Cholet pour une première

Cholet a toujours vu ses talents fuir avant de pouvoir en profiter vraiment, une frustration que le grand club formateur de l'Ouest peut évacuer par un premier titre de champion de France, dimanche à Bercy, lors de la finale de ProA face au Mans.

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Crédit: Eurosport

Vingt-deux ans après leur dernière et unique finale de championnat, les Choletais se retrouvent à une victoire d'une consécration qui récompenserait une politique de jeunes courageuse mais parfois ingrate. Depuis son accession dans l'élite, Cholet a formé des champions à la pelle: dès sa première saison au plus haut niveau, elle a exposé deux produits maison qui allaient devenir des géants, avec Antoine "le Roi" Rigaudeau et Jim Bilba, aujourd'hui adjoint de l'entraîneur Erman Kunter. Après leur départ vers les plus grands clubs européens, Cholet a poursuivi sa vocation de pépinière en faisant notamment grandir Mickaël Gelabale, revenu au bercail cette saison après six ans passées au Real Madrid et en NBA, ainsi que Nando De Colo et Rodrigue Beaubois, qui l'ont quitté l'été dernier.
"Qui aurait cru qu'après le départ de De Colo et Beaubois on allait finir premiers de la saison régulière et aller jusqu'en finale?  Pour nous c'est une année exceptionnelle", savoure le président Patrick Chiron, bien placé pour savoir qu'il n'est pas facile de compenser l'exil programmé de ses pépites locales dont Kévin Séraphin pourrait être le prochain sur la liste. Grâce à l'arrivée ininterrompue de nouveaux talents, le club arrive certes à se maintenir à un niveau respectable. En témoigne la présence discontinue du club dans l'élite depuis 1988, trois titres (Coupe de France 1998 et 99, Semaine des As en 2008) et trois demi-finales européennes, en Coupe des Coupes (1991, 1994) et en Coupe Korac (1998).
Gelabale, la clé?
Mais l'exode annuel explique aussi en grande partie pourquoi le titre de champion lui a toujours échappé. "On fera le maximum pour conquérir ce premier titre. Ce serait un événement unique et exceptionnel", souligne Patrick Chiron dont l'équipe est qualifiée au minimum pour le tour préliminaire de l'Euroligue qu'elle compte bien accueillir dans sa vétuste mais chaleureuse Meilleraie. A Cholet, on y croit, à commencer par l'entraîneur Erman Kunter qui, avant la demi-finale retour à Gravelines, disait: "si on gagne ce match on va être champions." Ses joueurs l'ont gagné, ainsi que la belle, en faisant preuve d'une énorme caractère après avoir été au bord du gouffre.
"Même menés de treize points à la 32e minute à Gravelines, les garçons y ont cru. C'est la force de cette équipe car c'est arrivé pas mal de fois cette saison. Ils ne s'avouent jamais vaincus", note Patrick Chiron. "C'est vrai que sur le plan émotionnel les gars sont bien", constate aussi Bilba, qui s'occupe au quotidien d'un effectif bien pensé et équilibré, septième masse salariale de ProA avec 1,316 million d'euros, composé de joueurs comme Mejia, Falker, Linehan et Gelabale. "On eu de la chance d'avoir pu récupérer Gelabale en cours de saison", se félicite Patrick Chiron. L'international français offre un cas rare: celui d'un ancien espoir du club, devenu grand ailleurs, avant de revenir à Cholet pour s'y refaire une santé. Et si c'était ça qui faisait enfin basculer la balance en faveur du club des Mauges?
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