Eurosport
NBA - 15 matches, 15 victoires : Faut-il prendre les Cleveland Cavaliers (très) au sérieux ?
Par
Publié 19/11/2024 à 10:13 GMT+1
Les Cleveland Cavaliers font partie des très rares équipes qui ont démarré la saison par quinze victoires de suite. Les trois autres sont toutes allés en finales quelques mois plus tard. La franchise de l’Ohio peut-elle vraiment se montrer aussi ambitieuse ? Pour l’instant, Donovan Mitchell et ses coéquipiers semblent être les principaux concurrents des Boston Celtics à l’Est.
Donovan Mitchell scored with 29 as the Cleveland Cavaliers extended their NBA winning streak to six
Crédit: Getty Images
Et de quinze. La série continue et l’Histoire est en marche. En battant les Charlotte Hornets (128-114) dimanche soir, les Cleveland Cavaliers ont donc décroché un quinzième succès de suite pour entamer la saison. De quoi les propulser assez nettement en tête de la ligue après un mois de compétition. Une performance rare puisque seules quatre équipes ont déjà réussi une entame aussi spectaculaire depuis la création de la ligue. Les Washington Capitols, les Houston Rockets et, plus récemment, les Golden State Warriors (qui en même ont gagné 24 de suite). Toutes ces formations ont d’ailleurs un point commun : elles ont ensuite joué les finales NBA à l’issue de la saison.
Si les Cavs font figure d’outsiders à l’Est depuis leur belle quatrième place en 2022, ils ne sont a priori pas des favoris annoncés pour le titre. Leur départ historique, le deuxième meilleur de tous les temps, peut-il suffire à faire ce groupe de statut ? Cette série de victoires assez époustouflante ne relève pas de la chance. Pas avec un tel échantillon. Surtout que Cleveland n’a pas par exemple profité d’un calendrier facile ou de l’absence de plusieurs superstars adverses. Il y a dans ces quinze victoires quelques succès vraiment convaincants. Ils ont dominé les Warriors de la tête et des épaules. Ils ont détruit les Lakers. Pris le dessus sur les Knicks, concurrents directs. Ils se sont aussi imposés deux fois contre les Bucks, deux matches serrés.
Les Cavaliers, une équipe inchangée mais bien plus efficace
La franchise de l’Ohio excelle des deux côtés du parquet et elle affiche le deuxième meilleur différentiel de points sur 100 possessions : +11,5, juste derrière le Thunder (+11,7). Elle dispose de l’attaque la plus prolifique du championnat avec 122 points inscrits (sur 100 possessions toujours) et de la septième meilleure défense avec 110,7 encaissés. Il faut maintenant continuer sur l’ensemble de la saison mais les équipes qui figurent dans le top-10 aussi bien en attaque qu’en défense sont généralement armés pour aller loin en playoffs.
L’effectif n’a pourtant pas vraiment changé depuis la saison dernière, quand les Cavaliers sont sortis au second tour sans avoir réellement inquiété les Celtics. Alors qu’est-ce qui aurait pu changer ? L’arrivée de Kenny Atkinson sur le banc, à la place de JB Bickerstaff, constitue un tournant majeur. Le nouveau coach parvient à faire évoluer ensemble des profils pas toujours complémentaires avec deux arrières qui ont besoin du ballon (Donovan Mitchell et Darius Garland) et deux protecteurs de cercle (Evan Mobley et Jarrett Allen). Il a amené de la créativité dans la construction offensive des Cavs. Ça joue plus vite, plus collectif avec plus de circulation de balle, plus de responsabilités offensives pour le jeune Mobley et surtout plus de dangers. Ça les rend tout simplement moins prévisibles.
Un nouveau style qui explique en grande partie les cartons offensifs de Cleveland. 122 points marqués sur 100 possessions, c’est du jamais vu à l’échelle d’une saison. Mais il y a justement des raisons de penser que Garland et ses coéquipiers ne seront pas toujours aussi efficaces. Ils sont pour l’instant extrêmement adroits aux tirs. 52% de réussite dans le champ, dont 42% à trois-points. Très loin devant toutes les autres équipes. L’adresse se justifie en partie par la meilleure qualité des tentatives, parce que plus de mouvements et donc plus d’espaces, mais certains joueurs surperforment probablement, au moins un petit peu. Mitchell est à 42% en 9 tentatives derrière l’arc alors qu’il n’a jamais atteint les 40% en carrière. Garland est à 45%, là aussi de loin sa meilleure performance en carrière. Idem pour Caris LeVert avec son 45% ou le remplaçant Ty Jerome qui est carrément à 54%. Ça va se réguler.
Les playoffs, le vrai révélateur
Mais les formations très adroites en saison régulière plafonnent parfois en playoffs. Le Thunder, premier à l’Ouest en 2024 et finalement éliminé en demi-finales de Conférence, en est le meilleur exemple récent. Sauf que le jeu est différent à partir d’avril. Les possessions sont plus lentes. Les défenses plus efficaces. Les shooteurs ont alors moins de temps pour dégainer et les pourcentages baissent. Cette petite marge en moins, c’est ce qui peut faire la différence entre un candidat au titre et une équipe très forte.
Il y eu d’autres franchises qui ont dominé leur Conférence en se reposant sur un système fort comme le font les Cavaliers actuellement. Les Hawks de 2015 par exemple, sweepé en finales de Conférence par LeBron James (qui jouait alors à… Cleveland). Avec Donovan Mitchell, les Cavs ont une vraie superstar mais ce n’est pas complètement un hasard s’il n’a jamais gagné deux séries de suite. Lui aussi a ses limites. Tout comme son partenaire du backcourt Darius Garland. En plus, en playoffs, les joueurs ont parfois tendance à moins faire confiance aux principes collectifs et à miser plus souvent sur des isolations pour créer des différences.
Quoi qu’ils en soient, Cleveland a déjà frappé fort sur ce début de saison. Tout ce qui va suivre jusqu’en avril peut presque être déjà considéré comme du bonus. C’est en playoffs que cette formation passera au révélateur, une fois de plus. Mais elle peut clairement prétendre à une finale de Conférence en ayant l’étiquette de deuxième meilleure équipe à l’Est. Surtout, avec les bases qui se mettent en place, les Cavaliers ont des raisons de croire à un avenir vraiment intéressant autour de Mobley et compagnie. Même sans trophée au bout en juin prochain.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité