Tanking, identité, trade... Sans Stephen Curry, que doivent faire les Golden State Warriors ?

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NBA - Les Warriors vont-ils passer en une saison d’une série de cinq finales aux bas-fonds de la Ligue ? Probalement. L’absence pour au moins trois mois de Stephen Curry, officialisée vendredi par Golden State, semble en effet condamner les ambitions à court terme des Dubs. Noircit-elle pour autant leur avenir ? Cela paraît moins évident. Bob Myers et Steve Kerr gardent de belles cartes en main.

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La dynastie Warriors a été spectaculaire. Son effritement l’est tout autant. La franchise californienne a annoncé vendredi l’absence pour les trois prochains mois de Stephen Curry, fleuron de sa domination pendant cinq saisons. La fracture de la main gauche du révolutionnaire meneur, MVP unanime en 2016, est un énième coup dur pour Golden State, qui les accumule depuis quelques mois. Un coup dur qui emplit d’incertitudes son futur proche et peut influer sur sa stratégie à plus longue échéance.
Avant même la blessure de Curry, intervenue mercredi, le début d’exercice des hommes de Steve Kerr a été chaotique. Il faut dire que les absences de Kevin Durant et Klay Thompson ne sont pas du genre à passer inaperçues. Tous deux ont été gravement blessés lors des dernières finales NBA, perdues par Golden State face à Toronto, et KD a depuis été transféré à Brooklyn. Ajoutez à cela les pertes d’Andre Iguodala, Shaun Livingston ou encore DeMarcus Cousins et vous obteniez, déjà, des Warriors affaiblis. De là à se prendre des valises par Oklahoma City ou les Suns ? Oui.

Mode tanking activé ?

La question de l’ambition à court terme des Dubs pouvait donc, déjà, être susurrée. Elle est maintenant prégnante : va-t-on voir les Warriors tanker ? Première chose à avoir en tête : ils bénéficieront de leur choix de draft au premier tour s'ils ne vont pas en playoffs, et ont donc un lottery pick (un des quatorze premiers choix). En effet, leur first round 2020 envoyé à Brooklyn dans le trade de cet été (voir suite du papier) est un "Top 20 protégé". Envisager de perdre pour y gagner est donc possible pour eux, même si la réforme de la draft opérée cette année limite le paradoxal avantage d’être médiocre.
En l’état, l’effectif de Golden State ne semble en tout cas pas taillé pour les hautes luttes à l’Ouest. Encore battus à domicile dans la nuit de vendredi à samedi par les Spurs (110-127), puis dans la suivante par les Hornets (87-93), les Warriors affichent le bilan d'une victoire pour cinq défaites. Ils manquent d’armes dans la jungle que représente la plus relevée des deux conférences NBA. Ils manquent surtout d’expérience. Stephen Curry n’est pas seulement leur meilleur joueur, c’est aussi leur élément le plus âgé du haut, seulement, de ses 31 ans.
Dans ce contexte, difficile de les voir effectuer une saison "à la Clippers 2019", alors qu’ils ont pourtant avec Draymond Green et D’Angelo Russell deux joueurs potentiellement de niveau All-Star. Leur supporting cast est trop tendre. D’autant plus que la probabilité d’un retour de Thompson (victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche en juin) avant la fin de la saison vient de passer de très faible à quasiment nulle. Prendre le risque de le faire rejouer en mars pour un "push" en direction des playoffs semble maintenant si illusoire. Le deuxième larron des "Splash Brothers" a prolongé cet été jusqu’en 2024, il a le temps de se remettre sur pied.

Welcome to San Francisco !

Mais entre ne pas avoir de grande ambition et tanker il y a une nuance. Et Golden State pourrait bien "jouer le jeu" ne serait-ce que pour éviter une année cataclysmique dans son nouvel antre. Les Warriors ont en effet déménagé d’Oakland à San Francisco cet été. Bye-bye l’Oracle Arena, bonjour le Chase Center. Et gare à l’hypothermie. Après tant d’années fastes (cinq finales NBA de suite, avec trois titres à la clef), offrir un piètre spectacle à un "nouveau" public serait une sacrée douche froide.
Conserver une certaine culture de la gagne, ou au moins l’habitude de jouer dur, reste qui plus est le meilleur moyen de développer les jeunes joueurs que sont Jordan Poole, 20 ans, ou autre Marquese Chriss, 22 ans. Sans compter que viser à tout prix le haut de la draft ne paraît pas une indiscutable nécessité pour un management qui a si souvent eu du nez. Avant l’ajout en 2016 de l’arme absolue que représentait alors Kevin Durant, la dynastie Warriors a été construite autour de joueurs draftés hors du Top 5 : Stephen Curry (7e choix en 2009), Klay Thompson (11e en 2011) et Draymond Green (35e en 2012).

D'Angelo Russell, monnaie d'échange idéale ?

En revanche, avoir l’occasion de choisir plusieurs joueurs au premier tour lors de la prochaine cuvée de rookies pourrait tenter Bob Myers. Et pour cela, le GM de Golden State a un atout dans sa manche : D’Angelo Russell. Dès l’acquisition du combo guard des Nets cet été, en échange de KD, les rumeurs à son sujet ont proliféré. Le backcourt Curry-Russell peut enquiller les points… mais peut-il défendre ? Décaler Klay Thompson au poste 3 à son retour est une possibilité, mais la complémentarité de la ligne arrière Curry-Thompson est si évidente que l’avenir de D-Lo ne s’inscrira peut-être pas sur le long terme à San Francisco. Toquer à la porte des autres franchises, ou du moins être à leur écoute, est donc une option pour Myers.
Russell, sous contrat jusqu’en 2023, sort d’une saison en 21 points et 7 passes à Brooklyn. Il devrait avoir beaucoup de ballons en main dans les semaines à venir, et donc de quoi se mettre en valeur. Son salaire (progressif, de 27 à 31M de dollars la saison) est conséquent, mais son talent reconnu. Dans le cadre d’un nouvel échange (possible à partir du 15 décembre), les Warriors pourraient négocier un précieux pick de draft. Son amitié avec Karl-Anthony Towns fait des Wolves d’éventuels candidats, mais d’autres front offices sont susceptibles de se manifester.
Stephen Curry ne sera pas free agent avant 2022, Draymond Green et Klay Thompson sont verrouillés jusqu’en 2024 : les Dubs peuvent se permettre une sorte de saison de transition. Imaginez : début 2020-2021, ils débarquent avec Curry et Thompson regonflés à bloc, Green en forme après un exercice durant lequel il n’aura, sans doute, pas trop eu à tirer sur la corde, et deux jeunes prometteurs à leurs côtés. Séduisant, non ? Une page se tourne à Golden State. La blessure de l’un des meilleurs joueurs de la ligue n’a fait que l’entériner mercredi. Mais la fin de règne des Warriors ne rimera pas forcément avec une longue traversée du désert.
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