"C’est un sacré bon coach. Peut-être même un grand coach. Dommage qu’il ne soit pas respecté autant qu’il le mérite." Quelques heures avant le coup d’envoi des finales NBA 2020, LeBron James faisait les louanges d’Erik Spoelstra. Le coach du Miami Heat, adversaire des Los Angeles Lakers. Accessoirement son ancien entraîneur. Une belle déclaration, pleine de reconnaissance. Assez ironique de sa part, alors qu’il cherchait à le faire virer après son arrivée en Floride dix ans en arrière. Avant même sa signature en réalité. Le King s’interrogeait sur les capacités réelles de Spoelstra dès son premier meeting avec la délégation du Heat en 2010. Son camp cherchait alors à savoir si Pat Riley, entraîneur emblématique devenu Président, reprendrait les commandes de l’équipe. Négatif, rétorquait Riley.

LeBron James ne lui faisait pas confiance en 2010

Mais après les premiers mois chaotiques, et un bilan peu flatteur au bout de vingt matches, James ne voulait déjà plus entendre parler de Spo. Ce dernier lui avait fait remarquer, devant tous ses coéquipiers, qu’il devrait faire preuve de plus de sérieux dans son attitude. Un commentaire très mal passé auprès de la superstar. Dans la foulée, un article sur ESPN évoquait l’envie des cadres du Heat de changer l’homme sur le banc. La suite, Pat Riley la raconte dans le livre "The Soul of Basketball" du journaliste Ian Thompsen.
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Au nom de Kobe
29/09/2020 À 15:02
"Quiconque au sein de l’entourage de LeBron qui a fait les accusations au sujet de Spoelstra, avant même que l’on joue plus de vingt matches, ne comprend décidément pas la dynamique de création d’une équipe", pestait le dirigeant. James mais aussi Dwyane Wade et Chris Bosh ont été convoqués dans son bureau. "Ils m’ont dit qu’ils ne le sentaient pas [Spoelstra]. Puis LeBron m’a demandé si ça me démangeait de coacher à nouveau. Je lui ai dit que non. Il ne m’a pas posé d’autres questions mais je savais très bien ce que ça voulait dire." Quatre ans après, Miami comptait deux titres de plus. Les deux premiers pour LBJ.

2013-14 NBA, Miami Heat, LeBron James, Chris Bosh, Dwyane Wade

Crédit: AFP

Riley n’a pas cédé aux caprices en défendant becs et ongles son coach. Assez ironique de sa part, alors qu’il cherchait… aussi à le faire virer à son arrivée en Floride en 1995 ! Enfin pas tout à fait, mais presque. En fait, en débarquant des Knicks, le néo-coach-patron du Heat souhaitait nommer son propre staff. Erik Spoelstra, 25 ans, assurait alors un rôle de coordinateur vidéo. Mais rien n’autorisait Riley à ramener son propre assistant en provenance de New York. Il a donc gardé celui qui était déjà en poste.

Erik Spoelstra, de coordinateur vidéo à champion NBA

Tel est le parcours incroyable de Spoelstra. De coordinateur vidéo en 95 à quatre finales NBA coachées sur le banc depuis 2008, et donc une cinquième à partir de mercredi soir (dans la nuit de mercredi à jeudi, à 3h, heure française). Incroyable, non ? Le tout en étant souvent critiqué. Le jeu du Heat sous le règne des trois "amigos" restait assez pauvre offensivement – et encore il fut l’un des précurseurs du "small ball" (parmi tant d’autres mais un cran en-dessous de Don Nelson ou Mike D’Antoni). En revanche, il avait fait de cette équipe une machine, une arme de destruction massive en défense. Pourtant, le crédit revenait essentiellement à James, Wade et Bosh. Si Miami gagnait, c’était grâce à eux. Pas au coach. Enfin, dans le discours. La réalité est différente.
Il a fini par le prouver. En ayant du succès avec toutes ses équipes. Avant LeBron, quand Dwyane Wade se retrouvait entouré de mercenaires aux contrats courts. Et même après le départ du natif d’Akron, quand Chris Bosh bataillait avec des problèmes de santé assez graves. Aujourd’hui, Erik Spoelstra est un membre indissociable de la culture tant glorifiée du Heat. Adversaires, joueurs, collègues… tous saluent ses talents. Et la planète basket s’accorde enfin à dire que c’est un grand coach. Symbole de l’admiration et du respect qu’il porte à son entraîneur, Jimmy Butler se trimbalait dans l’un des hôtels de Disney avec le maillot de Spoelstra au lycée après la qualification de Miami pour les finales. En voilà qui n’attendra pas dix ans avant de reconnaître le talent de son coach.

Erik Spoelstra en discussion avec son franchise player, Jimmy Butler

Crédit: Getty Images

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