Wembanyama, Risacher, INSEP... Comment la France devient une surpuissance en NBA

Forte d'une locomotive d'exception avec Victor Wembanyama, la France prend de plus en plus d'épaisseur en NBA. La dernière draft l'a illustré avec la présence de Zaccharie Risacher, Alex Sarr et Tidjane Salaün aux premiers rangs. Et si ces derniers sont attendus au tournant, le basket hexagonal est d’ores et déjà devenu une référence outre-Atlantique grâce à sa formation.

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Video credit: Eurosport

Victor Wembanyama est un porte-drapeau unique. Mais le plus fou peut-être, c'est qu'il n'est pas seul. Comme l'a encore rappelé la finale des Jeux Olympiques, la France est une puissance du basket international. Et en NBA, elle est en train de devenir une surpuissance, derrière les Etats-Unis bien sûr et le Canada. La grande Ligue nord-américaine prend en effet un petit accent français, dans le sillage évidemment de Wemby. Et il pourrait même s'accentuer encore plus dans les prochaines années. "On vit une époque incroyable pour le basket français", salive Frédéric Weis, consultant NBA chez BeIn Sport.
Si la France est en train de passer un cap outre-Atlantique, ce n'est pas forcément par sa présence en nombre mais par la qualité de ses membres. Le basket hexagonal a en effet déjà connu des années fastes avec de nombreux joueurs présents dans les franchises nord-américaines. Car le phénomène tricolore n'est pas forcément nouveau. La France a en effet placé plus de 40 représentants à la draft depuis 1997 et Tariq Abdul-Wahad, soit plus que n'importe quel autre pays mis à part les Etats-Unis. Mais loin des Tony Parker, Rudy Gobert, Evan Fournier, Boris Diaw et autre Nicolas Batum, les Frenchies ont aussi été nombreux à connaitre une expérience frustrante de l'autre côté de l'Atlantique à l'image de Kilian Hayes (n°7 de la draft 2020), Frank Ntilikina (8 en 2017), Ousmane Dieng (11 en 2022) ou Sekou Doumbouya (15 en 2019).

Tu te dis que clairement ton pays compte
 Cependant, un virage pourrait être pris actuellement. En plus de Wembanyama et de Bilal Coulibaly qui a un vrai rôle aux Wizards, les sélections de Zaccharie Risacher (n°1), Alex Sarr (n°2) et Tidjane Salaün (n°6) aux premières places de la dernière draft vont dans ce sens. Car si cette cuvée 2024 n'était pas la plus attendue et c’est un doux euphémisme, cette densité tricolore aux premières loges n'a rien d'anodin. "On eu des joueurs draftés hauts mais certains n'ont pas réussi à s'imposer vraiment. Mais quand tes joueurs sont premier, deuxième et sixième, tu te dis que clairement ton pays compte, apprécie Fred Weis. Surtout qu'on a Nolan Traoré (ndlr : meneur de Saint-Quentin) qui arrive. Donc sur trois drafts de suite, on va avoir des mecs dans le top 10, ce qui est incroyable, monstrueux même. Ça n'arrive jamais."
Les raisons de cette montée en puissance sont légion. En premier lieu et alors que le Fédération français de basket ne cesse de voir son nombre de licenciés grimper (765 999 en 2023-2024), Wembanyama a évidemment permis de casser certaines barrières. "Il y a toujours des pionniers. Pour la France, il y a eu Tariq Abdul-Wahad, le premier Français qui a vraiment joué en NBA. Ensuite, il y a eu Tony Parker qui a montré que l'on pouvait jouer et être performant. Et le troisième, c'est Wemby. Un joueur capable d'être numéro 1 de draft et de performer tout de suite pour être rookie de l'année, explique encore l'ancien pivot des Bleus. En plus, Wemby a eu à peu près les mêmes stats lors de sa première année en NBA que lors de sa dernière saison en France. Donc, on peut se dire que le championnat de France n'est pas si mauvais que ça."
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Victor Wembanyama

Crédit: Eurosport

 

L'INSEP et un système très structuré : "Les clubs font un travail énorme" 

Grâce à la star des Spurs, la formation tricolore a connu une mise en lumière exceptionnelle. Mais elle ne l'a pas attendu non plus. Depuis des années maintenant, la Fédération française a trouvé une recette gagnante avec un système très structuré pour détecter les jeunes les plus prometteurs dès 11 ans. "On repère les jeunes de plus en plus tôt pour les faire travailler. Les clubs font un travail énorme", salue Fred Weis. Et le centre fédéral qui permet aux jeunes Tricolores de se mesurer très tôt à la Nationale 1 – la troisième division tricolore – aide aussi les plus prometteurs à passer des caps. "Ils jouent contre des hommes. C'est très important", remarque pour l'AFP Marin Sedlacek, ancien "scout" pour les Memphis Grizzlies et les Philadelphia 76ers en NBA. "Si vous jouez au lycée ou à l'université aux Etats-Unis, vous n'affrontez que des gens de votre âge", compare-t-il. Les Bleus sont ainsi matures plus tôt. Et prêts à se frotter au monde pro plus vite.
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Wembanyama s'envisage "dans la conversation pour tous les trophées"

Video credit: Eurosport

 Si la France peut s'appuyer depuis longtemps sur un vivier riche de qualités athlétiques hors normes et aptes à séduire la NBA (vitesse, détente, vélocité), la formation tricolore a aussi su se repenser pour gommer certains manques, afin de rattraper par exemple nos meilleurs ennemis, les Espagnols. "On a beaucoup progressé sur le QI basket, sur la compréhension du jeu mais aussi sur le fait de faire jouer les joueurs, pas forcément à des postes prédéfinis, à l'image de Wemby", apprécie encore Fred Weis, qui remarque également : "On a aussi ces préparateurs physiques de très grande qualité qui savent s'adapter et faire travailler nos jeunes pour les faire progresser". 
Un cocktail gagnant qui permet à la France de peser sur la scène NBA tout en prenant aussi de plus en plus d'épaisseur en Euroligue. Et la formidable locomotive Wembanyama n'a fait qu'accélérer un processus déjà en marche.
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