NBA - Nikola Jokic vs Shai Gilgeous-Alexander : Deux favoris pour le MVP, deux philosophies qui s'affrontent

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NBA - Le trophée de MVP reviendrait presque obligatoirement à Nikola Jokic ou Shai Gilgeous-Alexander tant les deux superstars dominent la concurrence. Mais il est très difficile de choisir l'un plutôt que l'autre à l'heure actuelle. Au final, tout est une question de définition de ce qui est perçu comme "valuable."

Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma City Thunder) contre Nikola Jokic (Denver Nuggets)

Crédit: Getty Images

Et ils n’en restent plus que deux. Alors que les franchises viennent de basculer dans la deuxième moitié de la saison régulière, deux joueurs semblent s’être sensiblement détachés dans la course pour le MVP. Nikola Jokic des Denver Nuggets et Shai Gilgeous-Alexander du Oklahoma City Thunder. Le vainqueur de l’édition précédente et son dauphin. Deux superstars au-dessus du lot et deux joueurs qui paraissent particulièrement difficiles à départager.
Ce sont deux styles qui s’opposent. Ou même carrément deux définitions différentes (avec évidemment des similitudes) de ce que représente un MVP : en forçant le trait et en résumant un peu hâtivement, on trouve d’un côté celui qui porte son équipe tout en haut (Gilgeous-Alexander) et celui qui affiche les statistiques les plus hallucinantes (Jokic). Un débat sur qui mérite le plus d’être récompensé entre le leader de la formation la mieux classée et le meilleur basketteur de la planète.
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Nikola Jokic face à Donovan Mitchell lors de Denver-Cleveland

Crédit: Getty Images

Jokic, une saison absolument historique

Celui qui sera élu donnera finalement des indices sur ce que les votants considèrent comme "valuable." Le terme peut englober un paquet de statistiques et de raisonnements. On peut par exemple parfois essayer d’imaginer ce que ferait le Thunder sans Gilgeous-Alexander et les Nuggets sans Jokic. Dans les deux cas, les deux franchises ne seraient évidemment plus perçues comme des candidates au titre. Mais Oklahoma City s’en sortirait probablement un peu mieux grâce à sa défense, son potentiel athlétique et bien sûr l’apport de deuxièmes stars comme Jalen Williams ou Chet Holmgren (actuellement blessé). Alors qu’à l’inverse, Denver est traditionnellement à la ramasse dès que le "Joker" manque à l’appel. Ou quand il se repose sur le banc. Parfois même juste cinq petites minutes.
C’est généralement l’un des principaux arguments en faveur du natif de Sombor. Il incarne les Nuggets, au point où l’équipe peine vraiment à trouver un style de jeu et une manière de fonctionner des deux côtés du terrain dès qu’il se repose. C’est encore plus vrai en attaque. Le club du Colorado marque plus de 124 points sur 100 possessions avec Nikola Jokic, le meilleur rating offensif de la ligue, et seulement… 102 sans lui. La différence est massive. D’ailleurs, son indicateur on/off, soit la différence entre les moments où il est sur ou en dehors du terrain, est là aussi révélateur : +11,9 avec Jokic et -10,1 sans lui. C’est typiquement la définition d’un joueur "valuable" non ?
Toujours en restant sur les chiffres, le pivot de 29 ans réalise tout bonnement l’une des saisons les plus incroyables de l’Histoire. Dans la lignée des performances surréalistes de Wilt Chamberlain. Il tourne à 30 points, 57% aux tirs, 47% à trois-points, 13 rebonds et 10 passes de moyenne. Un triple-double au compteur. Il en a d’ailleurs déjà compilé 21 en 40 matches, dont 14 avant même le début du quatrième quart-temps. Il est troisième aux points, troisième aux rebonds et deuxième à la passe. C’est évidemment du jamais vu. Les statistiques analytiques un peu plus avancées le placent aussi devant tout le monde. Enfin malgré quelques moments délicats, Denver occupe la quatrième place de la Conférence Ouest (28 victoires, 18 défaites) et reste en course pour finir sur le podium. Il n’a jamais été aussi fort et il a pourtant déjà reçu 3 MVP.
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Shai Gilgeous-Alexander (Oklahoma Thunder)

Crédit: Getty Images

Gilgeous-Alexander, patron d'un Thunder exceptionnel

Ce n’est pas comme si Shai Gilgeous-Alexander ne défiait pas non plus la logique mathématique. Avec +17,5 sur 100 possessions, il caracole en tête du différentiel ajusté. Le +/- est une statistique un peu surfaite, dans le sens où elle dépend aussi des autres joueurs présents sur le terrain. Pareil pour les différentiels entre les moments sur le terrain et sur le banc. Les Nuggets n’ont pas de vrais bons remplaçants. Le Thunder, à l’inverse, a un deuxième cinq de grande qualité. Malgré ça, SGA est indispensable et les minutes sans lui ne sont évidemment pas aussi productives. Il ne cumule pas rebonds et passes à la pelle (5 et 6 de moyenne tout de même) mais le Canadien marque tout de même 32 points par match, plus que n’importe quel autre joueur NBA, avec une efficacité incroyable : presque 53% de réussite en jouant arrière.
Il est aussi deuxième aux interceptions. C’est aussi une différence avec Jokic. Il n’est pas un basketteur plus complet mais il peut être catalogué comme un "two way player" (joueur qui a de l’impact en attaque comme en défense). Surtout, son équipe dispose du meilleur bilan ! Le Thunder a même repris la tête de la ligue aux Cavaliers, pourtant partis très forts. OKC a gagné 37 de ses 45 premiers matches. Il est lancé sur les bases d’une saison record pour la franchise. Ça c’est un argument de poids quand on sait que des MVP comme Kevin Durant, Russell Westbrook et James Harden ont joué pour le Thunder.
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Shai Gilgeous-Alexander

Crédit: Getty Images

Eviter la répétition ?

C’est un aspect narratif qui pèse beaucoup au moment de décerner le trophée. Parce que le MVP, c’est aussi une manière d’illustrer une saison, une histoire. Nikola Jokic l’a déjà eu trois fois. Shai Gilgeous-Alexander a terminé deuxième du vote l’an passé et les deuxièmes finissent généralement par être récompensés quand les votants veulent éviter – à tort ou à raison – la répétition : James Harden en 2018, Joel Embiid en 2023 ou Jokic en 2024 par exemple. "Je ne sais pas s’ils vont encore le donner au Joker", notait Anthony Edwards début janvier. "C’est pour ça que je nommerai Shai. Il est régulier chaque soir. Personne ne peut l’arrêter en un-contre-un. J’espère vraiment qu’il va l’avoir cette année."
Quelle que soit la définition retenue, les deux le méritent. Mais c’est là que l’on se rend compte que ça dépasse évidemment le cadre simple du débat rationnel. Il y a une part de subjectif en chaque votant. Au final, il n'y a pas de mauvaise réponse. C'est presque juste une question d'appréciation à ce stade. De toute façon, pour Jokic comme pour Gilgeous-Alexander, on peut parier que le tout premier objectif n’est pas de décrocher le MVP mais surtout d’aller chercher un titre en juin prochain. La bague, ça met tout le monde d’accord.
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