Paris 2024 – Après le triplé des Français en BMX : "Ce soir, on est les maîtres du monde"

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Ils y croyaient fort mais il fallait encore le réaliser. Joris Daudet, Sylvain André et Romain Mahieu ont écrit l’histoire vendredi à Saint-Quentin-en-Yvelines, lors des Jeux de Paris 2024. Les pilotes de BMX ont réalisé le premier triplé tricolore aux Jeux depuis 100 ans. Une performance coulée dans un béton aux effluves de sens du collectif, malgré la rivalité.

"Il y a trois ans, on en a pris plein la gueule, de vous, de tout le monde"

Video credit: Eurosport

L’image paraît tirée d’un rêve. Trois drapeaux français hissés au-dessus de la piste de BMX de Saint-Quentin-en-Yvelines. Au pays de la déception olympique, la lumière au bout du tunnel menait tout droit vers le décor tricolore. Habités d’un sentiment de revanche aigu sur ces anneaux olympiques qui leur ont longtemps servi une soupe à la grimace, les pilotes français avaient un compte à régler. Alors, lorsque Joris Daudet, Sylvain André et Romain Mahieu ont franchi la ligne devant tous les autres, le mal s’est rompu, la malédiction a pris fin.
La fin d’un mauvais songe et le début d’un rêve, immaculé, comme la combinaison des nouveaux maîtres de l’Olympe. "Oui, ce soir on l'a fait, enfin je l'ai fait, peine à réaliser le nouveau champion olympique. Et on a réussi à faire quelque chose d'historique avec les copains, c'est incroyable. Tout s'est passé comme on le souhaitait. Le public était présent, il nous a soutenus et on a réussi à performer au moment où il fallait."

Daudet : "Toutes les épreuves difficiles sont parties ce soir, je ne retiens que le bonheur"

Dans une course où le destin d’une vie se dessine en seulement 30 secondes, le timing prend toute son importance. Arrivé en pleine possession de ses moyens en 2012, 2016 et 2021, Daudet s’était à chaque fois frotté à la malchance. A domicile, le mauvais sort n’avait pas voix au chapitre. Les étoiles se sont alignées pour le Bordelais : "Ça ne peut pas être plus beau, pétille Daudet à notre micro. Toutes les épreuves difficiles sont parties ce soir, et maintenant je ne retiens que le bonheur et le titre de champion olympique."
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Daudet, André, Mahieu : podium bleu-blanc-rouge et Marseillaise compte triple

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Un titre acquis au bout d’une finale enlevée sans trembler. "C'est sûr que de pouvoir faire le ‘all-shot’ et de finir la course en tête, c'est vrai que c'est le rêve, poursuit le médaillé d’or dans des propos relayés par l’AFP. Aujourd'hui (vendredi), je me sentais bien, j'étais prêt. Quand je suis monté en haut de la grille de départ, je savais que c'était le moment de le faire. J'ai tout mis en place pour être performant et ça l'a fait."
Sortir du virage 1, 2, 3, c’était assez exceptionnel
Ce titre revêt une saveur exquise pour le Californien d’adoption, triple champion du monde mais encore sevré de métal olympique jusqu’à ce vendredi. Impérial en quarts et en demies, Daudet a parachevé son tableau d’un dernier coup de pinceau majuscule, évitant les méandres du chef d’œuvre inconnu. Le sien est incontesté, reconnu, et partagé, surtout. "J'ai l'impression d'être presque plus content pour les potes que pour moi, rayonnait Daudet après une Marseillaise chantée à gorge déployée. C'est un truc de fou. On ne s'entraîne pas forcément tout le temps tous ensemble, mais c'est une vraie équipe. On avait dans le coin de la tête de faire ça pour le BMX, pour la France. Et de pouvoir le faire aujourd'hui, c'est un truc de fou."
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🥇🥈🥉🇫🇷 : Daudet, André, Mahieu, l'historique triplé en vidéo

Video credit: Eurosport

Une euphorie forcément partagée par ses premiers rivaux. "Sortir du premier virage 1, 2, 3, c’était assez exceptionnel parce qu’on ne se parle pas au début, rembobine Romain Mahieu au micro d’Eurosport. Il n’y a pas de stratégie, rien. C’est ça aussi qui est beau. De voir tout le travail qu’on a fait qui paye. Il va falloir attendre quelques jours pour réaliser ce qu’on vient de faire."

L’inspiration PFP, le drapeau avant les hommes

Poids lourd de la discipline et adversaire de longue date de Daudet, Sylvain André a noyé une note légère de déception dans une bassine pleine de bonheur collectif. "Parfait… Oui pour Joris (rires). Non c’est exceptionnel parce qu’il y a trois ans, on en a pris plein la gueule, de vous, de tout le monde, lance André à Eurosport. On était trois en finale, sur sept. On n’a pas réussi à faire une médaille. On était encore trois en finale après avoir dominé les deux jours qui viennent de passer. Ce n’était pas encore fait. Mais faire 1-2-3 c’est (il fait une pause). On n’a pas les mots."
Après une Marseillaise chantée à l’unisson, le Provençal s’est confié à nouveau, la médaille d’argent autour du coup et les traits détendus, la moustache saillante et la mèche baladeuse. L’amertume du compétiteur émanait encore du champion, comblé par ailleurs de faire partie du premier triplé français aux Jeux depuis 100 ans. "Evidemment, on aurait aimé être sur la plus haute marche, on ne va pas se mentir. Mais de faire ça, 1-2-3, de ne pas se gêner…"
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"On a tout fait pour ça depuis trois ans"

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La joie non feinte du champion du monde 2023 sur le podium, breloque scintillante au creux de la main, résonne jusque dans ses mots, dirigés vers son bourreau. "Joris (Daudet) avait du mal avec les Jeux et je pense que voir Pauline Ferrand-Prévot gagner au bout de ses quatrièmes Jeux, ça lui a parlé, explique André. Et on l’a fait. Ce soir, on est les maîtres du monde. Avec l’ampleur des Jeux en France, moi aujourd’hui, je préfère voir Joris gagner qu’un étranger. Il le mérite, on le mérite tous d’être médaillé olympique." Fierté, joie, soulagement, extase : avec une telle myriade de sentiments mixés en un tourbillon de bonheur partagé, le public ne pouvait que chavirer. La fête sera longue, à la hauteur de l’attente.
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