NBA | Dix prétendants pour une légende : mais où va finir LeBron James après son départ des Los Angeles Lakers ?

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Si l'on tient pour acquis son départ des Lakers, l'avenir de LeBron James reste encore à dessiner. Le meilleur marqueur de l'histoire de la NBA va encore jouer, et son agent Rich Paul s'est chargé de semer les indices sur sa prochaine destination. La "shortlist" pas si "short" réduit le champ des possibles à dix franchises pour LBJ. Décryptage des chances des "finalistes".

Cleveland, Miami, Philadelphie, New York, Golden State... Autant de potentielles destinations pour LeBron James (visuel : Marko Popovic)

Crédit: Marko Popovic

Imaginez un professeur de lycée ou de faculté, paperboard et perche à la main, en train de réciter son cours et ses concepts. Voilà en résumé ce qu'a proposé Rich Paul, parmi les agents les plus puissants de la planète basket dans son podcast "Game Over" avec Max Kellerman. Le thème de la leçon ? L'avenir de LeBron James. Le support visuel ? Une liste de noms, et en leur centre celui de la superstar, actuellement libre comme l'air et principale attraction de l'intersaison. Cette séquence assez insolite s'ajoute à la liste déjà conséquente de toutes les folies de cet été en NBA, des échanges de Giannis Antetokounmpo à Miami à celui dernièrement de Jaylen Brown à Philadelphie. Mais elle est aussi, dans son amusante incongruité, très instructive.
La fin de l'aventure de "LeBron" avec les Lakers a été actée, et le futur du joueur a dans un premier temps été laissé grand ouvert. James pourrait signer partout, si les conditions sont réunies : "de la joie", "de la camaraderie", "de la compétition" avait résumé Paul dans une interview à ESPN vendredi. L'agent avait assuré que 27 des 29 prétendants possibles étaient venus aux renseignements. Dans "Game Over", il en a éconduit 17, réduisant à dix candidats le champ des possibles. Puis il a énuméré la réflexion du "King" sur chacune des destinations. "Chaque jour, les choses changent" a assuré Rich Paul. Voici donc à l'instant T les hypothèses possibles, leurs points forts et leurs limites.

Philadelphia 76ers

  • Pourquoi ce serait alléchant ?
C'est la première option évoquée par Paul. Il y a un peu plus de 48 heures, elle n'aurait sans doute jamais existé. Depuis, les Sixers ont mis la main sur Jaylen Brown, MVP des Finals 2024 et 6e du vote du MVP cette saison avec les Celtics. Et Philadelphie, éternel outsider depuis bientôt dix ans sans jamais accrocher ne serait-ce qu'une finale de conférence, est redevenu un très sérieux client à l'Est. Cela pourrait déjà être suffisant pour attiser la curiosité de LeBron James. Dans le détail, bien des choses lient LBJ à Philly. "Comment est-ce qu'ils ne pourraient pas avoir son attention quand vous avez Maxey, Edgecombe, Brown et Embiid ?" demande ainsi Rich Paul.
Le meneur All-Star Tyrese Maxey et James sont proches, et partagent le même agent. "Il aiderait V.J. à comprendre réellement comment jouer son jeu" a avancé Paul au sujet d'Edgecombe, auteur d'une belle première saison. Brown avait obtenu le soutien public de l'ancien Laker dans sa candidature au titre de MVP la saison passée. Et Embiid et James faisaient partie de Team USA vainqueur du titre olympique à Paris en 2024. "LeBron met tout en valeur là-bas, il déverrouille tout" résume Rich Paul. Il tomberait à point nommé alors que Philadelphie manque d'un ailier et d'un deuxième chef d'orchestre sur le parquet, une des principales qualités de LeBron James.
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Tyrese Maxey et Joel Embiid (Philadelphia 76ers) le 5 février 2026 contre les Los Angeles Lakers

Crédit: Imago

  • Pourquoi cela pourrait coincer ?
A Philadelphie, LeBron James arriverait dans une équipe où la répartition des ballons va déjà poser bien des questions avant même son éventuelle venue. Tyrese Maxey et Jaylen Brown tournaient à plus de 28 points la saison dernière. Joel Embiid, quand il était disponible (38 des 82 matches de saison régulière disputés), frôlait les 27 unités. James a montré avec Luka Doncic, voire avec Austin Reaves, à Los Angeles qu'il était prêt à accepter un rôle moindre au scoring. Mais peut-il y avoir assez de ballons pour que tout le monde - dont certains gros égos comme Embiid ou Brown - puisse être contenté ?
Philadelphie n'est par ailleurs pas la destination la plus "clinquante" de la ligue, pas exactement celle que l'on imagine le plus pour le point final de la carrière d'une légende.

New York Knicks

  • Pourquoi ce serait alléchant ?
LeBron James et les Knicks, c'est l'histoire d'un acte manqué. De deux tourtereaux qui se sont longtemps tourné autour sans jamais faire le pas d'une rencontre en bonne et due forme. New York faisait déjà partie des choix privilégiés par James lors de sa fameuse "Decision" qui l'avait conduite à Miami en 2010. Jouer à la "Mecque" du Madison Square Garden, dans une franchise mythique, reste une attraction pour tout basketteur de la planète. Surtout que la Big Apple est aussi le genre de marché idéal pour LeBron James, le businessman.
Sportivement, rejoindre le champion sortant serait une garantie de pouvoir briguer une cinquième bague. Il y retrouverait Mike Brown, premier coach à l'avoir emmené en finale dans sa carrière, avec Cleveland en 2007. Et les Knicks ne seraient pas contre un distributeur de la trempe de James, pour épauler le meneur Jalen Brunson, plus un finisseur qu'un vrai chef d'orchestre.
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Les New York Knicks champions NBA 2025-2026 face aux San Antonio Spurs, le 13 juin 2026

Crédit: Imago

  • Pourquoi cela pourrait coincer ?
LeBron James avait sérieusement écorné son image avec The Decision en 2010, faisant de sa décision à la free agency un feuilleton poussé jusqu'à l'indigeste. Quitter les Lakers, qui comptaient encore sur lui pour les emmener au sommet, afin de rejoindre la franchise fraîchement titrée ne passeraient pas auprès de tous les fans. Kevin Durant avait subi pareil sort en 2016 quand il avait quitté Oklahoma City pour Golden State, qui restait sur un titre puis une saison record à 73 victoires en 2016.
Rich Paul ne l'a d'ailleurs pas caché, si New York n'avait pas été sacré, "la question ne se poserait pas, il n'y aurait pas de tableau : LeBron serait allé chez les Knicks". Finir sur une mauvaise note question réputation n'est sans doute pas le plan initial de James.

Cleveland Cavaliers

  • Pourquoi ce serait alléchant ?
Entre LeBron James et Cleveland, la filiation restera éternelle, malgré les très haut et les très bas. Depuis le départ de James vers les Lakers, les Cavaliers se sont reconstruits, se rapprochant du très haut niveau ces deux dernières saisons. Mais ils ne sont pas parvenus à passer un palier supplémentaire en playoffs. Reboucler la boucle en voulant ramener les Cavs sur le toit de la NBA serait un sacré défi, comme le "King" peut être friand. L'effectif en place est déjà compétitif avec les arrières All-Stars Donovan Mitchell et James Harden, une raquette Evan Mobley - Jarret Allen très solide… Et donc une place toute trouvée à l'aile pour James.
La franchise a par ailleurs conservé en coulisses de nombreux vestiges de l'époque LeBron James, de la famille Gilbert propriétaire des Cavaliers à Koby Altman, le président des opérations basket. Et elle compte avec Brandon Weems, manager général assistant, quelqu'un que Rich Paul qualifie de "frère de LeBron James", et de "gros, gros facteur X" dans le dossier.
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James Harden et Donovan Mitchell (Cleveland Cavaliers) contre les Sacramento Kings, le 7 février 2026

Crédit: AFP

  • Pourquoi cela pourrait coincer ?
Le retour du retour, vraiment ? La réunion aurait un goût de réchauffé, une sensation de déjà-vu. Ce n'est plus la meilleure "histoire" à raconter dans le long récit de sa carrière. Et comme à Philadelphie, s'il y a de la place dans le 5 de départ, l'équipe est déjà bâtie autour de Harden et Mitchell, deux aspirateurs à ballons. Pas sûr que la situation, qui nécessiterait bien des ajustements, soit celle dans laquelle LeBron James souhaite le plus s'embarquer.

Golden State Warriors

  • Pourquoi ce serait alléchant ?
C'était il y a quelques jours la piste la plus chaude, en tout cas celle qui faisait le plus parler d'elle. Rejoindre Golden State serait l'occasion d'un ultime tour de piste aux airs de gigantesque show. Après avoir cultivé leur "bromance" avec l'équipe nationale, LeBron James et Stephen Curry auraient l'occasion de jouer ensemble toute une saison, et de faire parler leur génie. Déjà parmi les franchises les plus suivies de la ligue, les Warriors seraient le centre de l'attention de la ligue. Sportivement, James et la franchise de la Baie courent après le même objectif d'une dernière bague avant de tourner une page. C'est peut-être le meilleur compromis de tous les critères listés par son agent, entre ambition et volonté de prendre du plaisir.
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Les "Expendables" de la NBA : les Warriors et le fou dernier run des vieux

Crédit: Marko Popovic

  • Pourquoi cela pourrait coincer ?
L'effectif des Warriors était déjà vieillissant, avec LeBron James, il deviendrait à l'échelle de la NBA une maison de pré-retraite. D'autant qu'il était loin d'être suffisant pour se mêler à la course au titre, avec une seule participation en playoffs ces trois dernières saisons. La signature de James augmenterait un peu ses chances, mais accentuerait aussi la variable "blessure" qui plombe Golden State ces dernières saisons, l'âge de ses leaders avançant.

Miami Heat

  • Pourquoi ce serait alléchant ?
LeBron James et le Heat, c'est une histoire de course à la victoire, couronnée de deux titres et quatre finales en autant de saisons entre 2010 et 2014. Ce serait aussi pour ces mêmes raisons que LeBron James pourrait vouloir ramener son talent à South Beach une nouvelle fois. Membre du ventre mou de l'Est ces dernières saisons, la franchise floridienne a tenté un premier coup XXL en récupérant Giannis Antetokounmpo cet été. Avec l'ancien double MVP, les ambitions du Heat se font plus légitimes. Ajoutez-y le niveau encore affiché par James à 42 ans et vous obtenez un prétendant légitime à la couronne.
A Miami, LeBron James aurait l'avantage d'arriver dans des petits souliers, dans un environnement qu'il connaît comme sa poche et dans lequel il s'y sentait bien. Le cadre de vie floridien (climat, fiscalité…) est un vrai atout pour terminer sa carrière.
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Giannis Antetokounmpo

Crédit: Imago

  • Pourquoi cela pourrait coincer ?
Le retour du retour, vraiment ? (bis) Comme pour Cleveland, l'idée d'un nouveau passage dans une ancienne franchise n'a pas le frisson de l'inédit et de la découverte. Son potentiel trio avec Giannis Antetokounmpo et Bam Adebayo aurait de l'allure, mais poserait quelques questions. Rares sont les "Big 3" constitués uniquement de "forwards" et d'intérieurs. Et aucun des trois joueurs n'est un danger de premier ordre au tir extérieur, un potentiel point noir dans la construction du 5 de départ. D'autant qu'autour, l'effectif est en chantier et ne donne que peu de garanties.

Et les autres ?

Les Denver Nuggets et les Minnesota Timberwolves offrent un même projet : celui de rejoindre une équipe déjà proche de pouvoir être au sommet de la conférence Ouest, et à qui il ne manquerait qu'une pièce pour compléter le puzzle. Voir deux cerveaux comme LeBron James et Nikola Jokic associés serait un possible régal, question QI basket. Chez les Wolves, évoluer aux côtés d'Anthony Edwards, Rudy Gobert et de la recrue LaMelo Ball est prometteur, et il a souvent manqué d'un leader à même de mettre les têtes à l'endroit dans le vestiaire. Mais Denver comme Minnesota n'ont pas le "sex appeal" d'autres villes pour terminer une carrière.
Les Boston Celtics et les San Antonio Spurs sont aussi mentionnés par Rich Paul, mais très brièvement. Boston et San Antonio ont une culture de la gagne évidente, et la franchise texane serait le contexte idéal à la transmission. James pourrait y apprendre de Gregg Popovich, l'ancien coach encore dans les bureaux de la franchise et à qui il voue un profond respect, tout en participant au développement de Victor Wembanyama. Mais ESPN indique pour sa part que "les Spurs ne sont pas considérés comme une équipe potentielle que James rejoindra".
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Victor Wembanyama le 11 juin 2026.

Crédit: AFP

Ultime option, les Dallas Mavericks sont avancés principalement pour leur attrait extra-sportif, les propriétaires de la franchise possédant de nombreux casinos à Las Vegas et en Chine. Mais l'équipe est en reconstruction autour du numéro de la Draft 2025 Cooper Flagg, et ne colle pas à l'urgence de titre qui devrait motiver LeBron James.
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