de la saison 2000-2001, il termine en effet meilleur espoir parisien, meilleur espoir de Pro A, meilleure progression de Pro A et 3e meilleur joueur de Pro A. Le temps est déjà venu de franchir un nouveau palier.
Le rêve américain
Si ses résultats à Paris commencent à faire du bruit en France, Tony doit désormais se faire connaître outre-Atlantique. Un pas premier pas est réalisé à l'été 2000 lors du championnat d'Europe à Zadar en Croatie. Entouré d'une génération en or au sein de laquelle on retrouve notamment Boris Diaw, Michael Piétrus ou Ronny Turiaf, Parker remporte le titre avec l'équipe de France et termine MVP du tournoi. Mais c'est lors du Nike Hoop Summit en avril 2000 qu'il se fait repérer par tous les scouts NBA. Au milieu des meilleurs universitaires américains et des meilleurs jeunes internationaux, il signe 20 points (6-11), 7 passes décisives et 4 rebonds en 30 minutes. Les Etats-Unis sont sous le charme de ce petit "Frenchie".
Paris-Texas
Durant toutes ses années, Parker conserve la NBA dans un coin de sa tête. En 2001, il décide de franchir le pas et s'inscrit à la draft. Après des work-outs exceptionnels, il voit finalement son nom sortir à la 28e et dernière place. Direction San Antonio et la NBA à seulement 19 ans. Mais, alors que la plupart des joueurs de son âge auraient patienté pour trouver leurs marques, TP brûle une nouvelle fois les étapes. Il parvient rapidement à séduire son coach, Gregg Popovich, pourtant retissant vis-à-vis de ce jeune meneur formé en Europe. Dès le 5e match de la saison, Popovich décide pourtant de lui confier les rênes des Spurs et il devient ainsi le plus jeune meneur de l'histoire de la NBA dans un cinq de départ. Il ne devait plus le quitter.
Sur les traces de Magic
L'histoire de Tony Parker est en marche. Rapidement, il séduit tous les observateurs américains et tient tête aux plus grands meneurs de la ligue (Payton, Kidd ou Nash). Aux côtés des All-Stars Tim Duncan et David Robinson, il emmène San Antonio jusqu'au titre de la division Midwest dès sa première saison où il tourne à 9.2 points et 4.2 passes de moyenne par match. Lors de sa deuxième saison, il élève encore son niveau de jeu et culmine à 15.5 points et 5.3 passes de moyenne avec des coups d'éclat à 32 points face à Sacramento ou Chicago. Cest donc avec un jeune Français de 21 ans que les Spurs abordent les playoffs.
Parker répond un nouvelle fois présent, remportant son duel face à sa bête noire, Stephon Marbury lors du premier tour et qualifiant son équipe face aux Lakers en demi-finale de conférence (deux matches à 21 et 27 points). Lors d'une finale un peu plus délicate face à New Jersey (14 points et 4.2 passes tout de même), il remporte son premier titre NBA, le rêve de sa jeunesse. Seul Magic Johnson, avec quelques mois de moins, a fait mieux avec les Lakers. On se demande désormais où s'arrêtera Tony Parker dont le prochain objectif est de remporter l'Euro en septembre avec une équipe de France dont il sera le patron...
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