Dix-huit heures pour se remobiliser, 20 désormais à patienter. La fin de quinzaine olympique des Bleues est passée d'un marathon à un sprint. Au lendemain d'une défaite cuisante et difficile à avaler contre le Japon en demi-finale, les Tricolores ont trouvé les ingrédients pour décrocher la médaille de bronze des Jeux de Tokyo, la deuxième de son histoire après l'argent des Braqueuses à Londres. Cette fois, les Françaises n'ont rien volé, tant le résultat de ce samedi (victoire 91-76), elles ne le doivent qu'à elles-mêmes. Elles qui ont dû avaler la déception, surmonter des échecs passés et ne pas ressasser ceux fraîchement imprimés. Le tout vitesse grand V, pour monter sur le podium et recevoir leur médaille dimanche.
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Cette défaite contre les Nippones vendredi. La fatigue accumulée d'une saison particulière avec le Covid-19 comme trame de fond. La finale perdue quelques semaines plus tôt contre la Serbie en finale de l'Euro comme amuse-bouche indigeste. Celle en 2016 contre ce même adversaire, la bête noire des Tricolores, dans le match pour la troisième place. Rien n'a été épargné aux joueuses de Valérie Garnier. Comme si un match pour une breloque n'était pas un défi déjà suffisamment intimidant, elles devaient aussi éviter d'être tétanisées par tous ces obstacles sur leur route vers la 3e place. Entre une amnésie volontaire pour mieux se focaliser, et le devoir de mémoire, les Françaises ont fait leur choix. Et le bon.
Tokyo 2020
"C'était le match où il fallait être présentes, on ne l'a pas été"
27/07/2021 À 05:20
On avait encore des comptes à régler"
"A l'image du match contre l'Espagne (ndlr : en quart de finale), on avait encore des comptes à régler, ça commence à faire, a expliqué Endy Miyem à France Télévisions. On avait envie de montrer aux Serbes qu'on valait mieux, qu'on était capables de leur montrer une autre opposition que cette finale de l'Euro." Le 27 juin dernier, la France s'était inclinée pour la cinquième fois de rang en finale des Championnats d'Europe, totalement étouffée par une Serbie en totale domination. Ce jour-là, les Bleues n'avaient inscrit que 54 points. La maestria offensive de la deuxième période ce samedi - 48 points inscrits en 20 minutes, sept joueuses à dix points ou plus - sonne d'autant plus comme une éclatante revanche.

Une revanche éclatante et une joie magnifique : le résumé de la victoire des Bleues

"Finir en beauté, c'est juste magnifique. Et en plus c'est les Serbes, en sourit Sandrine Gruda à France Télévisions. Il y a un historique quand même ! Entre le Championnat d'Europe, 2016 et cette médaille de bronze qui nous échappe face à elles… C'est juste savoureux." "Jouer ces matches difficiles contre le Japon, contre les Etats-Unis nous ont appris comment rester ensemble, comment nous battre, et nous n'avions pas ça à l'Euro, analyse pour sa part Gabby Williams. Maintenant, nous avons appris à combattre, à garder notre collectif dans ces moments, comment faire les gestes justes. Nous avons beaucoup grandi en à peine deux mois."

Le symbole Fauthoux

Est-ce un complet hasard si le facteur X de ce match est la seule Tricolore qui n'était pas de cet acte I des France – Serbie de l'été ? Marine Fauthoux n'a pas connu la frustration, cette sensation qu'a connu Valérie Garnier ou Endy Miyem de tomber trop souvent sur l'ultime marche de l'escalier. Alors, la jeune meneuse de jeu de 20 ans, remplaçante d'Olivia Epoupa blessée, ne s'est posé aucune question au moment de mettre en pièces les espoirs serbes dans le troisième quart-temps par son poignet diabolique de loin et son lay-up venu d'ailleurs. Ses neuf points (ainsi qu'une passe décisive et une interception) en moins de trois minutes ont creusé le premier écart du match en faveur des Françaises (65-52, 28'40"). Et creusé à jamais le fossé qui protégerait les Bleues d'un retour d'adversaires vaillantes, mais sur les rotules.
"C'était un été super long, on avait à cœur de le finir de la meilleure des façons. C'est vrai qu'on a échoué hier, mais aujourd'hui vraiment, on ne voulait vraiment, vrai-ment, mais vraiment pas perdre, a insisté Endy Miyem au micro de France Télévisions." En larmes au buzzer final pour conclure son premier été sous le maillot bleu, la Franco-Américaine Gabby Williams a pu évacuer en conférence de presse tout ce qu'elle et ses coéquipières ont dû mettre de côté le temps d'une journée.
"C'était de telles montagnes russes. Le quart de finale contre l'Espagne était un des meilleurs jours de ma vie. Hier contre le Japon, c'était un des pires. J'étais vraiment abattue. Tout le monde disait 'oublie ça, oublie ça.' Mais tu ne peux pas oublier quelque chose comme ça, les Jeux Olympiques, c'est le plus grand rendez-vous au monde. J'étais tellement furieuse du match que l'on a fait hier. J'ai juste essayé de faire la même routine que d'habitude aujourd'hui. Mais bien sûr, les émotions étaient toujours là."
Elles ont désormais un tout autre poids, soudain si léger. Il le restera encore jusqu'à demain et la remise des médailles après la finale Etats-Unis – Japon disputée dimanche. Elles pourront alors savourer cette médaille si chèrement obtenue.

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