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NBA | Le All-Star Game peut-il et doit-il vraiment être sauvé ?
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Publié 13/02/2025 à 23:42 GMT+1
La ligue a encore une fois changé le format de son All-Star Game, avec cette saison un mini tournoi à quatre équipes. Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup d'essayer de relancer un évènement qui semble passionner de moins en moins les fans de basket à travers le monde ?
Stephen Curry et Anthony Davis se marrent lors du All-Star Game 2024
Crédit: Getty Images
C’est censé être une fête mais c’est devenu un cirque qui présente de moins en moins d’intérêt. Le All-Star Weekend est un moment incontournable d’une saison NBA mais l’évènement, bien que traditionnel, semble passionner de moins en moins les foules, à commencer par ses principaux acteurs. Alors la ligue se démène pour trouver une formule qui pourrait éventuellement (enfin) relancer une machine rouillée depuis plusieurs années maintenant. Le format pour le match du dimanche, le clou du spectacle, a encore une fois été changé. D’ailleurs, il n’y a plus de match ! Dans l’espoir de redonner un peu de compétitivité, et donc d’attrait, au All-Star Game, la NBA a décidé de mettre en place cette saison un mini-tournoi à quatre équipes.
Il y aura donc deux demi-finales avec un score de 40 à atteindre puis une finale afin de décerner un vainqueur, toujours avec les mêmes règles. Bon. Ça n'inspire pas forcément à l’optimisme ou l’enthousiasme mais les instances dirigeantes se devaient de faire évoluer une nouvelle fois le programme après avoir touché le fond l’an passé. Les joueurs de la Conférence Est s'étaient imposés 211 à 186 – évidemment un record de points marqués – contre ceux de la Conférence Ouest au cours d’une rencontre qui avait l’allure de parodie… d'une parodie de basket. Tout le monde s'est ennuyé, y compris ceux présents sur le terrain.
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Tyrese Haliburton lors du All-Star Game NBA 2024 à Indianapolis
Crédit: Getty Images
Nouveau format, mêmes problèmes ?
Peut-être que des matches plus courts pousseront les joueurs à se battre un peu plus dans une atmosphère différente sous ce format de coupe du dimanche. Kevin Durant a tout de même de suite avoué "qu’il détestait cette idée absolument terrible" dès que les infos ont été officiellement révélées. Anthony Davis, un autre All-Star, a aussi confié qu’il n’aimait pas particulièrement ce changement. Mais même si ça venait à fonctionner pour ce premier coup d’essai, il est peu probable que ça puisse insuffler quelque chose de nouveau sur la durée. Le choix de nommer deux capitaines d’équipes, façon duel sur les playgrounds, en 2018 a aussi fonctionné brièvement. Tout comme l’abandon d’un match traditionnel sur quatre quart-temps mais avec un score à atteindre entre 2020 et 2024. Au final, la NBA est revenue à sa formule de base avec un affrontement entre les joueurs des deux Conférences.
Sauf que les audiences continuent de baisser sensiblement depuis vingt ans. Il y a eu quelques rebonds, certes, mais le nombre de téléspectateurs a été divisé par deux entre 2003 – le dernier de Michael Jordan – et 2023 (de 10,8 à 4,6 millions). Ça s’explique aussi par l’évolution des méthodes de consommation du sport. La baisse est à relativiser. Surtout que les contrats télévisés sont de toute façon bien plus rémunérateurs qu’à l’époque. Le All-Star Game ne présente certainement pas un manque à gagner pour la ligue. Mais l’image envoyée est suffisamment problématique pour qu’elle cherche à sauver son produit.
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Damian Lillard lors du All-Star Game NBA 2024 à Indianapolis
Crédit: Getty Images
Mais est-ce seulement possible ? Quelques pistes n’ont pas encore été abordées. Comme par exemple la possibilité d’un choc entre les meilleurs joueurs américains contre ceux du reste du monde. Là, on peut de suite imaginer une forme de rivalité qui peut pousser les deux équipes à jouer vraiment le coup, ou au moins à faire un peu semblant. KD a rappelé récemment que Team USA dominait toujours les autres nations tout en réfutant l’idée selon laquelle l’écart se serait réduit. Sondé sur le sujet lors de sa venue en France à l’occasion des Paris Games, Adam Silver a botté en touche en rappelant que "70% des joueurs NBA viennent des Etats-Unis" tout en soulignant le fait que ce serait un peu étrange d’opposer un pays à tous les autres. C’est vrai que tant que les rapports de force ne sont pas complètement équilibrés, cette option n’est pas optimale. Comment faire comprendre à un Cade Cunningham qu’il n’a pas été pioché parce qu’il ne fallait que 12 Américains pendant qu’un Croate ou un Français est choisi pour le All-Star Game pour compléter la sélection internationale ?
Le All-Star Game aura un intérêt le jour où les joueurs voudront lui en donner un
C’est d’ailleurs ironique que les basketteurs de cette ligue se plaignent constamment d’être snobés quand ils ne sont pas appelés et manifestent publiquement leur mécontentement et leur sentiment d’être sous-estimés quand on sait qu’ils viennent jouer le match les mains dans les poches dès qu’ils sont finalement conviés. Parce que dans le fond, tout dépend d’eux. Et ils le savent, ils ne s’en cachent pas ! Ils tiennent à l’étiquette "All-Star", un statut essentiel lors des négociations de contrat, mais ils ne veulent pas, en tout cas pour la plupart, se fouler sur le terrain lors d’un match qui reste amicale. Sauf que tout le monde s’ennuie. "Je ne pense pas que je verrai ça d’un œil compétitif un jour. Ça reste un All-Star Game", reconnaissait volontiers Anthony Edwards, qui conçoit qu’il cherche d’abord à s’amuser.
"Tout dépend des joueurs en fin de compte", témoigne Stephen Curry, l’un des artisans du nouveau format choisi par la NBA. Shai Gilgeous-Alexander partage la même opinion en soulignant l’importance "de la motivation des joueurs." Mais alors qu’est-ce qui peut les motiver ? Certainement pas l’argent. Les All-Stars sont souvent, par définition, les mieux payés du championnat. Même un million de dollars représente finalement une somme infime comparé au risque d’une blessure qui pourrait leur coûter beaucoup plus cher. La fierté peut-être ? Victor Wembanyama, qui ne cache jamais son côté compétiteur, clamait récemment qu’il ne "viendrait pas pour se faire des amis." Lui veut jouer. Et gagner. Le Français est amené à devenir un jour le visage de la ligue et son attitude entraînera éventuellement ses camarades vers le haut.
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Stephen Curry (Golden State) contre Milwaukee en NBA, le 10 février 2025
Crédit: Getty Images
Il faut comprendre que la NBA n’a pas toujours été aussi médiatisée. Il y a 30 ans, les fans n’avaient pas accès à autant d’images et le All-Star Game était donc une occasion en or pour certaines stars de s’illustrer contre les meilleurs joueurs du monde. Plus personne n’a besoin de ça pour être connu aujourd’hui. Ça peut expliquer en partie la perte de motivation de certains. On adorerait voir les basketteurs les plus doués de la planète se défier entre eux en un-contre-un, comme le font les femmes de la WNBA au sein de la ligue Unrivaled par exemple, lors d’un nouveau concours du samedi. Mais la plupart n’oseront sans doute pas, par question d’ego, se mettre à ce point sur le devant de la scène par peur d’être humiliés.
Dans le fond, le vrai problème, c’est de constamment chercher à relancer l’intérêt du All-Star Weekend. D’en faire un souci plus gros qu’il ne l’est réellement. Le match fait encore rêver une partie de la jeunesse. C’est aussi une question d’âge. Ce weekend est loin d’être parfait mais il faut peut-être juste le prendre comme il est. Un show de plus à l’américaine.
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