Emilien Jacquelin, où en êtes-vous physiquement deux mois après votre chute ?
Emilien Jacquelin. : "Il y a toujours des douleurs qui m'empêchent de faire mon tir couché de manière naturelle. Aujourd'hui, j'ai une plaque et neuf vis dans le poignet. C'est ça qui m'empêche d'avoir la totalité de sa mobilité. Pour autant, j'ai pu reprendre la préparation assez rapidement. Seulement quatre jours après l'opération, je reprenais la course à pied, puis le home trainer, puis le ski à roulettes. J'ai certes un petit peu de retard sur les autres mais je suis mon chemin, j'essaie d'être patient. C'est super important, parce qu'il y a beaucoup de hauts et de bas, il y a des jours où tu te dis que ça va être compliqué, et des jours où j'ai beaucoup de motivation. Je prends mon mal en patience, ça demande beaucoup de résilience, chose qui pouvait me faire défaut auparavant, j'évolue aussi mentalement et ça ne peut être que positif."
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Comment vivez-vous cette blessure en saison olympique ?
E.J. : "Quand j'ai repris, j'ai accusé le coup parce que j'ai senti que physiquement, il allait y avoir énormément de travail. On va dire que ça fait deux semaines que j'ai vraiment accepté la situation. Je sais que cet hiver sera rude. C'est un challenge. Ma chance, c'est que les JO arrivent trois mois après l'ouverture de la saison, ça laisse beaucoup de temps pour travailler pendant les courses. Mais c'est vrai que lorsque je suis tombé, ma première pensée a été de me dire : 'C'est terminé pour les Jeux'. Avec du recul, j'ai envie de toujours croire en ma bonne étoile."

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Comment comptez-vous compenser la moindre mobilité de votre poignet ?
E.J. : "On a trouvé une autre technique, pas académique, mais qui me permet de tirer, et bien, c'est ça qui est assez incroyable ! On a essayé des choses très farfelues, assez dingues, mais il y avait des douleurs. Et c'est comme si mon cerveau avait fait ce (nouveau) geste tout seul. Normalement, on vient poser notre carabine entre le pouce et l'index. En ce moment, je le mets entre l'index et le majeur. C'est une position beaucoup moins optimale : la carabine bouge beaucoup plus et je suis moins relâché, mais pour autant, pour le moment, je tire bien. Je dis pour le moment parce peut-être que c'est juste que je mets beaucoup d'effort mental là-dessus et qu'à un moment, je vais lâcher mentalement, je n'en sais rien. Il va falloir que je choisisse si je tente ça (en compétition) ou mon tir normal."
On dit souvent qu'aux JO, il y a de très belles histoires qui s'écrivent
Pousser sur les bâtons doit aussi vous faire souffrir...
E.J. : "Pendant plus d'un mois et demi, mon poignet était au repos. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il n'y a rien qui lie mon poignet et mon avant-bras. C'est une sensation assez désagréable. Je sens que je suis un peu moins endurant : lorsque pendant trente minutes, on doit pousser, pousser sur les bâtons, je sens que mes muscles fatiguent beaucoup plus rapidement qu'auparavant. Là-dessus aussi il y a de l'appréhension. Est-ce que j'aurai encore mes qualités d'explosivité qui faisaient ma force ? Est-ce qu'il va falloir que je m'adapte et que j'essaie de plus lisser mon effort ? Je n'ai malheureusement pas les réponses."
Cette blessure vous fait-elle reconsidérer vos ambitions olympiques ?
E.J. : "Cela les renforce. Les courses d'un jour, c'est ce que j'affectionne, je l'ai prouvé par le passé, et on dit souvent qu'aux JO, il y a de très belles histoires qui s'écrivent. J'ai envie d'écrire la mienne. De prouver aussi à tous ceux qui vont regarder les Jeux cet hiver que malgré les coups durs, les coups du sort, si on redouble de travail, d'abnégation, de volonté, on est capable de faire face et de continuer à avancer. Mon challenge sera de garder beaucoup de calme, de sérénité et de continuer à travailler en vue des JO."
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