Kevin Durant débarque à Houston… pour faire des Rockets un candidat au titre ?
Par Antoine Pimmel
Publié 24/06/2025 à 00:14 GMT+2
Les Houston Rockets ont mis la main sur Kevin Durant, envoyé par les Phoenix Suns en l’échange de Jalen Green, Dillon Brooks et des picks. La franchise texane va maintenant pouvoir rêver plus vite et plus grand avec l’arrivée de la superstar de 37 ans, qui peut faire franchir un palier à cette équipe. Dans l'affaire, les Rockets semblent gagnants. Mais KD continue sa drôle de carrière.
Kevin Durant, Phoenix Suns
Crédit: Getty Images
Quel drôle de timing. Quelques heures avant que le Thunder décroche son premier titre depuis son déménagement à Oklahoma City, une quête dans laquelle Kevin Durant a échoué pendant de nombreuses années tout en passant proche du but, la superstar originale de la franchise sacrée venait d’être à nouveau échangée. Dans les tuyaux depuis un moment maintenant, le trade s’est donc concrétisé juste avant le Game 7 des finales NBA et c’est finalement à Houston que le futur Hall Of Famer poursuivra sa carrière. Les Suns l’ont envoyé aux Rockets tandis que Jalen Green, Dillon Brooks, le dixième choix de la draft 2025 et cinq seconds tours font le chemin inverse.
Le divorce entre Durant et la franchise de Phoenix semblait inévitable. Les dirigeants avaient déjà essayé de le refourguer à une autre équipe en février dernier avant de se heurter au refus du joueur. Ce n’était alors qu’une question de temps avant qu’il soit effectivement échangé. "Les Suns ont eu voulu ce qu’ils voulaient et moi aussi", soulignait celui qui serait très excité à l’idée de rejoindre le projet texan. Il est vrai qu’il a obtenu gain de cause. Houston figurait, avec San Antonio et Miami, parmi sa liste de destinations préférentielles. Pour Phoenix, la situation est plus délicate : le retour sur investissement est très faible par rapport à ce que le management avait investi pour acquérir les services du double champion NBA.
Scoreur d'élite pour équipe en pleine croissance
L’organisation de l’Arizona n’avait plus vraiment le choix. Le contrat de Kevin Durant arrive à expiration en 2026 et ce sont les Rockets qui auront la charge de lui offrir un peu plus de 100 millions sur deux ans. Une somme que le front office est prêt à payer pour accélérer son processus de développement. Vainqueurs de 22 rencontres en 2023, ils sont passés à 41 succès en 2024 puis 52 en 2025. Avec à la clé une belle deuxième place à l’Ouest malgré un effectif plutôt jeune. Un groupe qui a montré ses limites en playoffs, quand Houston a perdu en sept manches épiques contre une équipe de Golden State mieux organisée et plus expérimentée.
Sur cette série, les Rockets ont notamment eu du mal à scorer sur attaque placée et dans les moments cruciaux. Deux domaines dans lesquels KD peut les faire sérieusement progresser. Même à bientôt 37 ans, l’ailier reste un attaquant hors pair. L’un des plus efficaces du championnat, quelle que soit la situation. Il tournait encore à 26 points par match lors de l’exercice précédent et vient de boucler sa troisième saison de suite à plus de 50% de réussite aux tirs et 40% à trois-points. Une performance inédite dans l’Histoire de la NBA. Durant est d’abord un scoreur d’élite, et c’est exactement ce dont Houston a besoin.
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Avant les retrouvailles, le flashback : A Tokyo, les USA et Durant douchaient les espoirs français
Video credit: Eurosport
Avec sa qualité de tir, il peut jouer aussi bien avec que sans le ballon. C’est pourquoi il est perçu comme une star susceptible de s’adapter à peu près à n’importe quel système. Ime Udoka, qui connaît bien l’homme qu’il a déjà fréquenté à Brooklyn et avec Team USA, n’aura pas à changer drastiquement ses principes. Les Rockets vont pouvoir conserver la même philosophie tout en ajoutant un attaquant bien plus fiable et prolifique que Jalen Green, jeune espoir de 23 ans passé à côté de ses playoffs (13 points à 37%).
La formation d’Udoka était l’une des plus mauvaises du championnat sur demi-terrain. Notamment dans les fins de match serrées. Ça ne sera plus le cas avec Durant. Alperen Sengun peut être la première option de Houston pendant 40 minutes tandis que le vétéran prendra le relais par la suite.
Drôle de bonhomme et drôle de carrière
C’est d’ailleurs le succès potentiel de ce trade pour les Rockets : ils n’ont inclus ni le Turc, ni Amen Thompson, ni Reed Sheppard (troisième choix en 2024), ni les tours de draft 2027 et 2029 des Suns. Ni même Tari Eason ou Jabari Smith. Leur noyau dur reste très prometteur et bien fourni. Ils ont finalement accepté de céder Green, le prospect talentueux que San Antonio ou Miami refusait d’offrir aux Suns. Pas sûr que ça suffise pour viser vraiment le titre mais la fenêtre est ouverte, enfin surtout si Sengun et Thompson passent rapidement un nouveau cap.
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Kevin Durant
Crédit: Getty Images
Pour Phoenix, c’est (déjà) la fin d’une ère. Un passage express de l’un des plus grands joueurs de tous les temps et un échec monumental d’une superteam. Une équipe montée à la hâte et à coup de gros trades qui se casse la figure. Une de plus. Les Suns seront tout de même contents de tourner la page et de récupérer au moins quelques atouts susceptibles de leur redonner de la flexibilité.
Enfin, pour Kevin Durant, ce serait maintenant sa quatrième franchise depuis son départ du Thunder. Il n’a jamais trouvé la paix qu’il cherchait tant en quittant Oklahoma City. Partout ou presque, il a été la pièce rapportée. Une superbe pièce, certes, mais jamais le moteur du projet, sauf aux Nets, où il l’était finalement seulement en théorie et peu en pratique. Alors, oui, drôle de timing ce trade. Mais aussi drôle de bonhomme et drôle de carrière pour un basketteur aussi doué.
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