Coupe du monde 2026 - Voie royale et Grand Chelem ? Les bons comptes d'Eric Perrot

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Éric Perrot a été devancé par Sturla Laegreid dimanche dans la mass start de Kontiolahti. La faute à une petite faute sur la toute dernière balle du week-end. Malgré tout, le Français a encore creusé l'écart au classement général et on voit mal comment le gros globe pourrait désormais lui échapper. Cerise sur le gâteau, il a même deux petits globes en poche. Et ce n'est peut-être pas terminé...

Laegreid ouvre son compteur, Perrot sécurise le petit glode : l'arrivée de la mass-start

Video credit: Eurosport

Éric Perrot n'était pas très en forme dimanche. La preuve, il n'a pas gagné. Mine de rien, en Coupe du monde, il n'en avait plus l'habitude puisqu'il restait sur trois succès de rang : l'individuel et la mass start de Nove Mesto, juste avant les Jeux, et l'individuel de Kontiolahti, vendredi. Dimanche, il s'est contenté de la deuxième place sur le mass start, en Finlande. Décevant. C'est évidemment du 12e degré. Car si Sturla Laegreid a coupé la ligne le premier dimanche, décrochant (enfin !) sa première victoire de l'hiver, Perrot n'en reste pas moins le grandissime gagnant du week-end.
Le numéro un français et numéro un mondial était arrivé à Kontiolahti avec le dossard jaune de leader du classement général. Non seulement il la porte toujours, mais il va rentrer à la maison largement conforté dans sa position. Pour ne rien gâcher, il n'a pas seulement glané un mais deux petits globes de cristal, ceux de l'individuel et de la mass start. Les premiers de sa carrière. Pas forcément les derniers de son hiver. C'est donc une triple affaire en or réalisé par le natif de Bourg-Saint-Maurice. Les bons comptes de Perrot lui dessinent une voie absolument royale.
Allez, en faisant la fine bouche, on pourra regretter cette dernière balle de la mass start, qui l'a privé de la victoire. Son unique raté en trois courses, relais compris, à Kontiolahti, où il aura réussi un épatant 49 sur 50 au tir. Si l'on se permet d'être pointilleux, c'est que lui-même évoque une toute petite pointe de déception. "J'ai voulu jouer, je me suis amusé sur cette course à parfois être devant, parfois être derrière, à mener ou pas. Je me suis fait plaisir mais j'ai un peu trop joué sur ce dernier tir, il aurait fallu mettre un peu plus de rigueur", a-t-il estimé sur L'Equipe.
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Laegreid ouvre son compteur, Perrot sécurise le petit glode : l'arrivée de la mass-start

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Plus de trois courses de marge au général !

Si sa série victorieuse s'achève donc ici, il reste sur un enchaînement assez phénoménal sur le circuit mondial : trois victoires et deux deuxièmes places sur ses cinq dernières courses. Le voilà désormais nanti de 999 points au classement général. Tommaso Giacomel est toujours son dauphin, mais l'Italien est à 202 points et sa saison est d'ores et déjà terminée après son opération pour un problème cardiaque. Sebastian Samuelsson, le troisième larron sur le podium, semble bien émoussé. Il n'était pas dans le coup en Finlande et se trouve repoussée à 276 points. Une victoire en rapportant 90, Perrot a donc plus de trois courses de marge sur son premier adversaire au général. A cinq courses de la fin, sans aller dire que l'affaire est dans le sac, elle est tout de même bien engagée...
Tout se goupille vraiment bien pour Eric Perrot, dans la mesure où ceux qui pourraient le contester sur la piste ne sont plus dans le jeu. On pense aux Norvégiens. Johan Olav Botn, d'abord, le premier homme fort de la saison, mais dont la double absence à Oberhof et Ruhpolding en janvier a condamné les espoirs. Le cador du moment, c'est Sturla Laegreid. Le tenant du titre revient au top en cette fin d'hiver, dans la foulée de Jeux Olympiques où sa régularité a impressionné. Mais Laegreid n'a plus rien à jouer au général. Blessé en début de saison, il a été fantomatique pendant trois mois.
Cela aura justement été la très grande force de Perrot tout au long de cette campagne. Il n'a pas toujours été le plus fort d'une étape à l'autre, il est parfois resté en retrait d'un Botn ou d'un Giacomel, mais il a été d'une constance remarquable. Personne n'a gagné plus que lui (quatre victoires, comme Giacomel) et ses sept podiums constituent aussi la meilleure marque du circuit. Mieux, il n'a jamais quitté le Top 10 en 15 courses. C'est comme cela que l'on sculpte un gros globe de cristal...
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Perrot, gachette en or pour petit globe de cristal : sa masterclass en individuel

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Le sprint et la poursuite dans le viseur

Le royal destin d'Éric Perrot semble donc tout tracé désormais. "Je pense que c'était une très belle course, ce sont des gros points pour le général, dit-il à propos de cette mass start. Sur cette fin de saison, je sens que je suis bien, je me fais vraiment plaisir, j'ai envie de continuer à faire des courses avec ce mélange d'exigence et de plaisir et sur cette course, c'était le cas." C'est une saison exceptionnelle qu'il est en train de vivre et elle pourrait même prendre un caractère historique dans les deux prochaines semaines, via Otepää et Oslo, où la Coupe du monde va s'achever. Car le Grand Chelem n'est plus une illusion.
Après l'individuel et la mass start, il lui reste donc à aller chercher les petits globes du sprint et de la poursuite et, bien sûr, avant tout, le classement général pour le gros globe. On l'aura compris, pour ce dernier, seul un cataclysme pourrait l'empêcher de rafler la mise. Pour ce qui est de la poursuite, il porte le dossard rouge, avec 43 points de marge sur Samuelsson. Le sprint ? Il n'est "que" troisième, mais Giacomel est donc out et Samuelsson est 33 points devant lui. Pour ces deux disciplines, il reste encore deux courses. Le jeu s'annonce donc ouvert.
À seulement 24 ans, c'est donc un immense, mais surtout très excitant défi qui attend le Tricolore lors de la prochaine quinzaine. Le Grand Chelem est une sorte de mythe dans le biathlon. Ils ne sont que trois hommes à l'avoir signé : Raphaël Poirée, Marin Fourcade et Johannes Boe. Pas des petits champions. Mais Éric Perrot, dont le talent n'a d'égal que l'ambition, veut marquer son temps et son sport. Ce pourrait être un excellent début...
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Perrot : "Il fallait respecter ce dossard bicolore"

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