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Asloum impuissant
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Publié 10/03/2007 à 19:15 GMT+1
Le rêve de Brahim Asloum s'est transformé en cauchemar. Pour sa deuxième chance mondiale, le Français a chuté devant l'Argentin Narvaez au Cannet. Une défaite aux points qui remet en cause la capacité du Tricolore à passer le cap nécessaire pour devenir c
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Crédit: Eurosport
De l'espoir à la raison, il y a un pas que Brahim Asloum se doit de franchir désormais. Champion olympique en 2000, bon boxeur durant sa carrière professionnelle, le Français n'aura pas atteint son but ultime, celui d'accrocher une ceinture mondiale autour de sa taille. La volonté, les propos positifs entretenus par un entourage, persuadé de posséder un talent hors norme, n'ont rien pu faire contre la réalité du ring. Celui qui permet de passer du statut de boxeur de talent à celui de star de sa discipline.
Hors du ring, Brahim Asloum aura été mené au firmament des étoiles dans le sillage d'un promoteur puissant et d'une chaîne de télévision avide de promouvoir une discipline qui se cherche une tête d'affiche. Mais la vérité des cordes fait rarement bon ménage avec le côté show-biz. Il n'est nullement question ici de remettre le professionnalisme du Français en doute, ni son implication pour tenter de décrocher le titre mondial.
A la recherche de la grinta
Force est surtout de constater qu'il lui manque ce petit truc, ce brin de classe pour atteindre son objectif. Mis à terre par Parra lors de sa première chance mondiale, son impuissance démontrée au cours des douze rounds face à l'Argentin Narvaez fut encore plus difficile à vivre. Jamais durant ce combat, le Français ne parvint à déstabiliser le champion en titre. Pire même, ce dernier sembla gérer à sa main la cadence des opérations sans jamais puiser dans ses réserves. Du 1er round, où Asloum mit un genou à terre sur un contre jusqu'à la fin du supplice, l'impression d'impuissance prédominait dans le camp tricolore.
Louis Acariès avait beau demander à son poulain de retrouver "l'oeil du tigre", le côté cinéphile du promoteur n'influait pas du tout sur le rendement du champion olympique de Sydney. Au terme d'un combat qui n'en aura eu que le nom et pas l'éclat, Asloum applaudissait même son adversaire avant le résultat final tant la cause était entendue d'avance. Les sifflets accompagnaient bien la sortie du Lyonnais mais c'était faire injure à l'implication mise par le Français pour enfin croire en ses chances. Encore une fois, la boxe aura prouvé qu'il faut le don total de soi pour forcer son destin. Narvaez, clone de Mahyar Monshipour en gaucher, n'a sans doute pas un grand style pugilistique mais il possède une grinta impressionnante.
Après ce deuxième revers, nul ne sait encore si Brahim Asloum va repartir au charbon. Sa défaite de ce soir, aussi honorable soit-elle, a toutefois démontré ses limites. Le temps de la réflexion s'impose pour lui et son entourage. A moins que l'apprentissage des deux déceptions liées à ses défaites ne lui donne cette rage qu'il peine tant à extérioriser.
LES DECLARATIONS
Brahim Asloum (FRA): "J'ai encore à apprendre, j'ai eu un grand champion en face de moi. Il ne se laissait pas faire, ce n'était pas évident de le boxer. L'envie était là, mais j'ai mélangé vitesse et précipitation. Dans cette catégorie, on ne peut pas seulement être champion,il faut être un grand champion. Je n'ai pas su éviter les tacles, et c'est un très bon numéro 10".
Louis Acariès (entraîneur d'Asloum): "Dans cette catégorie, il n'y a que des tout bons, alors le résultat est là. C'est une discipline qui n'est pas de tout repos, et quand on tend le cou ou le dos pendant 10 rounds, ce n'est pas facile".
Omar Narvaez (ARG) : "J'avais l'air décontracté, mais j'étais surtout très concentré et j'ai suivi tout ce qui se passait autour du ring, et dans le coin d'Asloum. Ce n'était pas un combat facile, j'ai d donner le meilleur de moi-même.Je pense que l'expérience a fait la différence aujourd'hui. Tous les boxeurs sont différents, Brahim a beaucoup de qualités mais il est encore jeune, il n'a que 28 ans, j'en ai 31. Brahim était trop crispé, peut-être à cause du public français."
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