Ruhpolding – Éric Perrot (2e de la poursuite) reste concentré sur le double objectif Coupe du monde - Jeux olympiques : "J'ai les moyens de jouer"

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Deuxième de la poursuite de Ruhpolding, Éric Perrot a conquis son premier podium en 2026 et récupéré des points précieux en vue du général. En net progrès sur les skis, le Savoyard monte en régime à l'approche des Jeux. L'échéance olympique ne l'empêchera pas d'enchaîner les courses en Coupe du monde. Le Français le clame : il a les moyens de courir les deux lièvres à la fois.

Perrot en tête après le dernier tir, Dale-Skjevdal a fini par l'écœurer : le résumé de la poursuite

Video credit: Eurosport

En cas de final heureux, Éric Perrot ne serait pas le premier Français à remporter le gros Globe depuis Martin Fourcade – Quentin Fillon Maillet est passé par là – mais le Savoyard se rapproche furieusement du portrait-robot du Catalan, tant dans l'allure que dans la façon d'aborder son sport. En décrochant un premier podium en Allemagne, sur la poursuite de Ruhpolding dimanche, Perrot a pu se rendre compte d'à quel point les pistes roulantes correspondaient à son gabarit, malingre et allongé - comme un certain... Fourcade. Jusqu'ici légèrement en retrait sur les skis par rapport aux cadors, le Savoyard a amorcé une franche montée en puissance, qu'il explique en partie par une gestion minutieuse de son programme, visant à l'amener à 100% de ses capacités en février, lors des Jeux.  
Une marque de fabrique empruntée au cadet de la fratrie Fourcade. Celui-ci n'était d'ailleurs pas le dernier à assumer le cumul des casquettes, quitte à risquer de s'alourdir les épaules d'une surcharge de fatigue. Dans la trace de son glorieux aîné, Perrot n'est pas le dernier à bomber le torse, accueillir la pression et afficher ses ambitions. À l'aune de la partition jouée sur les spatules sur la neige allemande, le Français a toutes les raisons rester le port altier. Offensif dès le départ, le Savoyard a enchaîné les tours avec un temps de déplacement impressionnant, grappillant sans cesse sur la tête, dont le meilleur fondeur de la saison (le plus régulier dans la performance, du moins), Sebastian Samuelsson.

Perrot passe la vitesse supérieure : "Fier de mon temps de ski"

"Je suis content de la course, se satisfait le deuxième du jour sur la chaîne L'Equipe. Frustré de plein de petits détails, notamment ces deux premières fautes couché. C'est toujours pareil, il faut continuer de régler ces petits détails. J'ai donné mon max sur la piste, je suis vraiment fier de mon temps de ski global même s'il m'en a manqué un petit peu sur la fin." Trois fautes, dont deux d'entrée ont poussé Perrot à jeter précocement dans la bataille des forces vitales pour l'épilogue. Spécialiste des derniers tours, Johannes Dale-Skjevdal n'a laissé aucune chance au Français, démuni face à la giclette du Scandinave.
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L'arrivée victorieuse de Dale-Skjevdal devant Perrot

Video credit: Eurosport

Conscient de ses manques dans ce domaine précis, Perrot a judicieusement appliqué une tactique conservatrice, en imprimant très tôt un rythme élevé, suffisamment pour repartir de Bavière avec une deuxième place et une batterie de points récupérés sur le dossard jaune (Tommaso Giacomel, 5e). La marque d'un (futur) champion. Revenu à moins de cent points de l'Italien, Perrot reste plus que jamais dans le match pour le général, sachant que rien n'est encore figé concernant les impasses pour la dernière étape avant l'échéance olympique, à Nove Mesto (République tchèque) dès la semaine prochaine.

La Coupe du monde au service des Jeux : "Ma forme continue à monter"

"Je me concentre sur les deux (général de la Coupe du monde et les Jeux, NDLR), livre sans ambages Perrot. Je sais que le meilleur reste à venir, ma forme continue à monter. Je le vois, je me fais vraiment plaisir durant mes courses. J'ai les moyens de jouer, de ramener des gros groupes en ski et je sais que ça me permettra de jouer devant. Concentré sur les Jeux mais déjà la semaine prochaine il y a des courses qui m'intéressent vraiment pour le classement général. Je garde ma ligne directrice : je monte en puissance grâce aux courses de Coupe du monde."
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Eric Perrot carabine en mains lors de la poursuite de Ruhpolding

Crédit: Getty Images

Avant de préciser sa pensée : "Je ne les vois pas comme des courses coûteuses, mais plutôt comme de très bons entraînements. J'ai besoin de ces courses-là pour continuer à progresser. Ça va me permettre d'être en top forme en février. Bien sûr qu'il y aura de la fatigue mais je préfère miser sur le positif." Entre gestion et contrôle, Perrot pose les degrés de son hiver à son rythme, comme depuis ses débuts en Coupe du monde. Il lui restait une corde à fléchir, celle du ski, pour définitivement endosser le costume de chasseur de luxe de butins. Lancé pour de bon, Perrot promet de progresser, encore. On a hâte.
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