NBA I Retraite de Russell Westbrook : le coup de foudre sans la bague

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Il a couru après une bague de champion sans jamais l’obtenir. Mais Russell Westbrook, tout juste retraité, restera dans l’histoire de la NBA. Pas seulement pour les chiffres ahurissants qu’il a postés sur ses 18 ans de carrière. Aussi, peut-être même surtout, pour le show permanent que le meneur de jeu savait servir. La trace qu’il laisse derrière lui, c’est d’avoir marqué toute une génération.

Russell Westbrook, lors de son match historique avec OKC face à Denver en 2017

Crédit: Getty Images

En une vidéo, il a retourné le cœur de l’Amérique. Et celui des millions de fondus de basket qui peuplent la planète. Russell Westbrook a provoqué un déchirement général mercredi quand il a annoncé sa retraite. Des réactions chargées des plus vives émotions. Elles disent tout du joueur qu’il a été durant ses 18 années passées sur les parquets de la NBA. Il les a électrisés de tout son talent. Des souvenirs indélébiles, cela restera sans doute son plus bel accomplissement.
Il y en a d’autres. Mais pas celui qu’il recherchait. Il lui manquera toujours un trophée. LE trophée. Celui dont rêvent tous les basketteurs. Westbrook a tourné autour avec le Thunder d’OKC, la franchise qui l’avait drafté en quatrième position en 2008, et dont il a fait le bonheur durant 11 saisons. Mais il y a toujours eu un os. Les Mavericks en 2011, les Spurs en 2014 et les Warriors en 2016, à chaque fois en finale de la Conférence Ouest. Mais surtout le Heat, lors des Finales NBA de 2012.
Il n’y a pas la couronne. Mais Westbrook a collectionné les honneurs. MVP de la saison en 2017. Deux fois dans le meilleur 5 de la NBA en 2015 et 2017. Deux fois meilleur marqueur de la NBA en 2015 et 2017. Trois fois meilleur passeur de la Ligue en 2018, 2019 et 2021. Neuf fois All-Star, entre 2011 et 2013, puis 2015 et 2020, et deux fois MVP du All-Star Game en 2015 et 2016. Nommé parmi les 75 meilleurs joueurs de l’histoire pour les 75 ans de la NBA. Champion du monde en 2010 et champion olympique en 2012 avec les Etats-Unis.
Cela pose déjà le CV d’un joueur marquant. Mais ce qui le démarque, ce sont les chiffres. Westbrook, c’était une machine à stats. Un phénomène unique dans la NBA. Le seul dans l’histoire à avoir bouclé quatre saisons en triple double. Sa spécialité. Il reste à ce jour le recordman en la matière avec 209 au compteur. Il en avait réussi 42 en une seule saison, celle où il avait été élu MVP de la NBA en 2017, faisant ainsi tomber le record d’Oscar Robertson. Et il y avait mis la manière, avec une performance XXL contre Denver (50 points, 16 rebonds, 10 passes) et le tir de la victoire au buzzer.
Un show qui résume Westbrook. Ce qui le rendait si spécial, c’était son sens du spectacle. Avec lui, ça commençait avant le match, quand son arrivée dans la salle ressemblait à un petit défilé de mode, avec des tenues parfois improbables. Un avant-goût savoureux de ce qui attendait les fans quand il foulait le parquet. Il enchaînait les coups d’éclats, les dribbles spectaculaires, les dunks ahurissants, les passes lumineuses. Il était juste là pour régaler, justifiant quasiment à lui seul le prix du billet.
Westbrook, c’était ce joueur pop-corn, adulé aux quatre coins du monde même s’il n’a jamais fait l’unanimité. Il a eu droit à son florilège de critiques sur l’ensemble de sa carrière. Pour ses choix de jeu parfois individualiste, pour sa propension à perdre beaucoup de ballons, pour son inefficacité au tir, aussi, qui lui a valu d’être surnommé "Westbrick". Il ne s’est jamais renié pour autant. Il n’a pas essayé d’être un autre. Il était clivant, mais il est toujours resté entier dans son jeu comme dans sa personnalité.
Celle d’un showman, mais aussi d’un guerrier. Il n’avait pas manqué un match dans ses cinq premières saisons, enchaînant 394 rencontres consécutives. En 2013, il avait bouclé un match contre Houston malgré une blessure au ménisque subie dans un choc avec Patrick Beverley, terminant avec 29 points. En 2015, face à Portland, Westbrook avait pris un coup de genou dans la tête et continué à jouer avec un os cassé. Il a dû être opéré le lendemain et aurait dû faire face à une longue absence. Mais il était de retour cinq jours plus tard, avec un masque, pour claquer un triple double de folie (49 points, 16 rebonds et 10 passes). Dans le genre dur au mal, il était exemplaire.
Il y a tant à retenir de Russell Westbrook. Son implication permanente qui faisait de lui un leader respecté. Ses chiffres ahurissants, qui font de lui le seul joueur avec LeBron James à compiler plus de 25 000 points et 10 000 passes décisives en carrière. Son jeu qui a parfois touché au sublime. Ou sa faculté exceptionnelle à enflammer les salles et mettre le public en transe. Il a inspiré toute une génération de joueurs, notamment Victor Wembanyama. Sa légende s'écrit comme ça. Un coup de foudre que personne n'oubliera. Même sans bague.  
 

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