NBA | Embiid en pleine turbulence, "taupe", une crise qui s’enlise… Philadelphie en implosion… jusqu’à quand ?

NBA – Les Philadelphia Sixers sont avant-derniers en NBA et l’atmosphère autour du groupe paraît de plus en plus nauséabonde. Est-ce que ce serait finalement la fin du Process ? La franchise de Pennsylvanie est en train de passer complètement à côté de sa saison et ça pourrait être lourd de conséquences.

Joel Embiid (Philadelphie) en NBA, le 20 novembre 2024

Crédit: Getty Images

Les joueurs, les coaches, les dirigeants et les supporters des Philadelphie Sixers doivent se demander quand ils finiront par apercevoir le bout du tunnel. Parce que le début de saison de la franchise de Pennsylvanie a tout d’une version dramatique du film "l’Histoire sans fin." Un "Process" qui déraille et des galères qui s’enchaînent au même rythme que les défaites. Au point où le groupe pro, conscient de la direction inquiétante prise par l’équipe, a déjà tenu sa première réunion de crise.
Et certains en avaient visiblement déjà gros sur le cœur. Tyrese Maxey, 24 ans à peine mais finalement déjà leader d’une formation qui contient un MVP et un multiple All-Star ainsi qu’un ancien champion NBA et des vétérans très expérimentés, "ressentait le besoin de parler." Le jeune homme a notamment pointé du doigt l’attitude de son ami Joel Embiid, critiquant notamment ses retards permanents en insistant sur le fait que ça impactait tous les autres joueurs. Bien que visé, l’intéressé aurait accepté les commentaires de son coéquipier. En revanche, il n’a pas apprécié que le meeting soit relaté dans la presse jusqu’au moindre détail.
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Tyrese Maxey (Philadelphi) en NBA, le 24 novembre 2024

Crédit: Getty Images

Embiid, un leader qui fuit ses responsabilités

"Celui qui a fait fuiter tout ça est une grosse merde", balançait le géant, déterminé à trouver la taupe au sein du vestiaire. C’est devenu une obsession pour Embiid mais aussi pour Paul George, recrue de l’intersaison de Philly qui n’a joué pour l’instant que 8 matches pour 14,9 points de moyenne à seulement 38% de réussite aux tirs et 27% à trois-points. Le lendemain de la parution de l’article de The Athletic, George consacrait tout un podcast sur le sujet avec un autre joueur des Sixers, Reggie Jackson. Un réflexe étonnant pour l’ailier All-Star et une attitude déconcertante vu la situation actuelle au sein de l’organisation.
C’est comme si chaque évènement plongeait un peu plus les Sixers – censés rivaliser avec les Celtics pour la couronne à l’Est – dans le doute. Leurs performances sur le terrain sont décevantes, voire parfois catastrophiques, mais elles ne concentrent finalement même pas l’attention médiatique tant le reste autour part en vrille. "J’ai l’impression que la négativité me suit partout et je ne comprends pas pourquoi", souligne Embiid. Une déclaration naïve vu son attitude saison après saison, notamment face à l’adversité. Le Camerounais a toujours été excellent sur le terrain mais il s’est rarement remis en question. Et il ne semble pas près de le faire. Ou alors, même quand il essaye de le faire, il se cherche inconsciemment des excuses.
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Paul George et Joel Embiid (Philadelphie) en NBA, 2 novembre 2024

Crédit: Getty Images

"Comme c’est Joel Embiid, tout prend des proportions énormes. Ce n’est pas grave, je vais faire avec. Je suis celui de qui part le projet donc j’accepte aussi de prendre tous les blâmes. Il n’y a rien de méchant qui a été dit. J’aime bien quand on me dit ce que je peux mieux faire. Le truc des retards là, c’est arrivé une ou deux fois quand j’étais forfait. Mais je dois être parfait." Une nouvelle manière de fuir, peut-être même inconsciemment, ses responsabilités. Les médias ne sont pas en guerre avec le joueur. Pas même après qu’il ait poussé un journaliste de Philadelphie dans le vestiaire (ndlr : après que ce dernier ait écrit un article mentionnant son frère décédé et son fils). Sur bien des aspects, l’attitude des médias est le reflet de l’image renvoyée par la superstar.

Une équipe en perdition

En plus, contrairement aux saisons précédentes, le pivot de 30 ans (31 en mars prochain) ne se montre pas à son avantage sur les parquets. Il paraît hors du rythme, ce qui est logique pour un athlète qui passe autant de temps à l’infirmerie en raison de blessures diverses et variées. En ce moment, quand il n’est pas malade, c’est son genou qui le gêne. Ça fait en réalité plusieurs mois. Les Sixers refusent de communiquer réellement sur le sujet, poussant même la NBA à infliger une amende au club. Il n’est pas complètement improbable que Joel Embiid ne soit plus jamais tout à fait le même sur un parquet et qu’il ne soit surtout jamais vraiment en mesure de se débarrasser durablement de ses pépins physiques. Sa mobilité est impactée et ça se voit. Il est parfois perdu sur le terrain, ce qu’il a lui-même reconnu.
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Nick Nurse, coach de Philadelphie, contre Houston en NBA le 27 novembre 2024

Crédit: Getty Images

Avant le match de mercredi soir, les Sixers étaient moins efficaces en attaque avec leur meilleur joueur en comparaison avec les moments où il est sur le banc ou absent. Une statistique peu flatteuse sachant que Philadelphie seulement la 28e attaque de la ligue (105,6 points marqués sur 100 possessions). La réunion d’équipe devait remettre tout le monde sur les bons rails mais les défaites et les blessures – elles vont de pair – continuent de s’accumuler depuis. La seule satisfaction reste le rookie Jared McCain, meilleur marqueur de l’équipe jusqu’à présent. "Il ne peut pas être notre meilleur joueur", soulignait Paul George dans son podcast. Là encore une réflexion très bizarre concernant son propre partenaire mais un constat tout à fait juste pour le coup.
Si le joueur le plus fiable est un rookie, c’est effectivement rarement bon signe. Ce n’est pas le propre des équipes censées jouer le titre. Mais le bilan des Sixers n’est clairement pas celui d’un candidat au trophée. Les hommes de Nick Nurse n’ont gagné que 3 de leurs 17 premiers matches. Sur les 108 franchises qui ont démarré une saison avec 2 petites victoires en 13 rencontres, seules 8 ont joué les playoffs par la suite. Et uniquement 3 avec un bilan positif. Joel Embiid – encore blessé, tout comme Paul George – et Philadelphie ont encore du temps pour relever à peu près la barre… mais ils peuvent déjà presque faire une croix sur leurs ambitions. Et vu le contexte et la situation bien nauséabonde autour du club, ils sont peut-être en train de perdre bien plus qu’une occasion de décrocher un titre.
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