Lou Jeanmonnot, le gros Globe de cristal et la libération : "Émotionnellement, c'est épuisant"

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Elle peut souffler. Alors qu'il lui était promis depuis plusieurs semaines, Lou Jeanmonnot a enfin mis la main sur le gros Globe de cristal, ce jeudi à Oslo. À 27 ans, la Française a accompli son rêve, après l'avoir effleuré durant deux saisons de suite. La quête avait fini par devenir pesante. La pression qu'elle a ressentie en fin de saison, aussi.

Jeanmonnot : "Ce gros globe, ça m’enlève un poids"

Video credit: Eurosport

Cette fois, il n'y aura pas de retournement de situation, pas de final complètement fou, ni même de chute au sprint. Après en être passée près il y a deux ans, et plus encore la saison dernière, Lou Jeanmonnot a décroché le gros Globe de cristal, ce jeudi, en terminant sixième du sprint de la dernière étape de l'année, à Oslo. À 27 ans, la Française tient son graal. Enfin.
La biathlète tricolore avait toujours clamé que ce titre constituait le plus grand objectif de sa carrière. Avant tout le reste. Même les Jeux Olympiques. Parce qu'un gros Globe, c'est la (vraie) récompense consacrant la meilleure biathlète de la planète. Et si certains doutaient que la Franc-comtoise raisonne ainsi, les dernières semaines ont plutôt bien démontré à quel point ce titre comptait pour elle. 
Impressionnante de régularité jusqu'aux Jeux, elle avait sérieusement flanché à la reprise de la Coupe du monde, à Kontiolahti, lorsque les premières occasions d'assommer la concurrence se sont présentées. "Ça va me faire du bien parce que cet entre-deux, 'c'est quasiment fait, mais ce n'est pas fait', était vraiment lourd à porter, a-t-elle admis à notre micro. Il m'angoissait un petit peu. Ça m'enlève un poids."
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À l'entendre, même, cet exercice-là fut plus éprouvant que le précédent, où elle avait pourtant eu besoin d'une énergie folle pour faire fondre son retard et disputer le trophée jusqu'à la dernière course, avant de le perdre dans une chute, au profit de Franziska Preuss. 

Moins de victoires mais tellement plus de régularité

"C'était un contexte complètement différent [de la saison dernière, NDLR], a-t-elle rembobiné. Si on me l'avait dit, j'aurais imaginé quelque chose de beaucoup moins stressant. Finalement, en termes de gestion émotionnelle, c'est épuisant. C'était un combat, depuis les Jeux, de trouver les ressources, l'envie. Faire un biathlon naturel mais avec cette pression, je dirais presque ce devoir, de me relever de l'an dernier. C'est fait, ça fait du bien."
Le soulagement est immense, après trois saisons où la Française n'aura cessé de monter en puissance : "C'est comme si j'avais appris, il y a deux ans, à me prouver que j'en étais capable physiquement. L'an dernier, je me le suis prouvée mentalement et physiquement. Chaque saison a ajouté son paramètre d'exigence et de performance." Cette année, Jeanmonnot a décroché bien moins de succès qu'en 2024-2025 (trois contre huit) mais elle n'est sortie du Top 10 qu'à quatre reprises, en 19 courses individuelles.
"Je suis extrêmement fière des deux années précédentes, a certifié la native de Pontarlier. Je ne considère absolument pas ces deux deuxièmes places comme des échecs. Je considère même que c'est une chance d'avoir vécu cela. Plus spécifiquement l'an dernier parce qu'en termes de performances, c'était incroyable. Et je pense même qu'à ce jour, c'est ma plus belle saison. Avec le regard que j'ai aujourd'hui, je me suis impressionnée l'an dernier. Je trouve que ce que j'ai fait est plus fort que cette année." Mais cette fois, il y a eu du cristal au bout. Et c'est tout ce qui compte.
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