Pourquoi les Boston Celtics dilapident leur effectif et comment la NBA réussit enfin à se réguler financièrement

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Échanger Jrue Holiday et Kristaps Porzingis, deux membres importants du cinq majeur, n'a pas beaucoup de sens pour les Celtics. Pourtant, Boston l'a fait en deux jours, envoyant le premier à Portland et le second à Atlanta. Derrière ces mouvements, il y a une raison financière et la volonté de redescendre sous le second apron, seuil introduit cette saison et qui va remodeler le visage de la NBA.

Kristaps Porzingis et Jrue Holiday (Boston Celtics)

Crédit: Getty Images

Comment expliquer que Boston, champion NBA à l'été 2024, a dilapidé en deux jours deux de ses meilleurs joueurs pour des contreparties bien faibles et qui font se demander si les Celtics joueront les Playoffs au printemps 2026 ? A peine deux ans sépareront ces deux périodes et pourtant le visage d'une des franchises les plus installées de la NBA aura changé du tout au tout. La réponse tient en deux mots : "second apron". L'arme qui permet enfin à la ligue de réguler les dépenses des franchises les plus riches.
La saison qui vient de s'écouler fut la première à l'être avec ce fameux "second apron". Jusqu'alors la NBA pensait avoir trouvé l'arme fatale pour limiter les dépenses de ses franchises, mettant en place, en 2001, la "taxe de luxe". Pour chaque dollar dépensé au-dessus d'un certain seuil, les franchises devaient payer une taxe à la NBA. Au fur et à mesure de son histoire, la "luxury tax" coûtait de plus en plus cher, conduisant par exemple les Golden State Warriors à payer 170 millions de dollars de taxe en 2021/2022 en plus de ses 184 millions de masse salariale.

Second apron plus dissuasif que taxe de luxe

Problème, certains propriétaires de franchises aux immenses revenus (New York Knicks, Los Angeles Lakers, Golden State Warriors…) s'accommodaient aisément de ces "frais" supplémentaires puisqu'ils étaient largement couverts par ailleurs. C'est là que la NBA a dégainé les "aprons", seuils au-dessus desquels des sanctions peuvent s'appliquer. Le second est une vraie nouveauté du dernier accord collectif et il change beaucoup de choses, comme le prouvent les Boston Celtics.
Privés de Jayson Tatum, victime d'une rupture du tendon d'Achille le 12 mai dernier, les Celtics savent qu'ils n'ont aucune chance de jouer le titre la saison prochaine. Or, se trouver au-dessus du second apron n'est acceptable que si les deux conditions suivantes sont remplies : la première, que vous puissiez croire en vos chances de titre, la seconde que vous n'y restiez pas suffisamment longtemps pour subir l'ensemble des sanctions.

180 millions de dollars économisés pour Boston

Parmi celles-ci, l'impossibilité d'utiliser la "mid-level exception" qui permettait de signer un joueur à un certain montant sans tenir compte de votre masse salariale, l'interdiction d'inclure plus d'un joueur dans un transfert, situation courante en NBA, mais aussi le risque de voir vos futurs choix de draft geler et donc l'impossibilité de les inclure dans un échange ou pire, devoir drafter en dernière position du 1er tour quel que soit votre classement si vous finissez la précédente saison au-dessus du second apron. Voilà pourquoi Boston a tant bougé ces derniers jours.
Avant les transferts de Jrue Holiday et Kristaps Porzingis, les Celtics cumulaient 227 millions de dollars de salaires pour la saison prochaine, soit 87 millions au-dessus du salary cap et pratiquement 20 au-dessus du second apron. Les départs de ces deux joueurs vont lui permettre d'économiser 25 millions et de revenir sous ce seuil. Mieux, puisque la taxe de luxe existe encore et qu'elle est toujours plus punitive, ces deux mouvements, s'ils sont évidemment dramatiques sportivement, vont permettre aux dirigeants de faire baisser leur note de 180 millions de dollars. Payer cher et risquer gros d'accord, mais seulement avec une équipe favorite pour le titre.

Fenêtre de tir et épée de Damoclès

"En tant que franchise, dépasser ce second apron ne nous fait pas forcément peur, a de son côté déclaré Josh Kroenke, le propriétaire des Denver Nuggets. Mais je pense qu'il y a des règles auxquelles nous devons faire très attention avec notre historique de blessures. Si la mauvaise personne se blesse, on se retrouve très vite dans une situation que je ne veux absolument pas envisager : le transfert du numéro 15 (Nikola Jokic). Nous sommes conscients que nous devons aller de l'avant et faire ce que nous pouvons quand le moment sera venu".
Il y a beaucoup de choses dans cette déclaration. D'abord l'idée qu'en NBA, il y a des fenêtres pour le titre et que vous ne devez absolument pas les rater. C'est à ce moment-là, ni avant ni après, qu'il faut dépenser beaucoup d'argent (qui reste le nerf de la guerre même dans une ligue régulée) et prendre des risques. Mais ceci vous met immédiatement une épée de Damoclès. 
Un coup de malchance, un contrat mal ficelé et vous vous retrouvez dans une situation où votre meilleur joueur demande son transfert, ou bien ceux qui payent vous demandent de réduire la note. C'est exactement ce qui est arrivé aux Celtics, qui arrivera à d'autres et qui devrait limiter la possibilité de s'installer pour longtemps au sommet de la NBA.
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